‹ Georges Mareschal, seigneur de BièvreChapitre 38 sur 182 · À = » ro L o a Le: É è . - e 0 TT . = - | à · texte numérisé non relu

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taine que le ciel destinait à rassurer la France alarmée (1). »

Depuis le 26 septembre, la Cour était à Marly. « Il arriva ce jour-là, mentionne Sourches le 27, un courrier de Flandre par lequel on sut que la blessure du maréchal de Villars n'allait pas bien, et qu’il s’était fait un sac au jarret; sur cette nouvelle, le roi, qui en fut fort touché, résolut de faire partir Mareschal, son premier-chirurgien, le lendemain à la pointe du jour, pour aller trouver le maréchal de Villars, étant persuadé que deux ou trois chirurgiens qui le. voyaient ne s’accordaient pas bien ensemble. » Et, le 29, le princesse

Palatine écrivait à la duchesse de Hanovre : « Des quatre

chirurgiens qui soignent Villars, il n’y en a pas deux qui soient du même avis. Aussi le roi a-t-il envoyé en Flandre Mareschal, son premier-Chirurgien, pour voir ce qu’il y aurait à faire (2). »

Parti le 28 septembre en chaise de poste, Mareschal n’arriva près du blessé que le lendemain, car près de cinquante lieues séparent Marly du Quesnoy. Villars lui-même raconte quel était son état : « Cependant, écrit-il dans ses Mémotres, la blessure du maréchal allait très mal. Le roi lui envoya Mareschal, son premier-chirurgien, qui le trouva dans un très grand péril, avec une fièvre continue, des redoublements et un grand dévoiement. Le maréchal de Villars connaissait assez son état pour se préparer à la mort, ce qu’il fit sans souffrir que l’on effrayât sa famille qui était auprès de lui (3). » Si l’on en croit la Galerie de l’ancienne Cour, le duc tint cependant à communier en public : € Blessé à Malplaquet, lit-on dans ce recueil, Villars était en danger et dut recevoir les sacrements. On proposa de lui faire apporter la communion en secret : —« Non, dit le maréchal; «puisque l’armée n’a pas pu voir mourir Villars en brave, qu’elle «le voie mourir en bon chrétien (4). »

Le maréchal désespérait de sa guérison, car, cinq ans auparavant, une somnambule lui avait prédit, avec ses succès et son élévation, l’époque exacte de sa mort : « Vous deviendrez très riche, déclarait la prophétesse, vous parviendrez aux plus hautes dignités; vous serez fait maréchal de France, due et

(1) Eloge de Mareschal.

(2) Edition Jæccé, t. II, p. 102.

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