CHAPITRE Il
Organisation de la Communauté des chirurgiens-barbiers de Paris au milieu du règne de Louis XIV; les anciens chirurgiens de robe longue, les anciens barbiers. — Union des deux corps en 1656; luttes des chirurgiens-barbiers avec la Faculté de médecine; arrêt du Parlement de 1660.
Comment on arrivait à la maîtrise dans la Communauté des chirurgiens-barbiers de Saint-Côme : les apprentifs, les garçons, les gagnants-maîtrise. — Les chi-
rurgiens des maisons princières. — Georges Mareschal cherche une place de
garçon chirurgien.
Au dix-septième siècle, les communications étaient fréquentes entre Gravelines et Calais : Georges Mareschal trouva facilement l’occasion d'accomplir sur le chariot d’un marchand cette première étape de son trajet. Parvenus à Calais, les voyageurs qui se rendaient à Paris prenaient ordinairement le coche de la capitale (1). Mais le jeune homme voulut réserver toutes ses ressources pour la vie inconnue qui l’attendait et il résolut d’accomplir le voyage à pied. Avant de quitter Calais, le futur chirurgien fit ses adieux à son parrain Charles Charpentier et aux vieux amis de Jean Mareschal (2), puis, franchissant la porte Nieulay, il s’engagea sur la route de Paris.
Les cités importantes renfermaient seules des médecins; dans les petites villes et les bourgs, les barbiers-chirurgiens prenaient soin de la santé humaine, mais les campagnes étaient absolument dépourvues de ressources médicales. Aussi les
(1) Le coche partait le dimanche du marché neuf de Calais pour arriver à Paris le vendredi suivant, et cela toutes les semaines. (FRANKLIN, les Médicaments, p. 255.) Un siècle plus tard, en 1760, la voiture comportait des places « de carrosse », où l’on payait trente livres, et d’autres plus modestes, dites « de panier », taxées seulement à vingt livres. (FRANKLIN, p. 263.) Vers 1677, le véhicule devait être moins perfectionné, mais le coût du voyage assurément plus considérable.
(2) Charles Charpentier exerçait maintenant, en sa qualité de juge-consul, la juridiction réservée aujourd’hui aux tribunaux de commerce; les membres des familles Caussien et de la Place continuaient d’occuper les premières charges de la ville.