CROQUIS POUR
les cantiques éperdus des Muses PAST ONE ROUGE
qui vont en un ciel de tendresse rose et bleue.
En 1899, avec | Assassinat de l'Empereur Géta, nous retrouvons le Rochegrosse violemment lyrique de litellius et d Andromaque, et en 1901, la Légende de la Reine de Saba montre quelles qualités de composition et quelle richesse d'imagination, l'artiste tient en réserve.
Mais en 1906, La Joie rouge nous ramène au symbolisme de 1895. C'est, dans la rumeur formidable d'une heure de tuerie, la rage des grands tueurs que le peintre déchaine, et ce nest pas seulement Attila, Tamerlan, ou Napoléon qui nous apparaissent, mais encore toute la horde utilitariste poussée par le désir de monter encore ou l'obligation de défendre sa vie.
La médaille d'honneur au Salon récompensa ce noble et loyal effort.
Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1892, Georges Rochegrosse ajoute chaque année une page nouvelle à son œuvre.
Si Paris l’attire toujours plus ardemment, il vit ses heures les plus claires dans sa propriété d'El-Biar, près d'Alger, heureux d'y accueillir quelques amis. C’est dans ce décorde rêve et de lumière qu Henry Bataille a placé le troisième acte de sa Maman Colibri.
L'histoire de Rochegrosse est, comme on l'a vu, celle de ses œuvres : dessinateur, il a illustré la Salammbé de Flaubert, dont il a déjà été parlé, et où il a puisé le sujet de quelques-unes de ses meilleures œuvres : La Grande Prétresse, le Festin des Mercenaires, le Supplice de Math, les Lions Crucifiés, Math6 dans la Chambre de Salammb6, L'Hélépole, Les Jardins de Salammbô, Vue de Carthage, Arrivée de Giscon, Entrée de Nohravas dans la tente de Mathé; Rochegrosse a illustré également Hérodias et la Tentation de Saint-Antoine, une édition populaire de
Han d'Islande et de l'Homme qui rit, les Princesses, de Théodore de
Banville, Thaïs, d'Anatole France, Ariane, de Pierre Louys, la Chaîne d'Or, de Théophile Gautier, César Borgia, de Jean Richepin, Ahkédysseril, de Villiers de l'Ile- Adam.
Aux panneaux qu'il avait brossés pour l'hôtel de Théodore de Banville, rue de l'Eperon, il a ajouté de nombreuses décorations dont une, monumentale, figura dans la gigantesque Salle des Fêtes, que les organisateurs de
Phot. Henri Manuel