Georges Sand
[eorge Sand, la bonne dame de Nohanl ! En ce jour de Pentecôte, nous allons chercher ce qui reste d'elle aux lieux où elle a vécu, dans le paysage qu'elle a contemplé.
Sans doute, on a beaucoup nié et critiqué son œuvre, et, par un de ces retours inévitables qui suivent les grandes réputations, on s'est cruellement vengé de l'avoir adorée. On lui a refusé le talent de la composition, l'art du style, le sens de la psychologie vraie. Et on avait raison, en parlie; mais on ne songeait pas qu'elle avait la fécon-
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dite de la nature, dédaigneuse de tout artifice, jetant à profusion ses masses de feuillage et ses eaux vives.
Le temps a fail son œuvre apaisante. Mettant toutes choses au point et reculant les perspectives, il nous laisse apercevoir, de la plaine où nous marchons, montant très haut dans l'air, l'immense chaîne de montagnes qui forme son œuvre, avec ses glaciers étincelants . Lélia et Jacques, ses vallées fraîches et ombreuses: Le Champi et /(/ Mare au Diable.
Xohanl. Quelques chaumines éparses sous des branche- basses de noyers, des murs croulants où poussent des graminées tremblantes, des mares d'eau vaseuse où des canards s'ébrouent. Partout ces dômes pénétrés de lumière, ces larges feuillages qui versent sur le sol des ombres froides. Par échappées, on entrevoit les labours de terre grasse, qui forment un fond de tableau, le décor des premières pages de la Mare au DiaUle.
Sur la petite place où des enfants jouent, tandis que des vieux somnolent, près de l'église dont le porche esl surmonté d'un auvent de tuiles, porté par quatre poutres à peine équarries, un large silence tombe, ce silence des après-midi de dimanche à la campagne.
On cause dans l'auberge. L'hôtesse donne le branle à un berceau berrichon où dort un entant.