Georgette
niarseme.faitàsonnisccommeqnelq>'"" qui n'attencl.plus aucune visite et q.u va bieuiùt se livrer au repos.
Lorsque M. Rmlem.r eut Uni, il avança son grand fauteuil devant la che-
n^'née, s'étendit dedans, et ordonna à
Gertrude,saservante,devenirsoufflerIe
feu: on était alorsau mois d'avril, et Iff temps était très-froid.
Tout en se chauffant , notre homme étendait ses jambes sur les chenets, et semblait se regarder d'un œil de complaisance. M. le Tabellion avait, il est vrai, !a jambe assez bien faite; joignez à celadesyeuxnoirsetvifs,unef,gurerégulière, des manières aimables, un ton doux et galant, et vous ne serez point étonné que M. Eudemar, malgré ses cinquante
ans, fut encore recherché par les petites maîtresses de Rambervillers. Mais outre les avantages physiques, il en possédait de plus sohdes; il était bon, humain, on vantait partout sa charité, dont il avait donné la preuve, en prenant chez lui €t en élevant avec soin une petite fille de quatre à cinq ans qu'il nommait sa nièce, et qui, je me plais à le croire, ne jui appartenait pas de phis près, malgré les propos que les mauvaises langues (car ii y en a partout.... même en pro- • vlnce..,.) débitaient, de temps à autre, sur la naissance de Georgette : c'est le nom de la nièce de M. Rudemar.
Pendant tout le temps que Jacqueline fut gouvernante de Mlle Tabellion, Georgette fut caressée, choyée , elle ne connaissait que le plaisir: la danse, la ta-
hle, la promenade, remplissaient tous ses moniens. Jacqueline la traitait avec une teîulresse vraiment «laternelle; ce qui faisait encore jaser les mauvaises langues ; car on disait que , cinq ans auparavant, Jacqueline, engraissant considérablement, s'était plaint d'une hydropisie qui Tavait forcée d'aller passer plusieurs mois à son p^ys.
Ce fut donc quatre ans api'ès ce voyage de Jacqueline que M. Rudemai* amena un jo5U' chez lui la petite George Ite, la présentant à tout le monde comme la fille d\ine sœur qu'il avait à Nancy, ^ qui était -veuve, et venait de mourir sans îaiss.- r aucune fortune à la pauvre Georgétle , que la protection de sou oncle le Tabr[:!Oîî.
Maintenant, lecteur, vous voilà au fait
de la naissance de notre héroïne ; peutêtre avez-vous quelques soupçons sur
sa légitimité ? Pensez-en tout ce qu'il
vous plaira, vous pouvez donner carrière à votre imagination, car je vous avertis que l'histoire de Georgetlc ne dit pas un mot déplus sur ce sujet.
Georgette avait huit ans lorsque Jacqueline mourut. Ce coup fut bien cruel pour M. Rudemar j il y avait lorig-teraps que Jacqueline le servait, et en bon maître il s'y était attaché. Cependant , comme tout passe, la douleur du Tabellion s'apaisa; d n'était ni d'âge ni d'humeur à se passer de gouvernante ; il fallut donc s'occuperde ce choîximportant.
Beaucoup de femmes briguaient l'honneur de remplacer Jacqueline !
La veuve Gertru(!e remporta sur ses non)breuses rivales.
Gerlrude méritait bien qu'on la distingiiât : trente-six ans au plus , des cher veux noirs, une taille bien prise, des formes séduisantes; puis, outre les qualités d'une gouvernante, elle possédait encore l'art de faire un dîner excellent, et iM. Rudemar aimait l3eaucoup la table.
Malbeureiisement pour Georgelte, la nouvelle gouvernante n'était pas aussi douce qu'elle était jolie. Adieu les attentions, les caresses, les plaisirs; Gerlrude connaissait à fond toute l'histoire de la sœur de M. Rudemar; elle avait vu croître l'hydropisie de Jacqueline, et elle prit Georgetîe en aversion. D'ail-
leurs Gertrude avait une fille, et, pour que son enfant fût seul élevé par M. le Tabellion, elle forma le projet hardi de mettre la pauvre nièce à la porte. ^
Les vieillards sont faibles quand ils sont amoureux. M. Rudemar avait la réputation de se laisser mener par ses gouveriJanles. Gertrude était rusée:
elle lit si bien, qu'au bout de deux ans elle rendit Georgeltc idiote et méchante aux yeux de son oncle, qui ne ressentait plus pour elle qu'une trèâ-îégère affection.
Yoilà où en étaient les cLoses lorsqu'un samedi soir M. Rudemar s'étala devant sa cheminée, comme j'ai eu l'honneur de vous le dire au commencement de ce chapitre.