‹ Gerard De NervalChapitre 205 sur 319 · La mer Morte, ainsi appelée dans la Bible · texte numérisé non relu

La mer Morte, ainsi appelée dans la Bible

MAKBÉNACH :

Pendant la pause qui suivit ce récit, les auditeurs à étaient agités par des idées contraires. Quelques-uns refusaient d’admettre la tradition suivie par le narrateur. Ils prétendaient que la reine de Saba avait eu réellement un fils de Soliman et non d’un autre. L’Abyssinien surtout se croyait outragé dans ses convictions religieuses par la supposition que ses souverains ne fussent que les descendants d’un ouvrier.

« Tu as menti, criait-il au rhapsode. Le premier de nos rois d’Abyssinie s’appelait Mén'kk, et il était bien véritablement fils de Soliman et de Belkis-Makéda. Son descendant règne encore sur nous à Gondar ?.

— Frère, dit un Persan, laisse-nous écouter jusqu’à la fin, sinon tu te feras jeter dehors comme cela est arrivé déjà l’autre nuit. Cette légende est orthodoxe à notre point de vue, et si ton petit Préfre Jean d’Abyssinie * tient à descendre de Soliman, nous lui accorderons que c’est par quelque noire éthiopienne, et non par la reine Balkis, qui appartenait à notre couleur. »

1. Ce chapitre emprunte nombre de ses éléments aux Rituels maçonniques ou aux ouvrages sur les francs-maçons que Gérard connaissait, par exemple Les plus secrets mystères des hauts grades de la maçonnerie (1774), Recueil précieux de la maçonnerie adonhiramite (1786) et la Franche-maçonnerie d'A. Lenoir (cf. G.-H. Luquet, art. cit.). Quant au récit du meurtre d’Adoniram, M. G. Rouger signale qu’il suit de près la légende rituelle maçonnique, publiée pour la première fois dans la Masonry dissected de Samuel Pritchard (1730). Ainsi Gérard ne divulgue aucun secret et il n'avait nul besoin d’être lui-même francmaçon pour satisfaire son goût marqué du romanesque maçonnique (qui passera d’ailleurs de sa littérature dans ses rêves, et réciproquement, selon le mouvement caractéristique de son génie).

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