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VII. CÉRÉMONIES DES FUNÉRAILLES Page

a. Variantes de : ; S. La Silhouette, 14 ef 21 octobre 1849 [Titre : Cérémonies usitées à l’occasion des décès et des funérailles].

b. S. add. début: Lorsqu'un Mahométan savant, ou pieux, sent la mort approcher, quelquefois il fait l’ablution ordinairement en usage avant la prière, afin qu’en quittant la vie il soit en état de pureté cotporelle; puis en général il répète sa profession de foi, en disant : « Il n’y a de Dieu que Dieu, et Mahomet est son prophète ». Un musulman pattant pour une expédition guerrière ou pour un long voyage, surtout

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s’il doit traverser le désert, emporte ordinairement son linceul. Dans ce dernier cas, il n’est pas rare que le voyageur soit obligé de creuser lui-même sa fosse; car souvent, exténué par la fatigue et les privations, ou succombant sous le poids de la maladie, si ses compagnons de voyage ne peuvent s’arrêter pour attendre sa guérison, ou sa mort, il fait son ablution avec de l’eau si la chose est possible, ou bien, ce qui est permis à défaut d’eau, avec du sable et de la poussière; puis ayant creusé une tranchée en forme de fosse, il s’y couche enveloppé dans son linceul; après cette cérémonie, il se recouvre, sauf le visage, avec le sable extrait de cette fosse, et dans cet état, il attend la mort qui doit mettre fin à ses maux, abandonnant au vent le soin de combler entièrement le lieu de sa sépulture.

Si la mort frappe un des w/mas éminents du Caire, les Mueddins du Azhar et d’autres de plusieurs autres mosquées annoncent cet événement en psalmodiant du haut des minarets le cri appelé Abrar, d’après certains versets du Coran, dont la psalmodie est en usage pendant le Ramadan.

c. S. add. : Ces lamentations durent au moins une heure.

Si le décès a eu lieu le matin, le corps est porté en terre le même jour, mais s’il arrive dans l’après-midi ou la nuit, l’enterrement n’a lieu que le lendemain; alors les pleureuses publiques passent la nuit, et continuent, avec les autres femmes, leurs lamentations.

d. S. add. : (le corps d’une femme morte est toujours lavé par une esclave)

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a. S. add. NOTE : Les pauvres se servent souvent des feuilles d’alizier séchées et pilées en guise de savon

b. S. add. NoTE : Le Kifen est souvent aspergé d’eau du puits de Lemzen, qui se trouve dans le temple de la Mecque

c. S. add. : ; ils marchent deux par deux ou trois par trois, à pas lents, en psalmodiant d’un ton lugubre la profession de foi : « Il n’y a d’autre divinité que Dieu ; Mahomet est son apôtre. »

a. S. add. : Voici une traduction du commencement de ce poème :

« Je célèbre la perfection de celui qui a créé tout ce qui a une forme, et subjugua ses serviteurs par la mort;

« Ils seront tous couchés dans le tombeau;

« Je célèbre la perfection du Seigneur de l'Orient;

« Je célèbre la perfection de l’illuminateur des deux lumières, le soleil ainsi que la lune;

« Sa perfection : Combien il est généreux |

« Sa perfection : Combien il est clément |

« Sa perfection : Combien il est grand |

« Quand un serviteur se révolte contre lui, il le protège | »

b. S. add.: Les cris des femmes, les chants animés des jeunes

garçons et les tons lugubres sur lesquels psalmodient les Yiméniyeh ptoduisent une dissonance étrange.

Le prophète avait défendu les lamentations des femmes et la célébration des vertus du défunt à l’occasion des funérailles. Mahomet déclarait que les vertus qui étaient attribuées de la sorte au mort deviendraient pour celui-ci des sujets de reproche s’il ne les possédait pas dans son état futur. Il est vraiment remarquable de voir combien quelques préceptes du prophète sont chaque jour violés par les mahométans modernes, les Wahbabis seuls exceptés. Nous avons vu quelquefois des pleureuses de la basse classe suivant un cercueil, à visage découvert, après avoir eu soin de se barbouiller de boue dont elles avaient aussi couvert leur coiffure et leur poitrine. Cette coutume existait chez les anciens Égyptiens. Le convoi d’un homme opulent, ou même d’une personne de la classe moyenne, est quelquefois précédé de quelques chameaux chargés de pain et d’eau que l’on distribue aux pauvres devant le tombeau. Ces convois se composent de personnes plus variées et plus nombreuses. Les Y/wéniyeh ouvrent la marche en psalmodiant, comme il est dit ci-dessus, la profession de foi. Ils sont suivis des amis du défunt et de quelques hommes savants et dévots invités à prendre part à la cérémonie. Ensuite vient un groupe de fakirs psalmodiant le Sowrat-el-anam (sixième chapitre du Coran); d’autres religieux suivent en chantant différentes prières, selon les ordres dont ils font partie et que de célèbres cheiks ont fondés; suivent les bannières de l’un ou l’autre ordre supérieur des Derviches à moitié déployées; puis viennent les jeunes écoliers, le cercueil et les pleureuses, comme dans les autres convois, et quelquefois, lorsque les porteurs sont des hommes d’un certain rang, leurs chevaux de main les suivent.

r. S. add. : L’on voit encore plus de personnes aux convois de cheiks dévots ou de l’un des grands ulémas. On ne couvre point d’un châle le cercueil de ces personnages. Le »1/i (saint) est, en outre, à l’occasion de ses funérailles, honoré d’une manière toute particulière. Des femmes suivent son cercueil: mais au lieu de pleurer et de se lamenter comme elles le feraient pour un mortel ordinaire, elles font retentir l’air de cris aigus et de chants de joie nommés Zagharite : si elles suspendent ces accents joyeux, ne fût-ce que l’espace d’une minute, les porteurs du corps déclarent ne pouvoir avancer, et qu’un pouvoir surnaturel les tient rivés à l'endroit où ils se trouvent.

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a. S. add.: Les enterrèments des femmes et des jeunes garçons, quoique plus simples, sont presque semblables à ceux des hommes, à moins que la famille ne soit riche ou haut placée. Un convoi des plus pompeux que nous ayons vus est celui d’une jeune fille de grande famille. Deux hommes portant chacun un drapeau vert, ferlé, de grande dimension ouvraient la marche; des J'iméniyeh suivaient au nombre de huit; puis un groupe de fakirs psalmodiaient un chapitre du Coran. Venait ensuite un homme portant une branche d’alizier (nabk), emblème des jeunes personnes, entre deux autres hommes, ayant à la main un long

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bâton surmonté de plusieurs cerceaux ornés de bandelettes de papier de couleurs variées; derrière ces trois personnes marchaient côte à côte deux soldats turcs; un des soldats portait un petit plateau d’argent doré, sur lequel était un Æwwkum (flacon) d’eau de rose; l’autre était muni d’un plateau semblable portant un réchaud (#1hkarah) en argent doré, où brüûülaient des parfums. Ces vases, qui embaumaient l'air, étaient destinés à parfumer le caveau sépulcral. De temps à autre on aspergeait d’eau de rose les spectateurs. Les soldats étaient suivis par quatre hommes; chacun de ceux-ci portait, sur un plateau, plusieurs petits cierges allumés fixés dans des morceaux de pâte de hemna ; le cercueil recouvert de châles d’une grande richesse avait son shahid orné de magnifiques toques, et, outre le safa, un Æussah almas (ornement d’or et de diamants pour ceindre le front). Sur le sommet du shabid se trouvait un riche Æwrs en diamants. Ces bijoux appartenaient à la défunte, ou bien, comme cela se fait quelquefois, ils avaient été empruntés pour la cérémonie. Les femmes, au nombre de huit, portaient le costume de soie noire des dames égyptiennes, mais au lieu de marcher à pied, comme c’est l’usage, elles étaient montées sur des ânes à hautes selles.

b. S. add.: Si le défunt habitait un des quartiers situés au nord de la ville, on porte, de préférence, le corps à la mosquée de Hasaneyn, à moins qu’il soit pauvre, et ne soit pas voisin de ce sanctuaire vénéré. Dans ce cas, ses amis le portent à la mosquée la plus rapprochée, afin d’épargner du temps et des dépenses inutiles; s’il était wa, c’est-à-dire d’une profession savante quoique humble, on le transporte ordinairement à la grande mosquée d’El-Azhar. Les habitants des parties méridionales de la capitale portent, en général, leurs morts à la mosquée de Seyyideh-Zeyneb, ou à celle d’un autre saint célèbre. La raison de cette préférence que l’on donne à ces mosquées par-dessus les autres est la croyance que les prières qui se font près du tombeau des saints sont particulièrement efficaces.

c. S. add. : puis il dit: «© Dieu ! en vérité, voici ton serviteur; il a quitté le repos du monde et son amplitude, tout ce qu’il y a aimé, et ceux desquels il y était aimé, pour les ténèbres du tombeau et pour ce qu’il éprouve. Il a proclamé qu’il n’y a de divinité que toi seul, que tu n’as point d’égal, et que Mahomet est ton serviteur et ton apôtre; tu as toute science de ce qui te concerne. O Dieu ! il est patti pour demeurer avec toi, et tu es celui auprès duquel il est infiniment excellent de demeurer. Ta miséricorde lui est devenue nécessaire, et tu n’a pas besoin de son châtiment. Nous sommes venus vers toi en te suppliant de permettre que nous intercédions en sa faveur. O Dieu |! s’il a fait le bien, augmente la somme de ses bonnes actions, et s’il a fait le mal, oublie ses mauvaises actions. Que ta miséricorde daigne l’accueillir; épargne-lui les épreuves de la tombe et ses tourments; fais que son sépulcre lui soit large et tiens la terre loin de ses flancs [Note : Les musulmans croient que les corps des méchants sont douloureusement oppressés par la terre, qui se serre dans la tombe contre leurs flancs, quoiqu’elle soit toujours faite très creuse]; fasse ta misé-

ticorde qu’il puisse être exempté de tes tourments jusqu’au temps où tu l’enverras en sûreté au paradis. O toi ! le plus miséricordieux de ceux qui montrent de la miséricorde ! »

Ayant pout la quatrième fois crié : « Dieu est infiniment grand | » l’iman ajoute : «O Dieu | ne nous refuse pas notre récompense pour le service que nous lui avons rendu, et ne nous fais pas passer dans les épreuves après lui; pardonne-nous, pardonne-lui ainsi qu’à tous les musulmans, Ô Seigneur de toute créature ! ». L’iman termine ainsi sa prière; et saluant les anges à droite et à gauche il dit : « Que la paix ainsi que la miséricorde divine soient avec vous ! », ainsi que cela se pratique à la fin des prières ordinaires. S’adressant alors aux personnes présentes

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a. S. add: Le caveau peut d’ordinaire contenir au moins quatre cercueils. Il arrive fort rarement que les hommes et les femmes soient inhumés dans le même caveau, mais lorsque cela à lieu, on y établit un mur de séparation entre les deux sexes.

b. S. add. NOTE : Le Prophète avait pourtant défendu de graver soit le nom de Dieu, soit aucune parole du Coran sur les tombeaux, qu’il avait prescrit de construire bas, et uniquement en briques crues.

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a. S. add.: Les personnes louées pour assister aux funérailles sont payées au tombeau; les Y»éniyeh reçoivent habituellement une piastre par tête. Il a été dit que les gens opulents font conduire à dos de chameau de l’eau et du pain, qui sont distribués aux pauvres après Pinhumation ; aussi ces malheureux se rendent-ils en foule au cimetière, lorsqu'on y sacrifie un buffle, dont la viande est également distribuée aux pauvres; cela s'appelle E/Ækaffarah (l’expiation). On croit que ce sacrifice peut expier les petits péchés, mais non pas les gros. Après les funérailles, chaque parent du défunt est complimenté par le vœu

« que sa perte puisse être heureusement compensée », ou bien on le félicite de ce que sa vie est prolongée.

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a. S. add. NOTE : Sale, dans son discours préliminaire, Sect. IV,

énumère de la manière suivante les opinions des musulmans au sujet

de l’état des âmes dans, l'intervalle qui s’écoule entre la mort et le jugement : « Ils divisent, dit-il, les âmes des fidèles en trois classes : la première est celle des prophètes dont les âmes sont immédiatement admises en paradis;'la seconde est celle des martyrs, dont les esprits reposent, selon une tradition de Mahomet, dans le jabot d’oiseaux qui mangent des fruits et boivent de l’eau du paradis; et la sroisième, celle des autres croyants, a donné lieu à des opinions diverses, par rapport à l’état de leurs âmes avant la résurrection, car : 1° quelquesuns disent qu’elles restent près des sépultures, conservant la liberté d’aller partout où elles désirent; ce qu’ils confirment en rappelant

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la manière dont Mahomet les saluait à leurs tombeaux, et l’assurance qu’il donnait que ces salutations étaient entendues par les morts aussi bien que par les vivants; c’est peut-être de cette circonstance que dérive la coutume, si ordinaire chez les Mahométans, de visiter les tombeaux de leurs parents. 20 D’autres supposent que ces âmes sont dans le ciel le plus inférieur avec Adam : ils fondent leur opinion sut l'autorité du Prophète, qui annonça qu’en revenant de son prétendu voyage nocturne au plus haut des cieux, il vit dans le ciel inférieur les âmes destinées au paradis à la droite d'Adam, et celles condamnées à l’enfer, à sa gauche. 3° D’autres encore s’imaginent que les Âmes des croyants restent dans le puits Zew-Zew, et celles des infidèles dans un certain puits de la province d’Hadramot, appelé Barabour, mais cette opinion est stigmatisée comme hérétique. 4° D’autres disent que les âmes restent sept jours près des tombeaux, mais qu’on ne sait pas avec certitude où elles vont ensuite. 5° D’autres, qu’elles sont toutes rassemblées dans la trompette dont le son doit ressusciter les morts. Enfin 6° D’autres croient que les Âmes des justes demeurent, sous la forme d’oiseaux blancs, au-dessous du trône de Dieu. Quant à la condition des âmes des méchants, outre les opinions ci-dessus, les plus orthodoxes soutiennent qu’étant offertes au ciel par les anges, elles en sont repoussées comme puantes et immondes, et qu’alots, ayant été offertes à la terre où elles ont également été refusées, on les précipite dans la septième terre, où elles sont jetées dans un cachot, nommé Sifine, situé sous un rocher vert, ou, selon la tradition de Mahomet, sous la mâchoire du diable, pour y être tourmentées jusqu’à ce qu’elles rejoignent leur corps. Mais l’opinion qui parle du puits de Barahout prévaut aujourd’hui.

b. add. : Une autre cérémonie nommée celle du Sebhah (du rosaire)

a lieu à cette occasion, pour faciliter l’entrée du défunt dans un état de béatitude; elle dure de trois à quatre heures. Après l’eschi (chute du jour) quelques fakirs, souvent au nombre de cinquante, s’assemblent dans la maison mortuaire; s’il n’y a ni cour, ni grande pièce pour leur réception, on étend des nattes devant la maison, et ils s’y asseyent. Un de ces fakirs porte un Sebhah (rosaire) composé de mille grains, de la grosseur d’un œuf de pigeon, ou environ. Ils commencent la cérémonie en récitant le Sowrat el-Mulk (67° chap. du Coran); puis ils répètent trois fois : « Dieu est unique ! » Après ils récitent le Sourat el-Falak (avant-dernier chapitre du Coran) et le premier chapitre Fattab. As disent ensuite trois fois : « O Dieu | favorise tes créatures, notre seigneur Mahomet, sa famille, ses compagnons et conserve-les |! » Ils ajoutent : « Tous ceux qui te célèbrent sont les diligents, et ceux qui négligent de te célébrer sont les négligents. » Après, ils répètent érois mille fois : « Il n’y a de divinité que Dieu | » L’un d’entre eux tient le rosaire et compte chaque répétition de ces mots, en faisant glisser un des grains à travers ses doigts. Après la répétition de chaque mille fois, souvent ils se reposent et prennent le café. Ayant complété le dernier millier, [après] s’être reposés et rafraïichis, ils répètent cent fois : « Je célèbre la perfection de Dieu et sa louange ! » puis un

nombre égal de fois : « Je demande pardon à Dieu le grand |! » après quoi ils disent cinquante fois : « Je célèbre la perfection du Seigneur, l’éternel, la perfection de Dieu, l’éternel ! » Puis ils répètent ces mots

du Coran : « Célèbre les perfections de ton seigneur, le seigneur de la.

puissance, en le relevant de ce qu’on lui attribue (les chrétiens et autres, d’avoir un fils, ou participant à sa divinité); que la paix soit avec les apôtres, et louange à Dieu, le seigneur de toute créature | » Après, deux ou trois de ces fakirs récitent chacun un verset du Coran. Ceci fait, un d’entre eux fait à ses compagnons la demande suivante : « Avez-vous transmis à l’âme du défunt les mérites de ce que vous avez récité ? » Les autres répondent : « Nous l’avons transmis; que la paix soit avec les apôtres, etc. » Ceci termine la cérémonie du Sebhah, qui chez les riches est répétée la deuxième et la troisième nuit. Cette cérémonie se célèbre aussi dans les familles qui reçoivent la nouvelle du décès d’un proche parent.

Les hommes ne changent rien à leurs habits en signe de deuil; il en est de même chez les femmes lorsqu'il s’agit d’un homme âgé, mais pour les autres, elles portent le deuil; dans ce cas, elles teignent avec de lindigo leurs chemises, leurs voiles et leurs mouchoirs, donnant à ces objets une teinte bleue, quelquefois approchant du noir; quelques-unes teignent de même leurs mains et leurs bras jusqu’à la hauteur du coude, et badigeonnent leurs chambres de la même couleur; quand le maître de la maison ou le propriétaire du mobilier vient à mourir, et aussi dans d’autres cas de douleur elles mettent à l'envers les tapis, les nattes, les coussins et les couvertures des divans. Durant leur deuil elles ne tressent point leurs cheveux, elles cessent de porter quelquesunes de leurs parures, et si elles fument elles n’emploient que des tuyaux de roseaux.

Vers la fin du premier jeudi après les funérailles, et même souvent dans la matinée de ce jour, les femmes de la famille du défunt recommencent leurs lamentations, dans la maison mortuaire; quelques-unes de leurs amies se joignent à elles; dans après-midi ou le soir du même jour, les hommes qui furent les amis de la maison y viennent aussi pour y faire visite, et trois ou quatre fakirs y font des prières. Le vendredi matin les femmes se rendent au tombeau où elles observent le même cérémonial que celui qui a lieu lots de l’inhumation. En partant, elles placent une branche de palmier sur la tombe et elles distribuent aux pauvres des gâteaux ou du pain. Ces cérémonies se renouvellent aux mêmes jours correspondants, pendant quarante jours après les funérailles (voir la Genèse, L, 3).

Parmi les paysans de la Haute-Égypte, il existe une singulière coutume : les patentes et amies de la personne décédée se rassemblent devant sa maison pendant les trois premiers jours qui suivent les funérailles afin d’y pousser des cris lamentables et d’y exécuter des danses étranges; elles barbouillent de boue leur visage, leur gorge et une partie de leur habillement, et elles s’attachent autour de la taille, en guise de ceinture, une corde faite d’une herbe grossière appelée Halfa. (Cette coutume existait chez les anciennes Égyptiennes: voir Hérodote, lib. IT, cap. 85). Chacune d’elles agite convulsivement dans

sa main un bâton de palmier, une lance ou un sabre nu; elles dansent en même temps d’un pas lent, mais d’une manière irrégulière, en levant et abaissant leur corps. Cette danse dure une heure et même deux, et on la répète deux, trois fois par jour. Après le troisième jour les femmes visitent le tombeau du défunt et y déposent leurs ceintures de cordes; puis on tue d'ordinaire un agneau, où un chevreau, comme sacrifice expiatoire, et un festin termine la cérémonie.

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