‹ Gerard De NervalChapitre 45 sur 319 · Ausone. Epigrammes, 42 et · texte numérisé non relu

Ausone. Epigrammes, 42 et

2. Pausanias, II, 15 : « Morpho n’est que le surnom de Vénus. »

3. C’est toujours le double thème nervalien de la mort des Dieux et de l’identité mystique du paganisme et du christianisme.

des pensées impures, où la Vénus Péristéria, qui avait la douceur et l’innocence des colombes : la Panagia suffit encore à réaliser tous ces emblèmes. Ne demandez pas d’autres croyances aux descendants des Achéens; le christianisme ne les a pas vaincus, ils l’ont plié à leurs idées; le principe féminin, et, comme dit Gœthe, le féminin céleste ? régnera toujours sur ce rivage. La Diane sombre et cruelle du Bosphore, la Minerve prudente d’Athènes, la Vénus armée de Sparte, telles étaient leurs plus sincères religions : la Grèce d’aujourd’hui remplace par une seule vierge tous ces types de vierges saintes, et compte pour bien peu de chose la trinité masculine et tous les saints de la légende, à l'exception de saint Georges, le jeune et brillant cavalier.

En quittant ce rocher bizarre, tout percé de salles funèbres et dont la mer ronge assidûment la base, nous sommes arrivés à une grotte que les stalactites ont décorée de piliers et de franges merveilleuses; des bergers y avaient abrité leurs chèvres contre les ardeurs du jour; mais le soleil commença bientôt à décliner vers l’horizon en jetant sa pourpre au rocher lointain de Cérigotto, vieille retraite des pirates; la grotte était sombre et mal éclairée à cette heure, et je ne fus pas tenté d’y pénétrer avec des flambeaux; cependant tout y révèle encore l’antiquité de cette terre aimée des cieux. Des pétrifications, des fossiles, des amas même d’ossements antédiluviens ont été extraits de cette grotte, ainsi que de plusieurs autres points de l’île. Ainsi ce n’est point sans raison que les Pélasges avaient placé là le berceau de la fille d'Uranus, de cette Vénus si différente de celle des peintres et des poètes, qu’Orphée invoquait en ces termes : « Vénérable déesse, qui aimes les ténèbres. visible et invisible. dont toutes choses émanent, car tu donnes des lois au monde entier, et tu commandes même aux Parques, souveraine de la nuit?! »

1. Souvenir du Second Faust, traduit par Gérard en 1840, et du célèbre «éternel féminin » qui nous attire vers le ciel ». Ce thème gœthéen s’épanouira à la fin d’Awrélia: «j'ai revu celle que j'avais aimée. le ciel s’est ouvert ».

2. Hymne orphique, 52 : Parfum d’ Aphrodite (adapté par Gérard de façon quelque peu fantaisiste).

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