ABD-EL-KÉRIM
Nous arrivâÂmes à une maison fort belle, ancienne demeure sans doute d’un Æachef : ou d’un bey mamelouk, et dont le vestibule se prolongeait en galerie avec colonnade sur un des côtés de la cour. Il y avait au fond un divan de bois garni de coussins, où siégeait un musulman de bonne mine, vêtu avec quelque recherche, qui égrenait nonchalamment son chapelet de bois d’aloès. Un négrillon était en train de rallumer le charbon du narghilé, et un écrivain cophte, assis à ses pieds, servait sans doute de secrétaire.
€ Voici, me dit Abdallah, le seigneur Abd-el-Kérim, le plus illustre des marchands d’esciaves : il peut vous procurer des femmes fort belles, s’il le veut; mais il est riche et les garde souvent pour lui. »
Abd-el-Kérim me fit un gracieux signe de tête en portant la main sur sa poitrine, et me dit saba-el-kher. Je répondis à ce salut par une formule arabe analogue, mais avec un accent qui lui apprit mon origine. Il m’invita toutefois à prendre place auprès de lui et fit apporter un narghilé et du café.
€ Il vous voit avec moi, me dit Abdallah, et cela lui