‹ Gerard De NervalChapitre 8 sur 319 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

Égypte, par exemple, il se réjouit de trouver un lieu « favorable à l’étude et aux recherches, à cause des bibliothèques et des sociétés savantes », ef 5] ajoute : « Je n’ai voulu du reste voir chaque lieu qu'après m'être suffisamment rendu compte par les livres et les mémoires. À la Société Égyptienne, j'ai trouvé réunis presque tous les livres anciens et modernes qui ont été publiés sur le pays, et je n’en ai lu encore qu’une bien faible partie 1 », ef c’est pour cette raison qu’il retarde son départ pour la Syrie.

Revenu à Paris, Gérard continuera d’'accumuler les lectures : il lui arrive même d’en tirer profit pour les chroniques qu'il publie alors dans les revues et les journaux. C'est ainsi qu'à la fin de 1849 paraîtront, dans La Silhouette, #re série de chroniques égyptiennes directement empruntées aux Modern Egyptians de l'Anglais William Lane, que Gérard connaissait dès le moment de son voyage, comme en témoigne une lettre à Théophile Gautier, mais que sans doute il n'a vraiment lu — lui qui ne connaissait pas l'anglais — qu'en 1846, au moment où son ami Engène de Stadler (qui emprunta alors le livre à la Bibliothèque Nafionale) lui en fit une traduction écrite ou orale. Et lorsqu'en 1851 il reprendra ces chroniques, il en fera des appendices et en réduira souvent considérablement la longueur. Mais la lecture de William Lane ne s'en sera pas moins contaminée avec les impressions bersonnelles pour donner naissance aux chapitres égyptiens du livre.

Lorsqu'il passe d'Égypte en Syrie, Gérard opère de la même façon : on s'était beaucoup intéressé aux Druses en France, à la fin du XVIe ef au début du x1xe siècle : Gérard interroge quelques-uns de ces orientalistes, Silvestre de Saci entre autres. Ici encore, en 1851, 1] rejette en appendice les éléments livresques qu'il n'a pu complètement assimiler à son récit personnel, le Catéchisme des Druses par exemple. Et de même, pour la Partie turque de son voyage, il doit beaucoup aux sources les plus diverses, et encore au dernier moment il empruntera quelque chose aux Lettres sur la Turquie d'Ubicini, parues en 1850.

Enfin la lecture pourra éventuellement suppléer au voyage :

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