‹ Gérard de Nerval, le poète, l'hommeChapitre 118 sur 229 · A C CLA · texte numérisé non relu

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LA RECHUTE

Peu après, dans une lettre du 22 mars 1852, il rend compte à Stadler de ses démarches 1. Il a obtenu de Verteuil, secrétaire de Houssaye, une inscription pour la lecture au jeudi suivant. Le Bois de Daphné lut cependant refusé par le comité, avec deux voix pour la réception, celles de Houssaye et de Brohan. Gérard ne se rebuta pas : de nouveau, le 29 avril suivant, il essaye de faire recevoir la pièce à la Porte-Saint-Martin. « C’est grand et c’est spirituel », écrit-il à Marc Fournier, en l’exhortant à faire à l’art sérieux une petite place, comme contraste avec un de ces spectacles essentiellement populaires qui conviennent mieux à son théâtre. Il n’eut pas plus de succès et le Bois de Daphné fut édité, sans avoir vu la scène, en juillet 1852.

Les soucis personnels de Gérard ne l’empêchent pas, on le voit, de s’entremettre pour ses amis, de griffonner ces billets qui vont, aux bureaux de rédaction ou de direction des théâtres, plaider spontanément leurs causes. Stadler, Hippolyte Lucas, Georges Bell éprouvèrent tour à tour cette sollicitude. Gautier lui-même, qui cependant n’a plus besoin de patrons, est l’objet de ses constantes attentions. Sur un signe de lui, le nomade se fixe, se chambre même, durant des semaines, pour suppléer l’ami absent, lui assurer la sécurité d’un voyage de plaisir. Lui, si peu soucieux de sa renommée, cultive la vogue et amorce le succès pour les autres.

« Mon cher Bocage, — écrit-il, des bureaux de l’Arlisle, au directeur de l’Odéon, — Théophile voudrait vous voir. Je crois qu’il a fait pas mal de vers nouveaux, et même qu’ils sont bien. Votre affectionné: Gérard de Nerval.2»

Avec Hippolyte Lucas, il a esquissé un projet de collaboration qui va le ramener dans le cercle fatal. Deux lettres de Gérard aident puissamment à résoudre l’énigme de ce drame en vers, rapporté autrefois d’Allemagne et dont il aurait fait la lecture à Jenny Colon. Le hasard d’une causerie avec Lucas sur la possibilité d’adapter un nouveau poème à la musique de la Finie enchanlée l’avait fait exhumer ce manuscrit, auquel se rattachait un souvenir cruel ;

1- Lettre à Stadler, 22 mars 1852. Correspondance, publ. par M. J. Marsan. 1* XX.

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