‹ Gérard de Nerval, le poète, l'hommeChapitre 89 sur 229 · Lettre inédite. Colîcct. Henri Houssaye · texte numérisé non relu

Lettre inédite. Colîcct. Henri Houssaye

GÉRARD DE KERVÀL.

l’Orient forment bien dans la vie de Gérard la période la moins errante. Le nomade a pu se fixer, pendant près de deux ans, au numéro 36 de la rue de la Victoire, où il habite depuis le printemps de 1844 jusqu’en avril 1846. Les absences qu’il se permet sont rares et brèves. C’est ainsi qu’en août 1845, il passe une semaine en Angleterre et y trouve la matière d’un article qu’il envoie à la Presse (8 septembre 1845), sur les Plaisirs de Londres. C’est son second séjour en Albion ; le premier, qui remonte à 1836, est marqué par une poésie : De Hamsgale à Anvers, et par un article sur les mœurs anglaises, publié dans la Cliarle de 1830 (numéro du 5 décembre 1836). Il semble qu’il faille rattacher cette excursion au voyage en Belgique, entrepris cette même année avec Théophile : ce dernier cependant en note les impressions dans Zig-Zags, mais ne fait aucune allusion à la présence de son ami Frilz. Il y retourna sans doute une troisième fois, en 1849, ainsi que le laisse entendre une lettre à Stadler 1, où il renseigne son ami partant lui-même pour Londres, sur les horaires, les classes et les tarifs des bateaux et des railways, avec une précision qui dénote une très récente expérience. C’est donc bien exactement que Gérard dit, dans ses Nuils d'Oclobre, être allé trois fois en Angleterre. Il se proposait d’y faire un quatrième voyage, ainsi que l’atteste une lettre de Charles Boverat, écrite le 24 août 1853 à un ami anglais : « Gérard, y est-il dit, se rendait à Londres pour élaborer un projet de traductions réciproques. 2 » Il ne put le réaliser : le 26 août, il était conduit à l’hôpital de la Charité, puis, de là, chez le Dr Blanche.

Mais un rêve de fortune a subitement traversé son esprit. La gloire des grands inventeurs le fascine : il a tant vécu, par la pensée, avec les Faust, les Gutenberg et les Laurent Coster, qu’il médite de continuer leur œuvre, d’ajouter un nouvel engin aux machines de vulgarisation dont ils ont doté le monde. Il rêve d’un outillage commode, qu’un seul homme pourrait manœuvrer et qui permettrait à chacun de s’imprimer soi-même. Alors sans doute il se souvient de Restif de la Bretonne, qui fut prote à l’imprimerie des Galeries du Louvre et édita lui-même ses livres. A son

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