‹ Gerard de Rovssillon. S'ensvyt l'hystoire de monseignevr Gerard de Rovssillon, iadis dvc et conte de Bovrgongne et d'AcqvitaineChapitre 1 sur 21 · IJ · texte numérisé non relu

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bloit plus enfin , par fa puijfance , (} //// roi qiià un fimple feudataire. Il relevoit cependant de Charles-éMartel ou de Charles-le-Chauve ^ car les textes ne font point d^ accord fur le nom. Cette quejîion nous femble très fecondaire au point de vue du roman , puifque tout y révèle des idées & des mœurs contemporaines de V époque de fa compoftion, cefl-à-dire du douzième fèc le.

Quoi quil enfoit , une rupture éclate entre le fu\erain jaloux & Vorgueilleux vajfal. oA la fuite d\ine lutte de plufeurs années , remplie de combats & de négociations , mêlée de fuccès Ù de revers, Gérard finit par fuccomber.

Il eji défait à la bataille de Val-'Béton , non moins célèbre dans les anciens Gejies que la bataille de Fontanet dans rhiJîoire^Ù c'eji vainement quil cherche

un ajîle derrière les murailles de fon imprenable château de %ouJ/illon , livré au roi par un traître defénéchal. Tropcrit , fugitifs il perd fon cheval & jufquà fon épée. Le romancier poujfe r effet des contrajies au point de montrer le puiffant baron réduit à exercer pour vivre le métier de charbonnier ( i ). // ne lui laiffe pour toute confolation que le courage & le dévouement de "Berthe , fa femme , dont le roman & rhifloire fe font difputé le noble ca-

(i) Girard fu defconfis,

Et tantes fois fourpris de guerres

K'il en pierdi toute fa tiere ,

Et furent fi parent ocis-,

Et il en vvida le païs;

Si fe gari corn karbonniers

Li Dus, ki tant ot efté fiers.

{Chronique rimee de Philippe Mouskes , écrivain du treizième fiècle, publiée par le baron de Reifîenberg; Bruxelles, 1836, in-4, p. 75.)

raôlère. Enfin , un retour de fortune permet à Gérard de recouvrer une partie de fes pojfejjions , & de rentrer dans fon château de %ouJ/illon , ou il meurt paijiblement , pendant un inflant de trêve que lui accorde fon implacable adverfaire.

Tel ejî, isolé de fes développements Ù réduit à fes données fondamentales, le roman provençal de Gérard de %ouffillon , qui ne nous eji connu que par Vanalyfe ajfe^ étendue quen a donnée cM. Fauriel. Il nousferoit donc impoffible d'entrer à ce fujet dans de plus amples détails , fans reproduire le texte même de fon ouvrage, auquel nous préférons de renvoyer le lecteur (i). // ré-

(i) Ilijloire de la Poefie provençale, cours faits à la Faculté des Lettres de Paris, par C. Fauriel , membre de l'Inftitut ; Paris, 1 846, ] V. in-8 , t. III , p. 34. Le roman de Gérard de Rourfillon , prove-

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fuite toutefois du rapprochement qu'il eji permis de faire entre le roman en vers & le roman en profe, qu ils proviennent tous les deux d'une fource commune, mais que l'imagination, comme de raifon , joue un râle beaucoup plus confidérable dans le premier que dans le second. Celui-ci, par exemple, loin de confondre Charles -le-Chauve avec Charles-zMartel , entre en matière par une expojîtion ajfe\ hijlorique, Ù ne donne quune caufe très naturelle aux débats qui s'élèvent entre ce prince Ù fon vajfal. Il s'agit de la pojfeffion du comté de Sens. Charles-le-Chauve &'

nant du fonds de Cangé, aujourd'hui à la Bibliothèque impériale, n' 7991, confifle en un ms. in-8, fouvent altéré & quelquefois illifible, auquel il manque même plufieurs feuillets du commencement. Il contient néanmoins plus de huit mille vers de dix fyllabes, à rimes confécutive>.

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