‹ Gerard de Rovssillon. S'ensvyt l'hystoire de monseignevr Gerard de Rovssillon, iadis dvc et conte de Bovrgongne et d'AcqvitaineChapitre 14 sur 21 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

^. J^ PR ES cefte defconfiture Gérard de Rouf- ^^^vJi filion par Taduis & confeil de tous Tes ,^^^ié^ barons conclud auec eulx qu'ilz pourfuyueroyent le roy iufques en fa cité de Paris & qu'ilz feroyent tant ou par amour ou par force qu'iiz auroyent paix a luy : fi affemblale plus de fes gens d'armes qu'il peut & les mena iufques à Paris , & mift le fiege deuant la cité & menaça de mort le roy & tous ceulx qui au traicté de paix ne vouldroyent entendre : il fift la cité affaillir par plufieurs foys, & y eut maintes belles proueffes acheuees deuant le fiege & maint homme mort d'une partie & d'aultre : & toutesfoys ïoû de Gérard croiffoit tous les iours & mefmement plufieurs Françoys habandonnerentlc roy&fc mirent en foft de Gérard, ne pour mandement que le roy fift nul ne fe auançoitde venir a fon fecours, pour-

ce que cliafcun congnoiffoit qu'il auoit mauluaife querelle, & que Gérard fc fut coufiours voulu mettre en droit & en iuftice & le roy ne luy eut voulu receuoir. Or aduint une nuyt ainfi comme le roy Charles fe gifoit en fon lict deuant le fiege deffusdit & qu'il penfoit comment il pourroit Gérard deftruyre & ruer iufqu'il s'endormit : & lors lî toft qu'il fut endormy Noftre Seigneur par fa bonté luy enuoya ung lien ange qui luy dift en telle manière : Roy ne machine plus riens de feneflre enuers Gérard, car il eft deffendu par la protection du Très haultain , & garde que tu ne luy faces plus de guerre, mais eftudie de toy appaifer auec luy, car les oeuures qu'il fait font très plaifant a Dieu , & fe aultrement tu le fais tu efproueras en plorant la main du fouuerain vengeur. A ces parolles le roy s'efueilla & fe trouua remply d'une grant doulceur par laquelle il congneut que Dieu l'eut par fon fainct ange vifité : fi commença a penfer a fes fàitz & fes péchez <Sc a congnoiflre comment par mauluais confeil il eut Gérard greué & comment Gérard feu t toufiours vaincu & a bon droit: car toufiours Gérard fcut rcquift de paix & de prendre droit en fa court, & fe commença lors a repentir des grans mauix qui a l'occafion de celle guerre furent auenuz au pourc peuple & a maint noble homme : & fe conclud lors que au plus matin qu'il effayeroit s'il pourroit trouuer

manière d'auoir paix aCerard de Rouffillon. Quant doncques vint au matin, le roy affembla fes barons 6clcur déclara fa vifion qu'il eut en celle nuyt en difant que puifque Dieu vouloit qu'il fift paix a Gérard, qu'il ne vouloit plus aller contre fon vouloir & en cognoilfant que trop eut il attendu de y trouuer bonne paix : fes barons luy dirent que voirement il feroit bien & que trop auoit il attendu : & lors incontinent par leur bon confcil & aduis il enuoya requerre la paix a Gérard qui très grant ioye en eut & auffi eurent tous fes barons, fi en rendit grâces & louenges a Dieu par grant deuotion en plourant a groffes larmes pour la grant ioye qu'il en eut. Adonc fans plus tarder il entra en la cité & s'en alla deuers le roy & s'agenoilia deuant luy en luy priant mercy : le roy fen Icua par la main & le baifa doulcement & luy pria qu'en l'honneur de celuy qui fa mort pardonna qu'il luy voulfift pardonner tous fes meffaitz, en luy promettant que iamais iour de fa vie il ne luy vouldroit faire nul contraire ne defplaifir, en luy offrant que leur différent futmys au iugement de la court fans plus ufer de voye de fait. Gérard luy refpondit très humblement que c'efloit la chofe du monde que plus il dcfiroit & que toufiours il luy auoit plus requis. Ainfi doncques par cefte manière fc appaiferent enfemble le roy Charles le Chaulue & monfeigneur Ge-

rard de Rouflillon, & furent tous maltalens pardonnez tellement que oncques puis ilz n'eurent guerre Tung contre Taultre , ains furent en bonne paix & amour enfemble le demourant de leur vie. Et fut la conté de Sens pour laquelle celle guerre commença defpartieen deux pars ôcchafcun d'eulx la moytié. Cy fait a noter qu'en toutes hyfloircs parlans de celle guerre mefmemcnt par commune renommée, Gérard de Rouflillon combatif le roy par douze foys & par douze foys le vainquit, nonobftant que celle hyfloire ne parle que de fix batailles, & peult eftre qu'il y eut entre eulx fix batailles principalles & plus notables & fix aultres moins notables , ou que une bataille dura plus d'ung iour fans eftre menée a defconfiture oultreement.

Cy parle des eglifes & des abbayes que Gérard fonda quant celle guerre lui fut faillie . Tuis parle d'aulcuns miracles qui aduindreni en ediffiam aulcunes d'icelles eglifes. chapitre xxiii.

y.\^^PR ES que Gérard de Rouffillon duc & ^i\Çj^ conte de Bourgongne fut appaifé au ,.^^:é^ roy Charles le Chaulue comme dit e{\, il print congé du roy & s'en alla demeurer fur fes terres , & ne voulut plus demourer en la court du roy affin que par aulcune occafion de parolles ou aultremcnt leur guerre recommençai. Et lors luy & ma dame Bertefa femme fe mirent de tous pointz a Dieu feruir, a luy cryer mercy des maulx qui a caufe de leurs guerres furent aduenuz & a fonder eglifes & monafteres pour Dieu prier. Aufquelles chofes ilz donnèrent & enrichirent moult notablement & les garnirent de nobles relicques & de tous aournemens comme ceulx qui vouloyent de Dieu faire leur héritier pour ce qu'ilz n'auoyent lors nulz enfans, car ilz eurent ung filz & une fille , mais Dieu les prms a fa part en leur innocenfe. Et dift Fhyftoire qu'ilz fondèrent douze no-

tables eglifes ou monafteres & que en chafcune cglife ilz ordonnèrent douze preudhommcs des plus deuotz & des meilleurs qu'ilz peurent trouuer. Et en aulcunes d'icelles qui furent faictcs pour femmes religieufes ilz mirent des meilleures femmes qu ilz fceurent trouuer.

Entre les eglifes qu'ilz fondèrent celle de Poytiers fut la plus notable &la plus principallc pour ce que en icelle ilz eflurent leur fepulture, celle de Vezelay fut la plus notable après. Hz en fondèrent une es faubours de la cité Dompoire qu'on nomme maintenant de Sainct Pierre. Item une aultre au dyocèfe de Soiffons qu'on difl; de la Magdeleine. Item une aultre en Flandres, aulcuns dient que ce fut Sainct Bertin. Et difl on que de celle eglife furent apportez deux très nobles ymages d'anges en l'eglife de Poytiers ou ilz font encores gardez a grant honneur & reuerence pource qu'ilz ne furent oncques faitz par main humaine. Item une aultre prioré qu'on appelle Sixte qui eft en la place ou Gérard combatit le roy la dernière foys , c'eft auffi deffoubz Sens : item l'eglife d'Auallon que maintenant l'en nomme Semeur : item l'abbaye de Leuze en laquelle ilz commirent abbé fainct Badillon deffus nommé : item l'eglife de Noftre Dame d' Antoing en laquelle ilz mirent le corps de fainct Maxime euefque : item l'eglife de Sainct Pierre de Renais :

item reglilb de Royaulcourt ou il mift le corps de monfcigncur fainct Adrien que dcfpuys Baudouyn conte de Haynault & de Flandres fift tranfportcr en Tabbaye de Grandmont ou il cû encores: item Teglife de Houtaing, en laquelle il fift mettre le corps de fainct Quirin le martir. Plufieurs aultres eglifes firent fonder monfeigneur Gérard & ma dame Berte fa femme dontlhyrtoire ne fait nulle mention : mais Thyrtoire recite cy aulcuns miracles faitz par Noftre Seigneur tandis qu'on edifioit feglife de Vezelay & celle de Poytiers : & dift ainfi que tandis qu'on edifioit feglife de Vezelay ma dame Berte par grant deuotion y voulut ouurer de fes propres mains , & de fait elle fe acouftuma de foy leuer par nuyct de cofté Gérard fon mary, & puis quant elle efloit leuée elle faifoit leuer aulcunes de fes plus fecretes & priuées femmes & les menoit en la place ou le mortier ôc les cailloux efloyent préparez, & la fur leurs efpaulles elles chargoyent du mortier & des aultres matières, & les portoyent amont fur la montaigne & les mettoyent en lieu ou les maçons les pouoyent prendre pour les mettre en oeuure plus toft & plus haflivement : & quant venoit vers le iour elle s'en retournoit tout coyement de cofté fon mary. A cefte bonne oeuure conceut le dyable grant ennuyé. Si aduint que Gérard fe perceur par plufieurs foys que

fa femme fe leuoit ainfi coniioitcment & ne fçauoit ou elle alloit. Et lors par tenptation du dyable il entra en une mauluaife penfée fur fa femme , doubtant qu'elle n'allaft en mauluais lieu: & tant qu'il entra en ialoufie, & propofa qu'il fçauroit s'il pouoit ou fa femme alloit ainfi par nuyct. Si aduint une nuyct qu'il faingnit qu'il dormoit a l'heure qu'elle fe leua, fi fe leua &la fuyuit le plus fecretement qu'il peut. Et quant il veit l'ouuraige qu'elle faifoit elle mefmes & qu'elle faifoit faire par fes femmes, il en fut tout esbahy. Et que plus eft il apperceut une très grani clarté & une nobleffe d'anges qui les enuironnerent, entre lefquelz eftoit un homme tant noble & tant bel que iamais homme ne fe faoullaft de le regarder. Et fembla a Gérard que il tenoit fa femme par les deulx bras que luy aydoit a porter fon fais fur la montaigne. Quant Gérard eut bien tout ce regardé il fut tout confus, & fe repentit moult de ce qu'il eut oncques eu malle fufpetion de fa femme : & luy démentant s'en reuint coyement coucher en fon lict. Et ne demeura gueres après que ma dame Berte s'en reuint en fon hoftel & en fa chambre, cuydant que perfonne ne fceut riens de fon fait. Gérard quant il la veit feulle en fa chambre fe leua & humblement luy crya mercy, & luy racompta les chofes deffus dictes ainfi comme elles furent ad-

uenues. La bonne dame qui de ce tlit toute esbahye regracia Dieu de Thonncur & de la noble vifitation dont il eut vifitée, & pria a fon mary qu'il oftaft fon cueur de toutes mauluaifes penfées^ fi comme il fift, car oncques gens de tel eftat ne menèrent plus faincte vie ne plus deuote qu'ilz faifoyent. Aduint encores ung aultre miracle fur ces deux fainctes perfonnes tandis qu'ilz ediffioyent l'eglife de Poytiers : car comme eulx deulx enfemble portoyent ung iour fur leurs cfpaulles une feille plaine d'eaue pour employer es ouuraiges d'icelle eglife , ai n fi comme ilz auoyent de couftumc & que Berte alloit deuant & Gérard qui plus fort eftoit alloit derrière , l'ennemy de humaine créature ayant grand defpit de veoir telle humilité de telz gens par fon mauluais art fe mift entre eulx deulx & fift cheoir & tresbucher ma dame Berte , mais Dieu qui eft touiours auec fes amys luy fift fi belle grâce que elle ne fut point blecée. Et qui plus eft une fcuUe goutte d'eau ne ref|")andit de la feille, car l'ange de Noftre Seigneur fouftintle tinel iufqucs a ce que la bonne dame fuft releuée & puis il luy remift le tinel fur fon efpauUe & elle parfift fon feruice en regraciant Dieu de la grâce qu'il leur faifoit. Ce miracle veircnt appartement tous ceulx qui furent en celle place : si en rendirent tous grâces & louenges a Noftre Seigneur, car

adonc de tant plus s'enforccrcnt Gérard & fa femme de bien faire. Ung aultre miracle aduint une foys a Gérard auant qu'il fuft charbonnier, comme dift eft cy-deffus: qui fut tel que a une nuyt de la Natiuité Noftre Seigneur, comme il eftoit couché de cofté ma dame Berte il fut très fort tempté du péché de la chair : car comme plus eft la perfonne bonne & le temps fainct tant plus s'efforce le dyable de la decepuoir. Ainfi doncques a telle faincte nuyt Gérard voulut fa voulenté charnelle acomplir auec ma dame Berte. Mais celle qui en fuft tout esbahye luy remonftra qu'il eftoit trop bonne nuyt & qu'il n'appartenoit point de faire celle ocuure a telle nuyt : Gérard luy dift qu'il conuenoit qu'elle le fouifrift. Elle qui ne penfoit a nul mal luy difl que non feroit. Dont dift Gérard , yray ie quérir une aultre pour trouuer mon aduenture. Et celle lui dift que bien luy plaifoit : car elle n'eufl iamais cuidé quife fuft meffait. Mais par fubiection du dyable Gérard fe leua d'en cofté fa femme , & s'en alla coucher auec une des chambrières de fa femme auec laquelle il acompht fa mauluaife voulenté. Or aduint quant on fonna matines que ma dame Berte fe leua & s'en alla ouyr le feruice diuin. Et lors qu'elle fut en fon oratoire comme celle qui bien fçauoit ou fon mary fut allé commença de tout fon pouoir a prier Dieu deuotement qu'il voulhft fon mary

enluminer de fa grâce & luy donner vraye congnoilfance de fon péché. Sa prière fut ouye de Noftre Seigneur qui nul ne oublie qui de bon cueur a luy fe retourne : car quant vint a l'heure qu'on fonna la meffe de mynuyt Gérard commença a penfer a Ion péché &en penfant fe print a foy repentir tresamerement & a plourer fondamment. Et en icelie contrition fe leua pour aller a feglife , il fe reputa indigne de y entrer en tel eftat comme il eftoit. Si s'en alla derrière ung pillier au dehors de l'eglife, auquel lieu il fe agenoilla en priant Dieu deuotement & a grant pleurs & gemiffemens qu'il luy voulfifl fes péchez pardonner. Si l'en prioit de bon cueur, auffi faifoit la ducheffe de tout fon pouoir : & lorfque fheure aproucha qu'on deuoit commencer la meffe de mynuyt ma dame Berte s'endormit par la voulenté de Dieu, & luy aduint fi toft qu'elle fut endormie que l'ange de Dieu tant cler & tant refplendiffant que a merueilles fe apparut a elle & luy difl; qu'elle fe confortafl & qu'elle ne plourafl: plus & qu'elle s'en allaft en ung tel lieu derrière ung tel pillier, & que la elle trouueroit fon mary Gérard de Rouffillon plourant& gemiffant pour fon péché & qu'elle luy difl: que Dieu luy pardon noit fon péché fi tofl comme il l'auroit de bouche confeffé a ung preflre. Apres celle parolle l'ange s'efuanoyt & la ducheffe s'efueilla& s'en alla prefente-

ment au lieu ou lange luy auoit difl , la ou elle trouua fon mary en pleurs & en gemiflemens , le reconforta doulcement, & luy dift & raconta fa vifion & les paroUes que fange luy eut dictes : & lors monfeigneur Gérard ioyeulx de fi noble vifitation fe gecta a genoux & regracia Dieu humblement de la grâce qu'il luy euft faicte & puis il fe leua & entra en f eglife. Et lors en grant contrition de cueur il confeffa a fon preflre fon peché^ & puis bien & deuotement ilz ouyrent le feruice diuin & magnifièrent Dieu de tout leur cueur pour la belle grâce que a celle faincte nuyt il leur eut cnuoyée en les deliurant du feruaige de f ennemy d'enfer, & ne futoncques defpuis heure qu'Uzn'en euffent Dieu en plus grant amour & reuerence & qu'ilz ne le doubtaffent plus a courroucer. Ainfi doncques par ceft exemple ne fe doit nulz deffier de f infinie mifericorde de Dieu, car la pitié de Dieu eft trop plus grande que nul quelconque iniquité. Et auifilalongueffe du temps ne reconfiUe point le pénitent a Dieu, mais feullcment la clere & la vraye contrition du cueur , laquelle eft parfaicte par vraye fatitfaction.

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Cy Jifl cdumeiu Gérard de T{oujfiUon & ma dame 'Berte Ja femme trefpajj'erem de ce monde mortel Tuis parle daulcuns miracles qui lors aduindrent par leurs mérites. CHAPITRE XXllll.

;PR ES que ces deulx fainctes perfonnes monfeigneur Gérard & ma dame Berte ,.é^^^^ eurent fondé & acomply les ouuraiges des eglifcs dcffus déclarées , & qu'ilz eurent fait tant de biens & en tant de manières que Dieu & le monde en deuoyent eftre contens , il pleut a Noflre Seigneur de les rémunérer de leurs labeurs & de les prendre auec luy en fa gloire : car affez toft après ces chofes acomplies ma dame Berte plaine de bonnes oeuures, garnie de tous les facremens de faincte Eglife, rendit fon ame a Dieu fept ans auant le trefpas de Gérard fon mary : fi fut moult plaincte & regrettée & fut enterrée en l'eglife de Poytiers moult honnorablement. Apres le trefpas de ma dame Berte monfeigneur Gérard vcfquift chaftemcnt fept ans, & au chief de fept

ans, luycftant en la cité d'Auignon, il accoucha malade (Sccongneut que fa fin approchoit, ôclors il manda fcs amys, & leur dift que Dieu le appelloit pourluy rendre la debte de nature humaine, en leur priant qu ilz luy vouKîffent promettre que fi tofl qu'il feroit trefpaflé ilz feroyent fon corps en- TepuelirSc porter en Feglife de Poytierspourle enterrer de coflé ma dame Berte fa femme : ceulx luy promirent qu ilz le feroyent voulentiers , mais il ne fut pas content de ces fimples promefles , ains les fifl: tous iurer que ainfi le feroyent. Apres lequel ferment ainfi fait il print congé a eulx tous f ung après l'aultre en foy recommandant a leurs prières & oraifons : & puis quant il eut bien receu & deuotement les facremens de faincte Eglife, il rendit fon ame a Dieu Fan de Noftre Seigneur viij cens iiij xx& x. Si fut moult plaint. Et puis les euefques & les abbez & les nobles hommes qui par leurs fermens eurent promis de porter le corps en feglife de Poytiers le firent enfepuelir tout entier & mettre fur ung chariot pour le porter en la dicte eglife : mais quant le commun peuple fceut qu'on vouloit ce faire ilz s'en vindrent tous efchauffez & en grant nombre au lieu ou ilz eftoyent affemblez , & leur dirent que nullement ilz ne fouffreroyenteftre defpouillez du precieulx corps de leur bon feigneur, & que fe plus auant ilz le portoyent il leur en prendroit mal : car ceulx

qui doublèrent la tureur du peuple fans gueres plus regarder a ce que par lerment ilz eurent promis a leur bon feigneur obtempérèrent aux parolles du peuple & defchargerent ce fainct corps & l'enterrercnt bien & notablement en la grant eglife de la cité d'Auignon en laquelle il fut pour Fefpace de fept ans entiers. Mais Noftre Seigneur qui vouloir que la voulenté du trefpaffé fut acomplye enuoya celle malédiction au pays que en tous lefdictz fept ans il ne cheut goutte de pluie ne de rofée & fift tant fec qu'il n'y creut ne bled ne auoine , les arbres ne portoyent nulz fruitz & tant de gens que fans nombre moururent de fain & de pertinence : pour laquelle caufe les gens de TEglife confiderant que Dieu fe fut courroucer aux habitans de celle contrée & ne fçauoyent pourquoy, firent prefcher la ieufne de troys iours & proceffion generalle au troyzieme iour affin que Dieu par fa grâce leur voulfift reueler pourquoy il leur enuoyoit celle malédiction. La ieufne faicte&acomplye, quant vint au tiers iours d'icelle tandis que la proceflion fe falloir bien & deuotement, Noftre Seigneur le vifita de fa grâce : car il enuoya fon fainct ange a ung reclus qui demouroit en la cité, lequel ange dift au reclus qu'il s'en allaft en l'eglife ou la proceffion eftoit arreflée & qu'il dift a l'cuefque & a tous ceulx de la proceffion que Dieu vouloit qu'ilz fceuffent que lamais celle

peftillcnce ne malédiction ne leur cefieroit lulqucs ilz auroyent reporté le corps fainct de Gérard de RoulTillon au lieu ou en fon viuant il auoit cslcu la fepulture.

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Cy di/f comment le corps f ai nâ de Gérard fut tranjlaté en l" abbaye de Toy tiers la ou il fut enterré de cojié ma dame fainâe 'Ber te fa femme. Tuis parle iTaulcuns miracles qui aduindrent illecques par leurs mérites. CHAPITRE XXV.

ES nouuelles ouyes, ilz commencèrent tous par vraye deuotion a regracier Dieu de ce que ainfi il les auoit vifités. Et lors a grant honneur & reuerence ilz allèrent dcfcouurir le fainct corps qui fept ans entiers geut en ce lieu , & le trouuerent odourant treCfouef & tout entier. Et Teuefque le leua & l'enueloppa en ung net cendal, & puis ilz le mirent en une noble chafie & riche & le mirent en ce point fur une lictiere , & le menèrent a grant honneur (Sciubilationiurques a Teglife de Poy tiers, dont quant ilz approchèrent du lieu Tabbé & le clcrgié ôc tous les nobles 6c le peuple du pays enuiron vindrent a torches&a banicresen notable proccffion a l'encontre du corps fainct & le rcccurcnt & le portèrent a Icglifc en chantans grâces

& loenges a Noftre Seigneur, & Tenterrcrent en ladicte eglife de Poytiers en ung noble farcuz moult riche & bien entaillié, au plus près de ma dame Berte Ta femme. Quant le feruice diuin fut acomply chafcun s'en alla en fa place en rendant grâces a Dieu de Thonneur que leur euft fait & de leur donner telz interceffeurs au ciel, ayant efperance de Dieu que par le mérite de ces deulx fainctes perfonnes Noftre Seigneur exaulceroit leurs prières & que tout le pays en vauldroit mieulx. Et lors fut mis par efcript toute leur vie, leur conuerfation & leurs faictz, & furent gardées leurs légendes en ladicte eglife de Poytiers longtemps après leurs trépas. Mais aulcuns temps après ladicte eglife fut arfe & deflruycte par aulcuns incredullcs 6c mauluais tyrans : fi que entre les aultres chofes de leans ces regiftres furent tous ars , pourquoy a très grant peine Fen a defpuis recouuré leur légende, & non pas fi ample qu'elle euflefté par auant qu'elle fut arfe. Toutesfoys l'en trouue encores en aulcunes hyftoires aulcuns miracles que Noftre Seigneur a faitz par les miracles de monfcigneur fainct Gérard : dont entre les aultres en a ung tel que s'en fuyt. Ung paralitique fut a Poytiers tant débilité qu'il ne fe pouoit fouftenir fmon fur deux potences, & a très grant peine pouoit il aller iu(ques a l'cglife. Toutesfoys il y alloit voulen tiers

&i par grant dcuocion , priant Dieu dcuotcment que par les mérites de monfeigneur faincc Gérard il le voulfift regarder en pitié. Ung iour vint qu'en celle mefme deuotion il alla a Teglife de Poy tiers. Et lors ainfi qu'il paffa de cofté les cordes des cloches de l'eglife il les print & les commença a tirer, & luy sembloit que les cloches tiroyent contre luy : dont il eut grant merueilles, car en ce faifant il fe bleçoit. Mais lors tout a coup fcs nerfz fe recommencèrent a mettre a point & tellement que tout foudaincment il fe trouua guary & getta fes potences a terre & s'en courut au tombeau de monfeigneur fainct Gérard, en le remerciant de la grâce que Dieu par fes miracles luy eut envoyez. Pour lequel miracle plufieurs malades de diuerfes maladies vindrcnt par dévotion a féglife de Poytiers pour auoir le fuffrage de monfeigneur fainct Gérard , & aduenoit fouuent que en tyrant les cordes des cloches de leans ilz efloyent tout foudaincment guaris. Et tant en y eut de guaris en ce temps que ce fut une grant merueille : car nul n'y venoit en parfaicte foy qu'il n'en reportaft pleine guarifon par le mérite de monfeigneur fainct Gérard & de ma dame Berte fa femme. Aduint une foys entre les aultres que ung conte de Bar fur Aube qui fut ung mauluais tyrant & grant larron, fe acompaigna de plufieurs larrons & pillards & s'en

vint a Teglifc de Poytiers & commença a robber & pillier & a mettre a mort hommes & femmes fans nulle pitié. Et lors par plufieurs gens de la ville veans leur malle aduenture s'en fuyrent & s'en retrayrent es tours des eglifes & y apportèrent de leurs biens ce qu'ilz en purent fauluer. Quant ces pillars virent ce ilz allèrent a l'cglifc par grant fureur, & commencèrent a ferir & a hurterauxportes pour tout abatre. Adonc les femmes qui leans eftoient venues a reffuge voyans que on ne pouoit l'eglife deffendre contre ces mauluaifes gens commencèrent a cryer : Haa noble Gérard de RouffiUon noftre bon duc, hafte toy de ton peuple ayder orendroit, car il eft heure. Et lors incontinent le dyable d'enfer print trois de ces larrons & les commença a tourmenter tellement qu ilz uloyent comme beftes mues ôcvouloyent leurs compaignons eflrangler pour la grant douleur qu'ilz fentoycnt. Quant leurs compaignons virent le miracle ilz eurent tous (1 grant paour que oncques puis ilz n'y oferent arrefler, ains s'en fuyrent tous qui mieulx fuioyt. Et lors ceulx de la dedans s'en allèrent deuotcment au tombeau de monfeigneur Gérard rendre grâces & louenges a Dieu ôc au glorieux confes.

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Cy diji comment ung euejque de Langres nommé T^gnard dejiruyfn & gajla la ville & leglife de Toytiers. Tuis parle d'aulcuns miracles qui aduindrem au temps de lors. CHAPITRE xxvi.

NG euefque fut en la cité de Langres nommé Regnard, & a bon droit fut fon nom tel, car il fut decepueur & plain de malice. Ceft euefque neanlmoins eftoit de nobles gens & de tant fut il plus orguillcux, fi que pour caufe de fon orgueil il eut en grant defpit ce qu'il veoit a feglife de Poytiers eftant en fon diocefe en grande profperité <5c reuerence pour les miracles que fouucnts'y faifoyent, & lui vmt en voulenté de deftruyre la ville de Poytiers & le monaftere. Pource mesmemcnt que celle cglife eftoit exempte de luy & de tous aultres cuefqucs , & qu'elle ne fortifibit fmon a fcglifc de Romme : & pour ce que par voyc apperte il n'cuft peu prendre la ville qui eftoit lors fermée de bi)ns pallis & de bons foffez , il faingnit une

fois qu'il y vouloir aller par grant deuotion & affembla ung grant nombre de gens d'eglife & d'aultres gens : mais il les fift tous armer deffoubz leurs habis, & puis a manière de proceffion a croix & a banieres ilz s'en vindrent tout chantant & entrèrent en la ville de Poytiers & en Teglife, car nul ne sçauoit la mauluaiftié qu'ilz penfoyent, mais fi tofl: qu ilz virent leur point, ilz ofterent leurs manteaulx & tirèrent leurs efpées & coururent fus aux hommes & aulx femmes & firent tant qu'ilz furent maiftres de la ville & de l'eglife : & puis ilz pillèrent la ville & l'eglife & n'y laiflerent riens : puis y boutèrent le feu au demeurant, tellement qu'en la ville n'en l'eglife ny demoura riens d'entier que tout ne fut ars ne brullé. Apres lequel mefchief l'abbé & le conuent s'en allèrent a Romme & fe complaignirent au Pape de l'oultraige a eulx faicte par Regnard l'euefque de Langres. Le Pape qui pitié en eut manda l'euefque de Langres venir a Romme ou il alla bien enuis : toutesfoys quant il fut venu le Pape le priua de fa dignité & ne la luy voulut oncques plus rendre iu^ques a ce qu'il auroit reftitué a l'abbé & au conuent de Poytiers tous les dommaiges quileur eut faitz & que furent contens de luy : mais toutesfoys l'eglife ne fut oncques puis fi belle qu'elle eut efté par auant & par efpecial le cloiftre. Et aduint par la ruyne

•43 que y tut lors qu'il y cheut une gmnt pierre fur le tombeau de fainct Gérard <5c y fift un fi grant trou qu'on veoit par ce trou le corps de fainct Gérard , & fut acouftumé par les malades de la entour de venir le corps fainct regarder par ce trou en bonne foy & deuotion , & ilz recouuroyent pleniere fanté de quelconques maladies qu ilz fuffent malades : & ainfi que entre les bons en a toufiours de mauluais il en y vint une iournée lequel eflant en bonne fanté de corps fe commença a mocquer de ceulx qui par deuotion regardoyent par ce trou le corps de monfeigneur fainct Gérard, & luy mefmes y voulut regarder non pas par deuotion mais par mocquerie, & lors foudainement il perdit fa veue & fi entra le dyable en fon corps & le tourmenta trois iours & trois nuytz fans ceffer, tellement que tous ceulx qui le veoyent en auoyent pitié. Adonc labbé & le conuent ayant pitié du malheureux prièrent Dieu deuotement affin que par les mérites de monfeigneur fainct Gérard il le voulfift regarder en pitié : fi aduint que par leurs prières & d'aultres plufieurs le malheureux fut guary & confeffa fon péché & crya a Dieu mercy & a monfeigneur fainct Gérard, pour lequel miracle furent grâces & louenges rendues a Dieu & a monfeigneur fainct Gérard a grant joye & iubilation. Aultres plufieurs miracles fiil: Noflre Seigneur en l'eglife

de Poytiers par le mérite du noble contbs monfeigneurGerard deRouffiUon, & aufli en y aduint plu fleurs parle mérite de la glorieufe dame faincte Berte la femme.

Cy parle d aulcuns miracles aduenus en l eglife de Toytiers par le mérite de ma dame fainéie 'Berie iadis femme & elpoufe de monfeigneur Gérard de

T{oujflllon. CHAPITRE XXVIl.

3^ N V I R O N Tan mil xlj regnanz Philippe filz de Henry au royaulme de France, l"^ une femme pouure de fanté corporelle demeurant en la ville de Poytiers eftoit tant débilitée de tous fes membres que a très grant peine elle Ib pouoit porter ne fon corps fouftenir : toutesfoys elle alloit iourneUement a Teglife aorer & prier fur le tombeau de ma dame Berte , affin que Dieu par le mérite d'icelle la voulfift guarir, & comme elle eut longuement perfeuere en cefte manière d'oraifon & par plufieurs iours & que a chafcune fois elle y eftoit defpuis le matin iufques aux vefpres : aduint ung foir que elle en eftoit retournée fi fe trouua tant laffe que plus ne pouoit , & lors pour foy repofer elle fe getta fur fon lict en difant : Haa beau fire Dieu fecourez moy & me vueillez fanté donner. Et vous ma dame faincte Berte ma princeffe,

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vueillez Dieu prier pour moy tellement que par voftre mérite ie puilTe ma lanté recouurcr. Quant cefte femme eut ainfi prié & qu'elle fut fur le point de foy endormir, il luy fembla qu elle veit vifiblement la faincte princeffe ma dame Berte aller deuant Noftre Seigneur & luy prier a genoulx doulcement qu'il voulfift a celle femme donner fanté. Et luy fembla que Noftre Seigneur luy refpondit qu'elle fift la glorieufe Vierge Marie venir deuers luy pour l'en prier & il le feroit a la prière des deux. Adonc ma dame Berte alla quérir la Vierge Marie & l'amena deuers Noftre Seigneur & luy prièrent elles deux pour la fanté de celle femme & Noflre Seigneur & luy dift que bien luy plaifoit. Et lors la glorieufe Vierge s'en vint a celle femme & luy dift qu'elle fe leuaft & qu'elle s'en allaft au tombeau de la princeffe luy rendre grâces & louenges de fa fanté que par fon mérite elle eut recouuert. A celle paroUe la femme fe trouua toute nette guaric & fe leua incontinent & s'en courut toute guarie a feglife. Elle la fift ouurir & s'en alla au fepulcre de faincte Berte en luy rendant grâces ôc louenges du bien que par fon mérite elle eut recouuert. Et ce difoit elle fi hault & fi cler que chafcun foyoït, & les moines mefmes & plufieurs aultres gens qui la congnoiffoyenten furent tous esbahys. Si firent fonner les cloches & chante-

rcnt Te Deum Liudiimus , <Sc rendirent grâces &. louenges a Dieu deuotement qui telz patrons leur auoit donnez. Aduint une aultre foys que le fccretain de Tabbé de Poy tiers, qui très grant dévotion avoit a ma dame laincte Berte , alloit chafcune nuy t a ion tombeau aorer & prier deuotement. Et comme une nuyt il y eftoit ilveitvifiblement entrer en Teglife nonobftant que les portes fuffent clofes une noble compaignie de fainctes âmes moult cleres refplendirfant , lefquelles s'en allèrent en belle ordonnance iufques au grant aultel de l'eglife, & lors ainlï comme elles turent venues il veit une aultre perfonne en femblance de femme la plus clere & la plus richement aornée que on fçauoit penfer : laquelle a dextre de deux anges s'en vint ouyr le feruicc diuin que faifoyent illec les fainctes âmes en louenges & en chanteries moult deuottes & ioyeufes. Lequel feruice fait & acomply celle faincte femme amfi acompaignée comme dit eft & les fainctes âmes après elle en manière de procelïion s'en vindrent vers le fepulcre de ma dame Berte : &i lors ainli comme elles fe approchoyent elles demandèrent a celle noble femme qui eftoit ce preudhomme qui ainfi les veoit de fes yeulx corporelz, & elle leur refpondit qu'il eftoit ung lien parfait amy & feruiteur en priant que Dieu le voulfift benir & fauluer. Quant le preud-

homme eut ces motz ouys & entendus il pria a iointes mains a celle noble dame qu'elle luy voulfifl: dire qui elle efloit : elle lui refpondift doulcement qu'elle efloit Berte iadis ducheffe de Bourgongne laquelle tu fefloyes nuyt & iour. Et fi tofi: comme elle eut ce dit elle s'efuanouyt. Auffi firent toutes les âmes qui la efioyent. Et le preudhomme demoura tout confollé de li noble vifion, & le racompta le lendemain au plus matin aulx religieux de leans qui en rendirent grâces & louenges a Dieu. Ne demoura gueres après que le preudhomme trefpafia, & fiit fon ame par les anges portée en paradis par le mérite de ma dame faincte Berte iadis princeffe de Bourgongne. Encores pour mieulx veriffier la faincteté de monfeigneur Gérard de RouIIillon & de ma dame faincte Berte fa femme : ung reclus de Bourgongne racompta a plufieurs gens après le trefpas d'iceulx deux coniontz, car en leur viuant ne voulut oncques reueler que des leur viuant ôc au temps qu'ilz fondèrent ces notables eghses, que icelluy reclus fut par fon ange rauy & porté au ciel, la ou il veit tant de notables lictz & tant richement parez que ung homme ne le sçauroit penfer & que entre les aultres il en veit deux tant beaulx & tant riches que c'eftoit merueilles a regarder , & que pour la merucille qu'il en eut il demanda a fon ange de quoy ces

lictz leruoyent & par cfpccial ces deux qui tant bcaulx eftoyent. Son ange luy refpondit qu'ilz cftoyent appareillez pour les bons amys de Dieu qui leaulinent le feruoient en ce monde, & que ces deux plus efpeciaulx eftoyent appreftez pour Gérard conte & duc de Bourgongne & pour Berte fa femme. Par ces miracles cy & aultres plufieurs nous devons bien croire que confideré les fais de monfeigneur Gérard, iacoit ce qu'il ne commençaft pas bien en fa ieuneffe les oeuvres méritoires dont vint a perfection, toutesfoys quant il vint en aage de difcretion il fifl tant de biens qu'il en acquifl le royaulme du ciel. Si prierons le benoift confes monfeigneur fainct Gérard de Rouffillon & ma dame faincte Berte fa femme, que par leurs benoifles mérites & interceffions il leur plaife nous impetrer le benoift repos après cefle mortelle vie, lequel lieu Noftre Seigneur lefufcrifl; a appareillé a ceulx qui fes commandemens acompliront.

Cy finijl thyjîoire de monfeigneur Gérard

de T^oufflllon iadis duc & corne

de 'Bourgongne &

doicquiiaine .

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