‹ Gerard de Rovssillon. S'ensvyt l'hystoire de monseignevr Gerard de Rovssillon, iadis dvc et conte de Bovrgongne et d'AcqvitaineChapitre 15 sur 21 · COMPTE RENDU · texte numérisé non relu

COMPTE RENDU

dî:s événements

Qui se sont passés a Lyon depuis l'ordonnaîs'cb

ROYALE DU 5 SEPTEMBRE 1816 JUSQu'a LA FIN

d'octobre de l'aknÉe 1817.

Jl/epuis deux nus on ne cessait de présenter le département du Rhône comme un foyer de conspiration. Là, disait-on chaque jour, se préparaient les tempét s fpii devaient encore une fois bouleverser la France ; là , se forgeaient les foudres qui de nouveau embraseraient le monde. Le 8 juin 1817 , une horrible catastrophe parut destinée à juslîTîer ces bruits si long-temps propat^és. En effets le sang répandu en divers lieux par la hache fatale^ et le régime de terreur par-tout adopté, semblaient trop attester la gravité du crime et le nombre des coupables. Gepend ant , au milieu de ces scènes d'horreur , des rapports contradictoires font naître des doutes graves sur Texistence de la prétendue conspiration , sur la justice des rigueurs dont tant de citoyens sont frappés ; et bientôt on se demande , avec effroi , si c'est parmi les accusateurs ou parmi

les TÎcliiiîes qa il faut cliercher les vérilaLIcs criminels î ^

M. le Jiic Je Raguse est envoyé sur les lieux pour cclaircir ce déplorable mystère. Sa pénctralion , sa justice et son zèle pour le bien de son pays , le font triompher d'une foule d'obstacles. A travers les nuai^es dont s'enveloppait la vérité , il parvient à la saisir presque toute entière , et n'hésite point à la dire. Eclairé par ses rapports, le gop.vernements'empresse de confirmer ou d'adopter des mesures dontreiïlcacilé a rendu le calme aune nombreuse poj)uîalion , et l'a mise pour l'avenir à l'abri du retour des malheurs qui venaient de l'accabler.

Ces mesures ont été attaquées par certains hommes avec la fureur d une faction qui aurait vu déjouer ses projets et détruire son ouvrage. On ne s'en est pas tenu long-temps à d'obscurs pamphlets , à de séditieux propos ; bientôt, sous divers prétextes , la tribune nationale a setvi d'éclio à d'éclatans reproches.

Alors le colonel Fabvier mis à portée , par ses fonctions d'apprécier les faits qu'il voyait dénaturer , ainsi que les intentions des hommes calomniés avec si peu de ménagement , cédant à un mouvement d'indignation , a dit hautement dans l'in^ térét de la vérité et de la Justice , comme dans l'intérêt de son chef, ce qu'il avait appris et vu pendant son séjour à Lyon.

?resf|ae tous les fonctionnaires placés dans cette ville à la Icte de l'autorité, à cette fatale époque > ont cru devoir publier des justifications.

Mais, loin de se bomcr au soin de se défendre^ plusieurs d'entre eux se sont montrés fidèles à la lactique du parti qui les avoue pour ses défenseurs j et, d'accord sur ce point avec les misérables libelles dont les calomnies ont engagé cette lutte , c'est par de perfides insinuations , par des agressions ouvertes contre moi, qu'ils ontcbercbé à repousser les traits soi-disant diiigés contre eux. Etrange aveuglement ! Ils veulent qu'on s'étonne et qu'on s'indigne de voir soupçonner des fonc-i tionnaires publics d'avoir excité des troubles factices , dans l'objet de servir leur ambition et leur parti; et, tout en se révoltant contre ce qu'ils appel- Jent fabsurdité et l'atrocité de cette supposition, ceâ înémes bommes ne craignent pas d« présenter' comme un véritable conspirateur, comme l'infâme complice de misérables qui auraient voulu renverser* le gouvernement et faire au sein de la France une liorrible boucberie , un autre fonctionnaire dont la conduite donne de solides iraranties de son amour pour son roi et pour son pays , et de son zèle pour le maintient de Tordre. Par cette odieuse récrimination n'ont-ils pas travaillé , eux-mêmes , à affaiblir ce que l'énormilé de l'attentat jiouvait prêter d'invraisemblance à l'imputation dont ils proient avoir besoin de se défendre ? Et la France ,

dt'Sormais éclairée par des accusalioDS contradictoires sur l'existence réelle d'une machination infernale pour entraîner à la révolte de malheureux culîivateurs , ne semble-t-elle pas devoir rechercher si ses malheurs doivent être attribués aux perfides provocations des machinateurs , ou à linfàme coopération de celui qu'ils calomnient ?

Quoi qu'il en soit , ils m'auraient ainsi fait un devoir de rompre le silence dont le gouvernement m'avait imposé l'exemple , quand même des intérêts supérieurs à celui de ma défense ne m'en eussent pas déjà fait une loi. Ce n'est pas lorsque le voile , dont les événemens de Lyon furent couverts pendant quelque temps, est en partie soulevé, qu'il peut être permis de se taire à celui dont les fonctions ont mis sous ses yeux les faits tels qu'ils êe sont passés, en lui donnant les moyens d'en recueillir les preuves. Désormais il ne s'agit plus de celer la vérité pour éviter un scandale, mais de dire ]a vérité toute entière, pour faire cesser le scandale d'une lutte qui laisse fopinion dans une incertitude pénible et dangereuse.

Il s'agit de venger une ville , un département long-temps calomniés ; de remettre les choses et les hommes à leurs places ; de signaler où sont les dangers , où se trouvent les garanties pour le repos de la France; et enfin de montrer à l'Europe que le gouvernement Français , qui , au travers d'innombrables obstacles , a trouvé notre salut et

(5) sa véritable force dans la direction tracée par Totdonnance du 5 septembre et la loi sur les élections , doit inspirer à tous les amis de l'ordre, comme à tous les gouvernements, la sécurité dont il jouit lui-même.

Je parlerai donc sans me mettre en peine des clameurs , de la colère, et des nouvelles calomnies de ceux dont mes révélations pourraient blesser les intérêts. Que m'importent des ennemis personnels , s'ils cessent d'être dangereux pour la cbose publique ?

Déterminé à assurer le trîompbe de la vérité; je me bornerai à citer des faits constatés par des pièces ofiicielles; je rejetterai sans balancer les documents particuliers, les rapports, les confidences, et toutes les notions dépourvues d'un caractère suffisant d'autbenlicité, Je ne m'aiderai mêigie pas des lumières que le gouvernement a acquises sans moi, et dont il doit seul disposer dans sa sagesse. Aucime de ces concessions ne nuira à févidence, et le public n'aura point à les regretter.

Il serait difficile de bien apprécier les événements dont je vais rendre compte, si, avant de les examiner en eux-mêmes , on ne se représentait pas les circonstances politiques dont ils ont été précédés, et au milieu desquelles ils ont pris naissance.

Je me propose donc de rappeler en peu de ^ mots l'état de la France et de Lyon , au moment

'^e l'ordonnance dîi 5 sejDlembre 1816, et Ve(îct produit par cette grande mesure de salut public.

Je piirlcrai ensuite des agitations dont le département du Rhône a été le théâtre , à partir de cette époque jusqu'au S juin luij.

Un chapitre sera consacré à l'examen des inouvements qui ont éclaté ce jour-là.

Enfin je rendrai compte des suites et des. résultats de cette déplorable journée, jusqu'à ia im de la mission de M. le duc de Raguse.

Par ce simple exposé , la question grave (jaii agite les esprits se trouvera résolue ; on connaîtra îes véritables causes des événements de Lyon , et chacun pourra facilement déterminer la part «le blâme ou d'éloges méritée par ceux qui ont éié. «ppelés à y jouer un rôle.

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