‹ Gerard de Rovssillon. S'ensvyt l'hystoire de monseignevr Gerard de Rovssillon, iadis dvc et conte de Bovrgongne et d'AcqvitaineChapitre 21 sur 21 · PLACE DE LYON · texte numérisé non relu

PLACE DE LYON

Bon pour cent mille cartouches, à balles d'infanterie., à prendre a l'arschal de Lyon , en vertu de l'ordie donné par ^L'lie lieuie^aûtj gênerai Piuhod , pour dix mille hommes armés j

C 19) Savoir:

Cartouches à balles d'infanterie , pour dix mille hommes armés , à raison de dix par hommes , ci xoo,oo3

A Lyon , le i8 juin i8i$.

Vu par le li:utenant-gcnéral commandant la 19e division militaire , gouverneur de la ville de Lyon ,

Signé R. DULAULOY.

Pour et par son ordre , le chef de l'état-major ,

• Signé ROUSSET.

Vu par le lieutenant-général commandant la garde nationale de Lyon ,

Signé PUTHOD.

« Je soussigné capitaine-adjoint à l'état-major de la garde natioî) nale de Lyon , chargé de l'armement , pjr arrêté du conseil d'ad- » miiiistration de ladite garde , en date de ce jour , ji juillet liJiS » i) autorisé par le susdit conseil et suivant les ordres de M. le colonel , » reconnais avoir reçu et retiré des mains de M. Dubreul , capitaiae- » adjudant-major , chargé , de l'armement de la garde oarionale » actuelle j

Savoir:

M Articles i , 2 , î , 4 » 5 et 6. ) Relatifs à divers objets d'arme- » ment et d'équipement. )

» Art. 7. Les reçus et pièces comptables pour nonante-muf mille n neuf cents cartouches , à compte de cent mille reçues à l'arsenal.

M Art. 8. Cent cartouches en nature , faisant le complément de cent » mille reçues par M. DubreuL

M Art. 9 , I o , 1 1 , 1 2 , I î , 1 4 , 1 5 , 1 6 et 1 7. ( Cohcernant égale- ») ment divers objets d'armemtnt et d'équipement. )

M Du tout et de chaque objet en particulier , je me charge et de- )) viens respoasablc envers i^aï de dioit comme ir^t^u *".l. Du-

I» breul (i) , au lieu et place duquel Je me mets , et lui en doim*» » pleine et entière décharge , comme complète libération.

» Lyon , le ji juillet i8m.

Sis^é MONDET , capitaine-adjoint à l'etat-maior. m

- - - Vu 1 autorisé et approuvé par nous mmnhret

du conseil d'administration.

Signé SiMÉoN BOISSTEUX , président dti conseil d'administration , chef du ler bataillon ; DUG'. F.YT , capitaine ; PERNOLET , lieutenant; A. BON- NET , sous-lieutenant ; François MON f A- LANÛ , sergent.

f^u par nous colonel commandant la garde nationale , Signé DE LA ROUE.

Lettre à M. Sainneville lieutenant de police,

Lyon , i6 juillet 1817.

Monsieur le lieutenant de police , j'ai Tlionneur de vous adresser des notes qui me parviennent de plusieurs côtés , et qui donnent *i'i' r^xisrence d'un complot à Tarare des renseignements assez détaillés.

Vous jugerez sans doute la chose assez importante pour envoyer à Tarare un commissaire de police , que \ous cliargcrei ch -uivre cette alFaire et de faire les recherches et les arrestations qui pourraient être nécessaires.

Veuillez agréer , monsieur le lieutenant de police , l'assurance de ma considération distinguée.

Le conseiller d'état ,

Sisné le comte de Chabrqi.

(i) Ce n'est pas 1^ seul sevvice (jne cet officier ait leiidu ;î la garde uatioiiale , eu nietl.iut le plus pfiaud ordre dans la conipial>;liie de r.>rliiemont el de réi]Llipfuiciil. AouS n'avons pas oubliés le zèle et l'ai-l.vilé «[u'il a luiii(i:ns montrés dan» les diver-. emplois ijui lui out etc roiifiés fie |) Il s Ho'ré Connatinn , et nous uuus laiaous u*» devoir de lui eu dyuftçr ici HU téxuoignfige autheuliiiue.

Ifotes sur la ville de Tarare , jointes à la lettre de M. le Préfet ^ d'autre part.

Tarare paraît aujourd'hui le centre'de la réunion des campagnes , et les agents de rinsuireccicii dans ce pays ont avjc Lyo.i des rapports SUIVIS.

Les principaux d'entre eux sont ; Lallcnand , Tabellion et Cabot , officiers en retraite ou à d.'mi-solde ; Bru.ici et Jacob , b' *.; hi^seurs i Pisrre et Loiibeau , médecris ,■ Martin, traiteur ; Tliivs,! , Ccl'etier ; Poucet le blanchisseur ; Alalatret , aubergiste ; Laco;e, ancien maître de poste ; Challoa, Diissy , Gondard , Dibonrg, fabricants do mousselines ; enRn un nommé Lyonnais , réfugié chci un nommé Brignol , jnenuisier.

Il paraît que Lyonnais , qu'on assure avoir été incarcéré il n'y a pas un an pour atîaires poliiiques , était à Lyon lors des derniers événemens. Il a reçu une lettre de Lyon , où on lui reproche d'avoir passé par Larbresle pour se rendre à Tarare , et où on lui recommande de se tenir bien caché pendant quelques jours j que les atîaires vont très-bien à Lyon , et qu'on lui écrira bientôt pour le mettre au courant de tout.

Il paraît que les réunions ont lieu à Tarare , chez Brunel , Martin et Thivel. On y a vu toute la correspondance écrite , tout le plaa du nouveau gouvernen^ent , et un grand nombre de cocardes tricolores et d'aigles i on y porte tous les jours de l'aigent.

Une visite rigoureuse faite chez c^s individus pourrait donner bien des lumières.

Les factieux assurent qu'il doit très-prochainem;;nt être frappé un coup décisif.

Jiapport du commissaire de police de rarrondissement de Fierre-Cise.

Lyon ^ le 15 juillet 18 17.

Le nommé Champagne , charron , natif de Paris,, agent secret de M. le général Canuel , est intimemeiit lié avec le sieur Malle:, garde champêtre de la commuiv.- de Sainr-Just , auquel il fait p:'.rfbis des conlidences. Il a dit à ce d-rnijr '.juM devait partir aii|ou>d'hui avec vingt séditieux , ponr aller joindre le gtoa de la L-ade a Ta-

rare , oii il dit être sflr qu'il doit y avoir , sous çeu , encore un mott-

veineiu , tout étant organisé pour l'cxjciiter bientôt. M. M »

capitaine de gendarmerie , lui a remis un tusil et de la poudre , parce qu'il avait dit être armé à ses prétendus camar.ides.

Cet homme est un bon.ipartiste très prononcé ^ qui fait , depuii- 18 mois, partie des conspirateurs , qui ont en lui beaucoup de confiance ; il est à môme de découvrir beaucoup de choses, et il ne trahit son parti qu'en considération des grands avantages que lui fait le général , et narce que les séditieux l'ont prévenu qu'Us ne feraient jamais rien s'il n'y avait quelques assassinat^S.

Il a rapporté au sieur Ma'let que le général lui avait dit que la moitié de la police pens^iit très-mal , et lui avait recommandé expressément de ne rien taire pour elle , et de ne rien communiquer à aucun de ses agents.

Aujourd'hui même , il a remis au sieur Mallet la poudre qui lui a été donnée par le capitaine M .... , et il lui a promis d'aller le trouver chez lui ce soir à 6 heures.

Le garde champêtre , qui se propose de faire à M. le maire le même rapport qu'à nous , s'est engagé à nous communiquer tout ce. qu'il apprendra sur Champagne.

signé ArNAUT , commissaire de police»

Nota. Ledit interrogé par le lieutenant de police de Lyon , a prêté le» réponses suivantes sur son premier interrogatoire.

Par-devant nous, lieutenant de police delà ville de Lyon, et cejourd'hui , dix sept juillet mil huit cent dix-sept, est comparu le sieur Pierre Fiévé , dit Champagne , maître charron dans la commune de Civrieux-d'Azergues , canton de Limonest , département du Rhône , que nous avons fait amener et que nous avons fait interroger de la manière suivante :

D. Qu'êtes-vous venu faire à Lyon î

R. ( D'un air embarrassé. ) Est-ce M. de Sainneville que j'ai l'honneur de voir ? Je suis venu vous voir il y a environ trois mois ; mais l'on m'a bien trompé ; celui que j'ai vu pour vous était bien de votro taille , mais il avait les cheveux et Iss favoris très-noirs.

P. Comment êtes- vous venu chez moi, à quelle époque et pouc quel objet ?

R. C'est Jacquet et Garlon qui m'amenèrent chez vous il y a environ trois mois, parce,;ue Jacquet, qui connaissait Garlon qui demeurait à Civrieux , et moi qui connaissais beaucoup Garlon , voi:à que Jacquet me dit que , si je voulais il allait me faire gagner de raigciU. Je lui demandai comment ; il me dit qu'il allait me faire

enrôler pour un parti pour ; que ce parti était celui des assom-

nieUiS , et que le nommé F/»mt.'t devait commander. U me dit : Si vous voulez venir chez M. d^* Sainneville, il vous fera parler au chef et vous serez là dedans, me dit Jacquet , pour rendre compte à M. de Saiiineville de ce qu'ils font, afin qu'il puisse avoir bien connaissance dj ce qu'ils faisaient. Voilà qu'un jour je venais chercher du fw'r chez M. Perret fils , et en traversant BcUecour , allant che^ madame la

tnarquise de Sarron pour laquelle je travaille , je rencontrai sur la place Jac([uet er Garlon , qui ir.e proposèrent de \eiiir chez ce M. de SainneviUe, er j'y vins avec eux. Us m'accompagnèrent jusque dans 4a cour, et ils parlèrent avec moi à M. de Sainne*ille , dans le vestituie de Pescalier \ il était vêtu d'un habit bleu court , de pantalon de nankin jaune et des boucles d'aigent aux pieds ; et je vois , à présent que je vous vois , que ce n'est pas vous et que l'on m'a trompé. J'ai raconté tout cela à M. le pretet, et je lui ai bien dit que si je vous voyais, je reconnaîtrais ce M. de Samneville j mais , par m,: foi , ce n'est pas vous; l'on m'a bien trompé, etc.

tt à la lin du dernier interrogatoire il lui a été adresse la qi'e-tiotl suiva:ite. — Ne vous rappelez-vous d'aucune autre cirsconsti.iice relative aux deux inconnus que vous m'avez signales dans votre premier interrogatoire ?

R- Non, monsieur, je vous ai dit tout ce que je savais à leur «gird.

Plus n'a été interrogé. Lecture à lui faite du présent interrogatoire , et des réponses par lui préitcs, et déclarées ictlles contenir vérité, y a persisté, et a signé avec nous, lc< jour, mois er an que dessus , ainsi que M. Marrut du Varm , commissuii;; de police , présent à cet interrogatoire.

Signé Sainneville , FiJÉvÉ et Marrut du Varin , commissuiie de pchce.

EXTRAIT de la cofie littérale d'une partie des rapports ( le reste étant d'un moindre intérêt , ) du nornuié Blanc , cgtnf st,.ret de M. le comte de Ckabrol , Prejet du département du Rhône ; lesquels rapports sont transmis sur un carnet où ledit Blanc écrivait ses opérations de police jour par jour,

( Mon entrée au service de M. le comte de Chabrol , préfet du département du Rhône , dit-il en commençant, date du i.er juin 1817.)

Dans son rapport du i6 juin il s'exprime ainsi :

Je suis parti de Lyon pour Ville-Franche , avec un ordre secret de M. le préfet du Rhône.

Dans celui du 27 juin.

Je suis arrivé à Ville-Franche le 16 au Soir. Je suis allé de suite prés M. le sous. préfet, à qui j'ai donné mon ordre secret. Il m'a vendu une circulaire pour MM. les maires de son arrondissement, afin de remplir ma mission.

Je me suis trouvé dans le besoin , il n'a donné zi francs.

Dans celui du zç Juin.

Je me suis rendu sur les lieux que je vous ai désignés. J'ai employé tous les moyens , afin d'en venir au but que je m'étais propoiéi mais

C 24 ) la clique ayant (disparu changé même de département , j'ai cru devoîl

chci'chti à m'occupera autre chose.

Je me suis donc mis diins le cas d'informer sur la marche de Gar* Ion. A force de recherche , le hasard m'a procuré sa rencontre ; j'ai cherché à me joindre à lui; mais , plein de méfiance pour tout ce qui se présente i\ lui, il a repoussé Nigourcuscment toutes proi'O-inons, €t m'a mCine observé, en me guidc-n: ma route à tenir, que j'aie à m'éloignei de lui.

Enhardi par la présence de quelques paysans , qui se trouvaient k 4 ou 500 pas de moi j'employai ma ruse , mon adresse et ma force contre lui. Je me garantis d'un furieux coup de bâion qu'il me portait. Je 1 étendis à mes pieds, je frappai de manière à le déconcerter Ou à le rutr, au hasard d'encourir réprimande 9 enfin, il se relève encore étourdi des coups que je lui ai donnes , me porte encore uii coup de baron , que je parai de mon mieux. Je me saisis d'un caillou; je le frappe à la figure , il vacille , il est prêt à tomber une seconde fois; mais la présence d'esprit lui revenant tuut-à-coup , et voyant les paysans accourir , il prend la fuite , se saisissant du pistolet dont il est porteur, et se sauvant à toutes jambes. Terrassé comme jel'ttais, écumant de rage de l'avoir manque , et souffrant horriblemeiit d'un l'urieux coup de pied que j'ai reçu au ventre, je m'acheminai près des paysans , qui me demandèrent le sujet de rotre querelle. Craig lanc «le rencontrer, quelques-uns de ses partisans ; je leur dis que c'était un assassin qui en voulait à ma vie , pour n.on argent. Je le suivis encore quelque temps de pas et de vue , il s'enfuyait du côté d'Ainbérieux , où j'ai appris qu'il avait dtux maisons où il se retire. Je me suis rendu à l'révoux , où j'ai fait ma déclaration à M. le préfet et à M. le lieutenant de gendarmerie qui , sur-le-champ m'a fait restaurer, pour me tirer du piteux état où j'étais. Il commanda sa brigade , sur le champ, et la Kt partir , lui en tête. Cette scène m'est arrivée près de Rioitiez , snr la route même d'Ambéiieux.

D'après ce que m'a dit le lieutenant de gendarmerie , je crois fortement qu'ils ne l'échapperont pas.

J'ai pris la diligence et me suis rendu à Lyon , où avec peine j'ai pu me rendre chez moi. Je me mis au lit samedi soir, et j'ai pris le parti de vous faire passer la présente par mon épouse , ne pouvant me rendre près de vous.

Je crache le sang , mais je crois que d'ici quelques jours je pourrai jouir du plaisir de vous réciter de vive voix notre combat , qui loin de me dégoûter de mon travail, ne me donnera que plus d'ardeur.

Tout ce que j'ai regretté, c'est de n'être pas armé d'un tranchant quelconque, j'en aurais été q'iute pour lui couper un jarret, et par ce moyen j'en aurais été le iriaîne.

Je l'ai designé sous son hauilieinent decotonne bleue rayée de blarrc, une grande veste et un pantalon large , et chapeau rond ordiîiaire , ayant une botte dans une jamue , et un soulier de l'aune pied. M. le lieutenant m'a dit qu'à la vérité il était blessé dans unt janibe iors de sa poursuite par la gendarmerie. Tout ce que je peux vous duc, que c'est un dangereux coquin.,,.,

Ddns celui au ji juillet. Garlon est paSsé dernièrement à Mionnet près Neuville.

J'ai vu Mey.... , cafetier à Neuville. Pr.... , chapelier. Ch...., marchand de tabac à Neuville. Bar.... , facteur. H...., père et fils, hameau des fours à chaux. D...., marchand de farine et de blé. Tar.... , excapiraine, à Neuville. L. Mich.... , de Neuville, ex-percepteur.

Je me suis transporté chez les nommés ci-dessusafin de tirer d'eux quelques renseignements. J'en ai obtenu ce que je désirais , et d'aprèf ce qu'ils m'ont dit, le rassemblement doit se faire sous peu de jours à(în de traiter sur leur sujet...

Les plus acharnés et dangereux de ce nombre sont Pr...., chapelier à Neuville, qui m'a assuré qu'il ferait ensorte, de concert avec ses camarades , de tenir des potences de prêtes.

Quant à D.... il m'a assuré que l'assemblée devait se tenir chez lui. Je vous le donne comme un homme extrêmement dangereux , car d'après ce qu'il m'a dit, i! ne parle plus que de couper les têtes , afin dit-il , de semer l'épouvante et pour donner exemple. J'ai donné avij îi M. le brigadier de gendarmerie, de l'assemblée qui devait avoir lieu, sur quoi il m'a promis d'y veiller avec la plus grande exactitude. Premier août.

Etant arrivé à Ville-Franche, j'ai pri's les informations qu'il convenait. Je suis parvenu à voir, à fréquenter ces mêmes personnes ;ilg tiennent assemblée tantôt chez Bruchet, tailleur, tantôt chez Peleti aubergiste. Ceux qui assistent à cette assemblée sont:

Sa...., avocat. Th...., avocat. An.,.., avoué. Ma...., aubergiste. C... aîné, négociant, enrôleur. C...., cadet, négociant. Dess..., sans profession. M , vétérinaire et aubergiste. R , tisserant fabriquant.

Desg...., sans profession. Bug...., clerc de palais. Der...., idem. V ,

fils aîné , notaire. P...., fils cadet , idem. Bev.-.., aîné , clerc de pal. Bul..., négociant. B...., cadet , négociant; Bru...., tailleur d'habit. Fa...., teneur de livres.

Lesquels se réunissent en société dans laquelle j'ai été introduit; Ils traitent sur le projet de révolution à faire le 1 5 août 1 8 i 7 , tendant à renverser le gouvernement, et à armer le peuple les uns contre les autres.

J'en ai rendu compte à M. le sous-préfet qui les a mis en surveillance.

Je me suis entendu avec M. Passot, commissaire de police à Ville- Franche, qui m'a fait preuved'un parfait dévouement , qui s'est mis dans le cas de me seconder dans tout ce que j'ai fait et avec la plus grande activité. Je n'ai qu'à le louer de son exactitude.

J'ai rendu compte à M. le sous-préfet de la bonne intelligence de tncnsieur le commissaire.

Il m'a en outre donné connaissance d'une partie des sujets qui sç trouvent aussi dans cette assemblée.

Je soussigné , commissaire de police à Fille -Franche ^ déclare avoir aidé U sieur Blanc dans ses recherches et lui avoir désigné une partie des dénommés d'autre part , le i août i3j7. Signé PASSOTi

BelUville i août.

Bat,." et P...., négocinius en vin.

Continuellemeiir les officiers en retraite s'assemblent chez eux,

Ch..., notaire , et Dcsp..., ptre et fils.

Del...., médecin.

Les...., propriétaire.

Du..., notaire.

D...,, charpentier maçon.

F , ferblantier.

La fille Bey.

Da...., père et fils, géomètresi

Ber...., tailleur. Les officiers et soldats en retraite vont Souvenï chez lui.

Geor...., prêtre marié , restant à Saint-Jean ; il va demeurer à ]a Croix-Rousse.

Go...., capitaine en demi-solde à Belleville , et le meneur de la bande de Belleville,- il est chef de l'assemblée qui se tient chez l'aubergiste à la fontaine de Paris à Belleville.

Il était déjà de la dernière affaire lors de celle à Charnayetà Sainr- Genis. Je me suis introduit près de ces mêmes personnes. J'ai passé un moment avec eux et ayant par fioesse obtenu leur confiance, ils Tn'ontdéclaré de quoi il s'agissair. J'sn aifaJtmonrapportàM. l'adjoint qui auparavant m'avait déjà instruit de ceux qui pouvaient être remarqués, l'.niin je suis parvenu à savoir ce que je désirais d'eux et j'ai appris qu'ils étaient tous d'accord pour le renouvellement de l'affaire •qui doit avoir lieu le 15 août. Pour cet effet, ils s'assemblent cliez l'aubergiste à la fontaine de Paris à Belleville. M. le maréchal des logis à la résidence de la Croize, m'a bien secondé. Ladite maisonest en face.

Vu à la maison de Belleville , ce 2 août i 81 7.

Signé CoRDiER.

Je soussigné déclare avoir vu M. Blanc chargé de commission sC" frète, A la Croiie, le z août 1817.

Signé TupiRES.

Beaujeu , le 3 août 1817.

Je me suis transporté à mon arrivée rrès de monsieur le maire qui m'a déclaré que la plus grande tranqui'']ué végnaitdans la ville et qu'il ne connaissait aucuns personnages dans le. cas d'être douté , soit de Pancienne conspiration, soit de celle présumée i et pour laquelle on fait des recherches.

Vu par le maire de Beaujeu ,' le 4 août 1 8 1 7.

Signé TeSTENOIRE,

Rapport clandestin sur la découverte de la conspiration ■déjouée à Lyen , le S juin iSiy.

Depuis le mois de mai dernier une certaine agitation, une inquiétude vague qui se manifestaient dans les esprits , des bruits quise répandaient et qui étaient particulièrement apportés par les paysans chargés de l'approvisionnement de la ville , firent présumer à l'autorité que quelques complots se tramaient dans l'ombre , et l'engagèrent à redoubler de surveillance.

Sans ajouter alors une grande foi à ces bruits, sans concevoir des craintes intempestives et qui n'étaient encore que peu fondées, l'autorité se tint néanmoins sur ces gardes , veilla avec d'autant plus de soin , que la rareté et le haut prix des subsistances pouvait fournir aux malveillants non-seulement un prétexte, mais aussi des moyens faciles d'agiter le peuple , toujours remuant et mal disposé lorsqu'il manque des choses de première nécessité.

Des agents secrets furent répartis sur les difl'érents quartiers de la ville, ut leurs rapports devinrent plus positifs à mesure que l'on aprochait du m.oment déciiif. Vers les derniers jours de mai on ne ilouta plus de l'existence d'une conspiration dont on parlait presque tout haut , laquelle devait éclater proptement , renverser le gou-' vernement royal , et y substituer le désordre et l'anarchie.

L'autorité prévenue fit ses dispositions , et ordonna les mesures nécessaires pour empêcher la réussite de cette criminelle entreprise , don: on espérait que les auteurs , persuadés du succès de l'attaque qu'ils avaient combinée , et se reposant sur la sécurité des magistrats auxquels ils supposaient une complète ignorance de complot , viendraient eux-mêmes se livrer aux mains de la justice.

L'affaire eut en effet son commencement d'exécution dans les campagnes environnantes dont le mouvement devait décider celai de Lyon. Il est inutile de rappeler ici ce qui s'est passé , ce soiit des faits trop connus pour qu'il soit besoin de les mentionner A'^m un rapport qui a pour but de dévoiler l'organisation et le plan du complot si heureusement découvert.

Mais ce qu'il est nécessaire de consigner dans ce même r;;pport , ce sont les témoignages de reconnaissance qui sont dus à l'énergie et au talent de M. le lieutenant-général Canuel , dont la bravoure et la prudence se sont signalées dans cette occasion de la manière la plus remiarquable i c'est à ses dispositions militaires, aussi habiles que promptes , qu'il a concertées avec M. le préfet du Rhône ; c'est à la sagesse et à la célérité des micsures prises par ce magistrat recommandable, que le département et la ville de Lyon sont redevables de leur salut dans une circonstance aus^i itnportante. Il convient ici de leur payer le tribut d'éloges qu'ils ont si bienm.ériré. Après l'explosion des premiers événements , r.:utoriré municipale se trouvant investie de la haute police pat l'absence momentanée

du magistrat qui en est chargé , eut pour premier devoir de ïechetr cher les auteurs de cette trame odieuse, et de faire tous ses efforts pour en connaître les détails , afin de les détruire jusque dans ses racines les plus profondes.

Les premiers individus arrêtés se renfermaient dans un système de dénégation absolue, et il était impossible d'en tirer aucune révélation qui pût donner le moindre indice : on présume avec raisou qu'ils étaient retenus par un serment ou par quelque terreur qui leur avait été fortement imprimée i il fallait rassurer les détenus , captiver leur confiance, et l'on fut assez heureux pour y parvenir.

Les aveux qui furent faits d'abord prouvèrent bien l'existencft d'un complot, mais ils n'apprirent rien de bien satisfaisant, et conduisirent seulement à des individus qui, quoique d'une classe trèsinférieure , n'en avaient pas moins qn rang dans la conspiration où ils commandaient en sous-ordre.

On fut instruit alors de lorganisaticn des bandes , chacune de dix à douze hommes du peuple , ne se connaissant point entre eux » et n'ayant des rapports qu'avec leur chef immédiat, qui même ne s'en faisait connaître que sous un nom supposé.

Les malveillants s'étaient emparés de l'esprit de ces malheureux ouvriers, en leur persuadant qu'une fois le gouvernement renversé, le commerce reprendrait toute son activité, et que le pain ne coûterait que trois sous la livre.

La plupart des conjurés composant ces bandes étaient porteurs de numéros qui servaient à les faire reconnaître et îes réunir au besoin.

On leur assurait que la conspiration qui avait pour but de mettre JVlarie-Louise et son fils sur le trône de t'rance, était dirigée par le prince Eugène, le général Grouchy, Carnot et Teste, ex-lieurenanç de police à Lyon; qu'on ne manquerait ni d'argent, ni d'armes, nj de munitions; que toutes les dispositions étaient faites pour assurer le succès de l'entreprise, et que l'affaire aurait lieu aussitôt après l'arrivée d'une escadre que l'on attendait , et qui devait débarquer beaucoup de troupes.

L'autorité étant parvenue par ces premiers aveux à un des enrâ- Jeurs , elle en obtint de nouveaux détails. L'on vit alors la hiérarchie s'établir entre les conjurés; on apprit avec quelle adresse les chefs s'assuraient de l'opinion des hommes qu'ils voulaient s'attacher avant de leur faire aucune ouverture relative à la conspiration. On sait que des promesses de grades militaires ou d'emploi civil et de fortes gratifications en espèces leur éralent faites, en outre de la solde qui leur était également promise jusqu'au moment oii l'opération serait terminée.

Les enrôleurs étaient de diverses classes , et prenaient entre etix des rangs militaires dont iU portaient le titre, depuis celui de souslieutenant jusques et y compris ceux d'adjudant-major et de major ; ils ne coanaissaieut leurs supérieurs que sous des noms supposés »

et n'avaient d'entrevue qu'en pleine campagne , et toujourJ daql ^es endroits différents. Les enrôleurs , plus instruits que le« chefs de bande , ét^iieiit entretenus dans la persuasion que nonseulement dans le gouvernement , mais aussi dans les autorités locales , il existait un grand nombre de personnes faisaiu partie de la conspiration, et transmettaient les ordres qui la faisaient marcher ; iis croyaisnt même qu'une partie de la police de Lyon était du complot , et que par conséquent ils n'avaient rifU à redouter d'elle , à moins qu'ils ne révélassent les projets , ou qu'ils ne fissent quelque» aveux , si par hasard ils étaient arrêtés et traduits devant les magistrats ou les tribunaux.

Pour mieux s'assurer le secret, les supérieurs leur avaient annoncé l'existence d'un tribunal secret , chargé de surveiller la conduite de tous les conjurés auxquels était i.fîiliée une grande partie des autorités, et qui lançait journellement des arrêts de mort contre ceux qui faisaient la moindre démarche indiscrète, et contre ceux même qui négligeaient les intérêts de la conspiration.

Il n'était presque pas de jour qu'ils ne reçussent la nouvelle de la disparition de quelques-uns de leurs, tombés sous les coups du redoutable tribunal , et laissés portant dans le cœur le poignard qui les avait frappés , auquel était attache un papier où on lisait : Voilà la récompense des traîtres.

11 était d'autant plus facile de les pénétrer de cet«;e opinion ; qui leur imprimait une inconcevable terreur, que les conjurés ne se connaissaient pas entre eux, ne pouvaient s'assurer s'il avait réellement disparu ou non quelques-uns de leurs complices j et l'on peut quelle discrétion devaient avoir des hommes grossiers et sans éducation, sans cesse poursuivis par l'idée d'être entourés de gens Qui avaient le poignard levé sur eux.

Les enrôlés savaient, comme leurs subordonnés et leurs supérieurs , que le but de la conspiration était de renverser la souveyaineté légitime , et d'égorger le clergé , les nobles, les autorités, çi tous les principaux royalistes qui auraient été en état de s'opposer au nouveau gouvernement qu'ils voulaient établir , lequel devait, suivant les uns , être donné à Marie-Louise ; suivant d'autres , au "prince d'Orange ; et suivant le plus grand nombre , organisé en république.

Les dispositions prises par le maire, au mois de mai dernier, pour empêcher l'augmentation du prix du pain, furent vues avec peine par les conjurés, qui cependant ne perdaient pas entièrement l'e">pérance de voir arriver les grains à un taux si élevé, qu'il ne serait pas possible de maintenir le pain au prix fixé par l'autorité.

Au-dessus des enrôleurs était un comité composé de sept membres et d'un président, chargé d'organiser et de diriger le-jrs mouvements dans l'intérieur de la ville; ce coirité se réunissait d'abord dans un café, mais voyant que leur conduite était épiée , les membres se décidèrent à changer le lieu de leurs assemblées , qui depuis

( îo ) lors eurent lieu en plein champ , tantôt d'un côté, tantôt de l'autre; et ù-pcu-pics une fois par semaine.

Les membres de ce comité étaient liés entre eux par un serment par lequel ils juraient sur un poignard de perdre la vie plurùr que de dénoncer un des leurs. Ils se promettaient aussi , dans le cas où Tun des conjurés serait arrêté, de le secourir au moyen d'une cotisation entre tous les autres.

C'est de ce comité que partaient les ordres émané du comité supérieur ou exécutoire, qui était commandé lui-même par les chefs de la conspiration. Madame Lavallutte j femme de l'ex-général condamné à Lyon dans l'affaire de Rosset , entretenait de Paris une correspondance très-active avec ce comité supérieur , auquel elle transmettait les instructions.

\Jn troisième comité érait chargé de l'organisation dans les campagnesdont il devait diriger les mouvements, pour les faire coïncider avec ceux de la ville, le jour où l'attaque aurait lieu. Le président de ce comiié avait un secrétariat et vn nombreux état major.

Afin de s'emoarer enriv;remenr de l'esprit des conjurés , et de leur prouver que lapolice était initiée aucomplot, on leur citait d'avance î'arrestaiion de plusieurs individus , et notamment celle de (Jhambouvet, dont ils furent prévenus la veille, et qui eut lieu comme elle avait été annoncée.

Il demeure pour constant que ce fut un des chefs de la conspiration qui livra cette victime, autant pour persuader aux conjurés qu'ils pouvaient agir en toute sûreté , que pour détourner l'attention de la police , et endormir ra surveillance sur la masse des agents du complot , en s'occupant d'un homme qu'on lui sacrifiait.

Toutes les dispositions ainsi prises, et l'organisation paraissant bien complète, on s'occupa de fixer le jour où le mouvement général aurait lieu. C'était d'abord dans la nuit du j i au i. juin qu'il devart s'opérer; il fut ensuite renvoyé au jeudi 5 juin; enfin, arrêté pour le dimanche 8 au soir, pendant les processions publiques et extérieures de la Fête-Dieu, qui, attirant une grande afîluence dans les rues , sur les places et sur les quais , devaient contribuer puissamment à jeter la confusion et le désordre parmi les habitants , et paj: conséquent à assurer l'opération.

Copie de U lettre adressée le 9 août 1817 à M. le lieutenant de police de Lyon , par M. le sous-préfet de tarronrondiiscment de VdUjrtinche.

Le I. de ce mois le nomm.é Pierre Diane , qui avait déjà fait un* tournée dans cet arrondissement d'après le» ordres de M. le conseiller-d'érar prêter ,^ vint me demander quelques renseignements sur les malveillants df cette ville. Il y resta toute la journée et cou-

lut danç les cabarets avec ces gens-là , en se Hisant de leur paftî ; ceux-ci s'érant aperçjs qu'ils lui en avaient trop avoué, le dénooi cèrent à un adjoint de la mairie et au maréchal-des-logis de la gendarmerie.

Le nommé Blanc fut aussitôt arrêté et mis en prison; mais ayant fait connaître, par les titres dont il était porteur, qu'il étaitemployé par le gouvernement, il lur de suite mis en liberté. Alors il me fit passer les noms des personnes qu'il avait découvertes comme suspectes, et qui ne s'étaient entretenues avec lui que du renversement Ail trône pour y suppléer la république.

Je crois remplir le but de votre lettre en vous faisant connaîtreles individus qui m'ont été signalés et dont une partie a une correspondance directe avec MM , avocat , et M. J , négociant à Lyon.

Ces individus tous habitants de cette ville , sont : les nommés

Th.... , avocat, A...., avoué. S...., avocat, P...... aubergiste, M ,

aubergiste, D... M..., aubergiste, C..., négociant, R... , tisserand, B..., clerc de palais, P... l'aîné , notaire, P... cadet, D..., ancien clerc de palais, B... , négociant, B... , négociant, B... , tailleur d'habits, récéleiir pour les assemblées, F..., teneur de livres, S..., cafetier, chez lequel, itinsi que chez P... et B... , se tiennent les réunions.

Le but et l'intention de tous ces individus est, suivant l'auteur, pour le 15 août courant. J'ai rendu dans le temps compH de ces faits à M. le préfet.

Agréez, Monsieur le lieutenant de police, etc.

Signé de MONTRICHARD.

Première lettre de M. h procureur du roi etc.j à M. SaïnnevUle ^ lieutenant de police*

Lyon, 16 août 1817.

«Monsieur, une lettre que vient de m'adresser M. de la Colombe » m'informe positivement que le nc?mmé Brunet, qui a été arrêté "» par vos ordres, après avoir été élargi par ordre de M. le prévôt, M et qiCon pouvait d'abord soupçonner d'avoir pris part aux manœu- » vres des conspirateurs ^ ne se trouve ainsi compromis que parce que )) M. de la Colombe lui-même l'avait employé comme espion, afin M d'en pouvoir, par son entremise, obtenir quelques découver- » tes utiles à la chose publique. Il me paraît que d'après un » tel témoignage, cet individu ne peut plus attirer sur lui-même » aucun soupçon i et je vous prie très-instamment de vouloir or- » donner sa mise en liberté.

» Veuillez agréer, etc. Signé Reyre. »

Deuxième hure de M. le procureur du rolj étcj dT ''^ M. SainnevUk ^ lieuLenunt de police.

Lyon., 29 août 1817e

ft Monsieur, on vient encore de irj'adresser d'itératives réclama- )) tiens pour le nommé Bru:ier, que M. le préfet avait fait mettre eri ), liberté qui a été de nouveau arrêté par vos ordres. Vous me fîtei jj l'honneur da m'expliquer verbalement qu'une lettre de S. YLyiC. lé j) ministre de la police gét)érale prescrivait de rechercher cet indi- 5j vidu, et que vous m'en adressiez une copie certifiée. Je vous prié M très-instamment de vouloir me l'envoyer, afin que les personnei « qui s'' intéressent à Brunet , sachent qu'il ne dépend pas de moi n de faire cesser sa détention , qui , après l'ordre d'élargissement » donné par M. le prévôt, semblait, pour les mêmes faits, ne pou- » voir se renouveler. J'ose vous prier de vouloir bien me faire une » prompte féponse, parce qu'elle seule peut me mettre à portée de » répondre moi-même aux instances journalières par lesquelles je a suis justement assailli.

M Veuillez agréer, etc. Signé Reyre. j*

Copie d'une lettre adressée individuellement à plusieurs prévenus de la commune Saint- Andéol j pour les inviter à rentrer dans leurs foyers j ensuite de l'ordre du jour du général Canuel.

Saint- Andéol f ce 11 juin 18 17.

Le nommé Colomhan voudra bien se rendre auprès de moi â l'instant même, conformément à l'ordre du jour qui vient d'être publié et affiché.

Pour le commandant d'armes , Signé G , major.

Nota. Il a été condamné à mort par arrêt du jo juin, et «xécuté le premier juillet.

Même invitation a été faite, et dans les mêmes termes, à Saint- Andéol, le 11 juin 1817, au nommé Claude Guillot père, et ce Guillot a été condamné à cinq ans de travaux forcés.

Nota. Ces invitations sont toutes signées de M. G , major,

toutes datées de Saint- Andéol le 11 juin 18 17. Les arrêts de condamnation sont du }o juin 1817.

De l'Imprimerie ils Cellot , rue des Grands-Angustins , n" 9.

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