partie , mais cet indicateur pou- il y en a au moins cinquante pouc
vaic encore citer M. le chevalier eux , et même un ou plusieurs
de Varrax , maire , et les princi- officiers.
paux chefs de la garde natiorrale, Pour les canons, on est sûr
puisque ce fut un repas de corps qu'ils ont de petites pièces et
que la garde urbaine de ce fau- beaucoup de munitions. Le coup
bourg donna pour célébrer une est pour cette semaine et ne doit
époque heureuse , et auquel elle pas la dépasser , et ils ont dit
invita tous les officiers en retraite qu'ils n'étaient pas précisément
ou à demi-solde, retirés dans cette sûrs du jour, mais toujours pour
commune. Il en fut rendu compte cette semaine. Le chef de tout est
à Son Excellence par le bulletin un nommé Blanchet de Valence ,
du mais on ne sait pas le nom qu'il
Les pasteurs du culte réformé, porte ici. La maison où il se tient, que cette fille accu<;e et dénonce , est uns maison à deux pavillons , sont des homnes sages, dévoués qu'on voit du plan de Vaize,cr au roi , rappelant sans cesse aux qui est sur le revers de la montaindividus de leur communion les gne de Fourvières. Les fenêtres en grandes quali;és du monarque sont toujours fermées, quoiqu'elle qui nous gouverne , l'obéissance soit bien habitée, et l'amour qu'ils doivent à leur On a entendu dire que dans les légitime souverain. Dans plusieurs troupes qu'ils avaient, il y avait circonstances, et notamment lors 600 officiers. Dans la maison de de la circulaire adressée par les Gran<.',e-Blanche il y a du monde protestants de Londres à leurs de caché,- M. de La Chaux est de frères de France , j'ai été dans le ce parti.
cas d'entretenir Son Excellence des ministres et des membres qui composent le consistoire de notre ville : alors , comme aujourd'hui, je m'empressai de leur rendre la justice qui leur est due.
Des renseignemens pris sur la fille Lallemant , il résulte': Que cet indicateur , dont le genre nerveux est très-irritabîe , a souvent donné des preuves d'absence. Ses mœurs sont équivoques i son caractère mauvais annonce l'ingratitude. Ses bienfaiteurs sont le constant objet de ses plaintes et de ses calomnies. Cette fille , dans le dénûment le plus absolu , comptait sur le srlaire de ses révélations prétendues , et les étendait en proportion de ses besoins. La fille Lallemant a habité assez long-temps chez les dames Foilsala , qui l'avaient retirée par commisération. La déclaration de ces femmes respectables, qui jouissent généralemsnt de toute la consi-
ilération due à la vertu, suffira pour fixer l'opinion que 1 ondoh avoî/ de cer iiiciicattur.
M. àa Vidault se disposait à solliciter la réclusion de la fille Lalîemiinr, à l'époque niêmi' où l'affaire actuelle a pris naissance ; et je pense qu'il convient en efl'et de renfermer cet individu à l'hospice des Antiquailles. Si l'on ne parvient pas à la guérir , pendant ce temps du moins , elle ne pourra iiiquiéter personne,
La déclaration deb dames Foii::;i!a , relative à la fille Lallemant J
Le rapport du cou miosaire de police à Vaize , au sujet de la prétendue réunioi; 5
Enfin , l'interrogatoire prcré par cet indicateur , devant le commissaire Arnaud, le 27 octobre , sdn^ joints à la piéicntt.
Sur la Ncte remhc par M. de C. Note remise par M. de C,
En donnant lecture de cette note chez M.!e préfet, M. deMaringonné a déclaré la tenir de M.
de C. , qui lui-même avait reçu ces détails de la fille Lallemant.
Le général Canuel l'avait en partie transmib.e dès le 4» Elle fur vérifiée avec soin , et la fausseté de îoutes les assertions qu'elle renferme , pleinement reconnus.
La mère des compagnons serrurierset forgeurs, rucdelaCharité, reçoit de temps immémorial les ouvriers de cette profession.- Sa maison est exactement surveillée, et jusqu'à présent il ne s'y est commis aucun désordre. Jamais il n'a été porté de plainte contre cette réunion.
Quant à la dési^^nation des chefs , il n'existe ici personne à qui on puisse l'appliquer. Le général Maringonné avait bien désigné un sieur Blan chon , propriétaire à Fourvières , qu'il considérait comme un homme dangereux. Si c'est le Blanchon de
D'après de nouveaux renseigne»
ments, qui me sont parvenus de divers côtés , il paraît que les malveillants espèrent mettre à exécution leurs sinistres projets dans la huitaine. Un de leurs chefs doit arriver jeudi soir ; il est allé en Dauphiné , du côté de la Tour-tiu- Pin , pour réunir et envoyer ici quelques centaines d'hommes , qui doivent s'y rendre par divers moyens et diverses routes. On sait qu'il. y a des réunions dans plusieurs maisons et dans plusieurs quartiers de la ville, notamment chez la mère des compagnons ," rue de la Chr-ité.
Chez le ministre protestant, et à la loge des francs-maçons à Pilata.
Voici les noms de trois de leurs chefs: Blanclion, dit Rioms, Gamier et Berlin.
11 paroît qu'ils ont dss intelligences avec les prisonniers qui sont à la prison de Rouanne 5 hier au soir, entre 6 et 7 heures, en a
brûlé
( 4 ) Ces pièces et autres ci-ap:ès menticnnêes , font pait.e du rapport transmisa sou u.'kCcHence le Ministtedela Police génért^le) ei es sont dausses bureau)^.
tx5urvières dont on a entendu parler, l'erreiirestgrave, car c'est un parlait honnête homme , professant les meilleurs principes, et généralement connu par son inviolable attachement à la maison de Bourbon.
11 s'est manifesté dans les prisons une espèce d'insurrection que l'on a dû attribuer à la mauvaise administration du concierge; mais elle a été apaisée aussitôt.
La paille brûlée sur la place de Roanne ne devait pas fixer l'attention des gens sages. Dans ce qviartier, comme dans tous les autres de la ville , les gens du peuple vident dans la rue la vieille paille de leur lit , et souvent les enfants mettent le feu.
Il y a eu aussi quelques coups de fusils tirés pendant la nuit dans les vignes de nos faubourgs. C'est un ancien usage établi pour éloigner les maraudeurs et les prévenir que le gardien ne dort pas.
Il existe un porte-faix du nom de Batet, mais il n'est point attaché au corps des surveillants, et le fait annoacé est faux.
brûlé de la paille sur la place \is»
à-vis la prison , pour donner avis aux prisonniers de leur prochaine délivrance.
Un homme, dont la tournure et les propos étaient équivoques, a été suivi hier soir sur le quai Saint-Clairi il a passé le pont Morand, puis , ayant tourné à gauche, il est allé dans des buissons ou vourgines très-épaisses où.
il a ramassé un fusil qu'il a chargé et tiré. Il paraît qu'on lui a répondu du coteau de la Croix- Rousse.
Le nommé Batet, surnuméraire dans la surveillance , a offert ces jours-ci 60 livres de poudre à vendre. C'est un porte-faix qui n'est pas dans l'aisance. Comment est-il possesseur de cette poudrel
Cette déclaration faite en présence de deux témoins, par l'exmilitaire Boudoy , décida sans doute M. le baron Maringonné à placer un mouton près de Favîer.
Elle était importanre, et je regrette beaucoup que le général ne m'en ait pas donné communication dans le temps. Aussitôt que j'en ai eu connaissance, j'ai fait rechercher lesieur Boudoy, afin de l'entreteniretd'en recevoir tous les renseignements convenables. Cet individu a son principal domicile à Oullins, commune de nos envitons: il ne s'y est point trouvé.
Le sîeur Claude Boudoy a déclaré que le mardi 1er octobre f étant sur la place de Louis-le- Grand , il fut rencontré par le sieur Favier, qui a été armurier au 1er bataillon des gardes natio* nales actives et logé rue de la monnaie n" lo au premier étage , qui lui a dit qu'ils étaient sisC cents armés de fusils et de lancesy et l'invita de s'enrôler avec eux , en l'assurant que tous ceux qui seraient admis , auraient la croix de la légion d'honneur ; qu'ils se réuniraient tous à un jour marqué, et qu'ils entreraient au moioS
six cents hommes par Saint- Just; qu'ils avaieiu des chtts qui se feraient connaître au moment de l'exL'Ciitioni que tout ce que l'on prendrait serait partagé entr'eux , et que les prêtres et les nobles la danseraient; qu'ils ne pouvaient plus échapper.
Cette déclaration lui ay.mt été lue en présence de MM. Chauvin, sous. inspecteur aux revues , et de Finance, chevalier de Saint- Louis , il l'a signée avec eux et nous. A Lyon, le 5 octobre 1816.
Signé Boudoy , Chauvin , de Finance.
Le maréchal-de*camp t signé Maringonné.
M. Arnaud, commissaire que j'a-* vais envoyé vers lui , s'est alors adressé hu maire qui lui a déclaré que Boudoy était un être immoral et dangereux , voleur de profession ; que depuis plusieurs mois il le idiaait chercher ; mais qu'il se tenait caché à Lyon , où il ne fréquentait que de très-inauvais sujets et des filles perdues. M. Arnaud a dressé son rapport qui sera joint à la présente.
Lyon^ le 6 octobre 18 1 6. L'avis donné par M. Grcppo ^
ex-ofEcier de gendarmerie, brave
Mon général, j'ai l'honneur de homme , m'avait été communivous informer que par suite de que par lui-même dès le dimartnia mise en non activité, je me che précédent. La femme Combe^ trouve logé chez M. Massard , pauvresse déjà âgée, fut arrêtée ; ourdisseur de profession, rue Lon- elle avoua tout, en s'excusant sur gue, n° 19, maison de Wiel. Ma ce qu*elle n'avait fait que répéter chambre n'étant sépavée que par ce qu'elle entendait dire. Je la une simple cloison de la sienne , renvoyai avec l'interrogatoire et me trouvant à écrire la copie de les autres pièces , devant M. le mon brevet, que vous me deman- procureur du roi. Dans mon rapdez et que je joins à la présente, port de police positive , j'ai mis une femme à moi inconnue, ne la sous les yeux de son excellence connaissant que sous le nom de tout ce qui concerne cette femme. Combe , attendu que je l'ai entendu ainsi nommer par mon
hôtesse , se trouvant en conversation avec cette dernière, j'ai aussi entendu que leurs discours étaient d'aller faire une promenade du côté du pont de la Guillorière, où il y avait la fête de Saint Denis,
Mais quelle a été ma surprise d'entendre piononcer des propos séditieux, etc.
J'ai l'honneur d'être, etc. Signé Greppo.
C'est le premier rapport adressé Lyon,le<;) octobre i2i6,
au général Maringonné parle sieur
Gauthier t maréchal-de-logis de Mon général, j'ai l'honneur de getidà'-mcrie à la résidence de vous prévenir que , d'aines \'0i Lyon, qui, déguisé et jouant le ordres, je me suis approché du rôle de bonapartiste, s'était, nommé Favier , demeurant rue d'après les ordres du général, mis de la Monnaie n" lo; hier au maen rapport avec le nommé Favier, tin j'ai déjeuné avgc lui. Je me l'un des prévenus. suis dit de Grenoble; il m'a d'abord
Les observations relatives h ses dit que les affaires devaient chandivers rapports seront consignées ger, et qu'ils étaient au moins sept à la fin du présent. mille hommes dans Lyon , tous
bien armés , et tous anciens soldats prêts; que l'affaire aurait déjà eu lieu , il y a quatre jours, mais qu'ils avaient eu contre-ordre, et que cela ne passerait pas la quinzaine. Qu'ils avaient des nouvelles certaines que Bonaparte était débarqué en Egypte , et que ses progrès étaient trè>-rapides. Il m'a dit aussi que la plupart des négociants de Lyon étaient pour eux, et qu'ils avaient fait une masse de 90,000 fr. , pour avoir des armes à Saint-Érienne , et qu'ils avaient déjà 600 fusils, et attendaient 4000 lances; qu'ils avaient 500 hommes dans la garde royale , qui est à Lyon , pour-eux, qu'ils portaient tous la cocarde tricolore dans leurs bonnets; que les chasseurs des Pyrénçes étaient aussi tous pour eux; qu'ils s'einpareraient, d'abord de l'Arsenal et de toutes les autorités , et qu'ils étaient sûrs d'avoir le mot d'ordre le soir qu'ils voudraient donner le coup de main.
A deux heures après midi, je suis retourné chez lui, et j'y suis resté jusqu'à dix heures. Il m'a dit qu'aujourd'hui on me mettrai-t sur la liste, et qu'on me donnerait une carabine et le mot de ralliement, e: que je ne manque pas d'y aller à deux heures après miJi.
Il m'a dit de plus qu'ils avaient cinq généraux fameux , et donc j'espère avoir les noms. Il m'a aussi beaucoup parlé d'un colonel nommé Alix, ainsi que des nommés Bije , Mistrallct et de M. Vonti,
Je lui ai répété que j'étais de Grenoble et que je devais y retourner incessamment. Il m'a soUité de ne point partir et que sous peu je pourrais leur être utile , et qu'il voulait avant me faire enregistrer » pour avoir la croix.
Je dois me trouver avec lui au Jardin des Plantes à deux heures , et de là il doit me conduire chez celui qui tient les enrôlements et qui reçoit les rapports tous les jours.
J'ai l'honneur , etc. Signé Gauthié.
Lyon y le 10 octobre i%i6.
Second rapport du sieur Gauthié , maréchal-des-logis de gendarmerie.
Mon général, Jai été hier avec Favier ■, il m'a à\t : « Je ne puis » vous conduire chez celui qui enregistre , vu que j'y suis allé >j ce matin, et qu'il m'a dit qu'il partait pour Villefranche, mais ï) qu'il serait de retour le lo au soir , et que le 1 1 au matin il m'y » conduirait, qu'il m'avait déjà annoncé et marqué pour la croix, j?
Je lui ai demandé si on ne commencerait pas bientôt l'entreprise préméditée. U m'a répondu qu'ils attendaient des nouvelles de la Suisse, de l'Autriche et de l'Italie. Le prince Charles est d'accord avec nous. Nous avons reçu un courrier qui nous a rapporté que Bonaparte était débarqué dans l'île de Tabagne , le ^^ juin , avec cinq régiments américains, et que SQUS quinze jours, il serait ea France.
Il m'a dit de plus que toutes les autorités étaient déjà nommées pour prendre possession au premier coup de main, et que M. Vouti était nommé préfet du Rhône.
J'«i l'honneur, çtc. Signé Gauthié.
Lyon y le 10 octobre i8i5.
Troisième rapport de Gauthié , maréchal-des-logis de gendarmerie.
Mon général , j'ai l'honneur de vous rendre compte que j'ai été avec Favier depuis une heure jusqu'à cinq du soir.
Il m'a toujours rabâché la même chose. L'individu chez lequel il doit me faire enregistrer n'est point encore de retour, et il m'a |:€mis jusqu'à degiain une heure.
J'^i l'honneur, etc. Signé Gauthié.
Lyon le II octobre 1 8 1 6.
Quatrième rapport de Gauthié,
Mon général , j'ai l'honneur de vous rendre compte que j'ai été avec Favier depuis une heure jusqu'à cinq et demie du soir; il ma promené. !1 m'a dit que celui qui enregistrait n'était pas de retour , et qu'il était dans ce moment à Bourg, et ne savait quand il serait de retour.
Je lui ai dit que je ne pouvais rester aussi long-temps; il m'a répondu: « Je vous conduirai chez mon ami Bi^e , ex-maréchal-deslogis des cuirassiers , qui est chargé de prendre les noms de ceux qui se présentent. Craignant que ce maréchal ne me reconnût , je lui ai dit que je préférais attendre l'autre. Il m'a ensuite conduit chez un épicier de la rue Tramassac , n" 17, oii étant, ils se sont touchés la main et ledit Favier lui a dit : ce C'est un de nos amis, u II a
et suite dit à Favier s'il n'y avait rien de nouveau, lequel lui a répondu que tout allait bien, que leur iioinme était à Bourg, et qu'il l'attendait. L.'épicier a répondu ; « Je sais que tous nos chefs sont ea route , il y en a dans tous les départements , et nous attendons leurs ordres. Il y a quelques jours que s'ils n'avaient p;is reçu contre-or-. dre, cela serait déjà fait, et que tout Villefranche était prêt à se rendre à Lyon. »
D'après ces paroles, je lui ai dit : Avons-nous des chefi et peut-on les connaître? Us ont répondu: Nous en avons assez ; mais on ne nous les fait pas connaître et quand nous les connaîtrions, nous ne les nommeiions pas.
Alors l'épicier a dit : Il ne manque pas de chefs, le branle serait déjà commencé , mais on veut ê:re d'accord avec Marie-Louise et l'Autriche, pour que l'ennemi n'entre plus en France; et puis nous avons Lavalettc qui est en prison , qui se mettra à notre tête avec d'autres.
Favier a pris la parole et a dit : Les Américains ont pris Gênes et ont repoussé les Piémontais j cela ne peu: tarder, et nous recevrons des ordres avant peu.
L'épicier a répondu: Cela va bien; nous avons 200 chasseurs des Pyrénées , qui sont à nous, et tous les dragons ; ces derniers se sont chargé dô l'hôtel de ville. Favier lui a dit , en parlant de rnoi : Voilà un boa cavalier, il sort du 4 de hussards. L'épicier répond: L'as-tu fait voir à 5içe? Favier répond, Non; et l'épicier lui dit: Il faut l'y conduire; tu sais bien que l'on doit prendre tous les chevaux de la garde nationale et de tous les riches qui ne pensent pas comme nous ; et on lui donnera le commandement d'un escadron.
L'épicier dit à Favier: A-t-on reçu des larices? L'autre réppad: Je ne le sais pas; mais un de nos chefs en a commandé beaucoup à UQ armurier ou taillandier, qui demeure aux Massues.
J'ai l'honneur , etc. Signé GAUXHif^'
Ilotes Anonymes, Du ri octobre^
Elles ont été scrupuleusement Monsieur , j'ai appris que le vérifiées, et les faits annoncés re- nommé Pi gna rd ( Benoît j, membre connus pour absolument faux et de la commission temporaire de controuvés dans les détails essen- 9} , ayant fui de Lyon après la tiels. terreur, ayant pris son domicile
à la côte Saint-André, ay.Tnt pri* place dans la conspiration de Grenoble . j'ai pensé qu'il ne vous serait pas inutile de savoir sa retraite. Il en a une chez la dame Duport qni tient une blancherie de coton aux Brotreaux. Lorsqu'il y est, portés, croisées, et volets, tout est fermé. Il va aussi chez le filsi7ufortj qui lient magasin d^ns la rue Mercière, près l'allée ds Lsrguef
C M) Vous voutTrez bien faire surveiller dans la rue Paradis chez le nommé Bertelle et chez le nommé Senenas, même rue , recevant îournellement quantité de monde sous divers déguisements , tous deux fabricants de bas ou de tulle , tous deux terroristes des plus fameux.
J*ai l'honneur, etc. Sans signature»
Seconde déclaration de la fille Louise Liillemant,
Ce sont toujours les mêmes absurdités, reproduites avec des détails nouveaux. Ainsi les observations faites à cet égard répondront suffisamment aux faits que présente cette dernière déclaration. Quant aux personnes , on n'a fait connaître quel jugement on doit porter sur les sjeurs Falette et Terray , et quels sont les renseignements fournis par M. l'abbé Aujogue.
Le général Maringonné avait fait rechercher un sieur Blanehon ., propriétaire à Saine- Just , croyant que le même individu ^pourrait avoir été indiqué par çrjreur comme domicilié à Valence. La maison désignée par la ^éslaration de la fille Lallem^int, appartient en effet à M. Blanchon , orfèvre, place de l'Herberie. Cet Jiomme jouit de l'estime de ses concitoyens, il est connu par un attachementtrès-prononcé à l'augastefamille des Bourbons, et toute sa famille est animée des mêmes sentiments.
Pour peu que l'on entretienne la fille Lallemant , on est bientôt convaincu qu'elle est réellement folle ; et il est étonnant que l'on ait pu donner q lelque créance aux révélations d'une visionnaire.
Déclaration faîte en présence de MM, le maréchal- de -camp y commandant le département du Rhône, et de Chamkost , colonel de la garde nationale de Lyon , dimanche i } octobre^ 1 8 1 6 , par la fille Louise Lallemant , demeurant rue Raisin , n* z î , à Lyon.
Louise Lallemant déclare qu'il est à sa connoissance qu'il s'es4; formé un complot pour renverser le gouvernement, détruire les prêtres, les nobles et les royalistes; elle a été instruite de ce complot par un nommé Joseph , qui est son bon ami , qui lui a dit que leur plan étaitde détruire tous les Bourbons et de proclamer Napoléon IL Elle s'est trouvée avec les conspirateurs plusieurs fois y et leur a entendu dire que souî peu de jours , tous les loyalistes seraient détruits. Ils lui ont die qu'ils avaient des fusils; elle croie qu'ils sont cachés dans la maison neuve qui touche au Soleil d'or, à Fourvières, où il doit y avoirun souterrain. liC sieur Blanchon de Valence est considéré comme leur premier chef; ils ont d<;s signes pour se reconnaître, un mot d'ordre, et se réunissent presque tous les jours; elle a vu trois hommes qui faisaient fjction au-dessus du toit de la maison ntuve de Fourvières. Le.sieur Aujogue , sa-
cfîjtaînde Fourvîères, est jnstruir de ce complot. Hier, iî octobrey à six heures et demie dj matin , elle vit le sieur Blaiichon avec cinq autres individus chtz un retraité. Celui-ci se nomme Dupont y ells connaît le nommé Antoine V.iktîi qui a été sous-lieutenant er qui habite la rue Neu-e, au coia de l'allée du pâtissier. Elle l'a vu aveo les révoltés j il a été chez les Fonsala , et on peut en savoir des nouvelles chez M. Terray et chez le curt de Saint-François. Les conver-" sations ordinaires de ces h:>mmes étaient qu'jls voulaient tuer le roi et sa famille, détruire la religion, piètres , et tous ceux qui défendent le roi.. Ils ont des correspondants dans toutes les villes de France, excepté Marseille et quelques autres villes; ils devaient mettre du poison dans l'eau qui sert à la garde royale à Paris , afin de détruire cette troupe qu'ils redoutent.
Ils pensent qu'avec un peu d'argent, ils auront le 4 régiment df la garde royale.
Dans une assemblée que les révoltés ont tenue au faubourg de Vaize, elle a vu parmi eux un commissaire de police, qu'elle a reconnu pour l'avoir vu à la procession de la Fête-Dieu , et deux agents de police qu'elle connaît aussi pour les avoir vus en fonctions. Elle sait qu'ils font entrer des hommes sur des petits bateaux qui remontent la Saône , et qu'ils ont eu un bateau qui a péri.
Elle leur a entendu dire qu'au même instant dans toute la France , au milieu de la nuit , tous les royalistes seraient massacrés , sans qu'on fît grâce à un seul. Le présent a été dressé en présence de M. Chambost , le dimanche i j octobre 1816.
Signé Le Maréchal-de-Camp,
ViONNET DE MaMNGONNÉ.
Sur la Note remise par M, de C. Note remise par M. de C»
Le cabaret indiqué ressemble , sous ce rapport, à tous les autres cabarets de la ville , et reçoit effeciivement beaucoup plus de monde le lundi que les autres jours de la semaine. Par-tout , à Lyoncomme ailleurs , les ouvriers consacrent plus ou moins le lundi à une espèce de débauche \ mais ce cabaret n'a jamais offert de réunions suspectes.
La femme Carson est un être tout-àfait insignifiant, et le fait qu'on lui reproche n'est nullement constaté. Elle ne peut
La femme Arcade ^ brodeuse, demeurant dans la première maison hors des portes de la Croix- Kousse , prétend qu'il y a dans le cabaret d« cette maison des réunions , spécialement le lundi. Je dois savoir par elle quand je pourrai la voir , quelle espèce d'hommes compose cette réunion. En attendant on pourrait lui faire parler d'autre part.
Mademoisellle Canon , rue de l'Enfant qui pisse , n° 1 3 , au 5 étage ( signalement : âgée de C9 ans , figure masculi:ie , yeux eu-
foncés (îarts la tête, uii gros cou , avoir aucnn ihtérêtàjoucr le ràU
le corps de travers, boiteuse, col- d'hypocrite qu'on lui prête si gra-
porteuse , marchande d'onguent tuitement. l.e crucifix et le por™
pour les cors aux pieds), a vendu trait du roi placés chez elle ,
dans le temps des prophéties cou- offrentseulement la preuve qu'elle
tre le roi. Maintenant elle fait est revenue à des sentiments meil-
rhypocrite : &lle a même chez leurs. elle le portrait du roi , un crucifix , etc.
Sur la Note remise de M. de C.
Note remise de M. de C»
Cette note se confond avec celle M. l'abbé Aujogue n'a pu me inscrite n° lo, et l'observation donner aucun détail plus pardonnée ici suffira pour réfuter ticulier sur les réunions qui ont cntièreinent la partie qui lui est lieu aux environs de Fourvières ; relative dans la révélation du i J. il confirme qu'elles se tiennent
Le sieur Aujogue, attaché en au Soleil d'or, et chez Dupont , qualité de sacristain à l'église de officier retraité, n" 17, gendre de fourvières, déclare qu'il n'avait l'aubergiste du Soleil d'or, ainsi point ignoré les bruits répandus que dans plusieurs autres endroits par la malveillance , mais qu'il des environs, n'avait aucune connaissance par- Antoine Ka//erfe , ex-militaire , îiculière à ce sujet, enfin qu'il natif de Bordeaux, est âgé d'en» ne savait rien du tout; il a ajouté vironijans; il a été baptisé à qu'il s'en était ainsi expliqué avec Lyon, parce qu'on doutait qu'il IVI. de C. qui s'était adressé à lui , l'eut jamaisété; il réside à Lyon ; et auquel il n'avait pu donner il a la tête très-légère et facile à aucun renseignement positif. exalter j il n'a pu s'astreindre long-
II est assez étonnant que,d'après temps à apprendre le métier d'ou- Une pareille conviction, Mw de C. vrier en soie; M. Terray l'avait qui l'avait lui-même acquise , placé chez un maître et payait sa fassefigurer ici M. l'abbé Aujogue. pension; il paraît qu il n'a pas On peut dire la même chose du répondu à ses bontés, sieur Vallette , dont le nom se Irouve également rappelé , sans aucun motif, du i^ioins apparent.
Quoiqu'il en soit , le sieur Vallette, à l'arrestation duquel M. dtf îWaringonné paraissait attacher beaucoup d'importance , est un individu doux, honnête, et dont, à aucune époque, la conduite n'a donné matière à aucune plainte. Il est attaché à l'administration des hospices de Lyon. M. Terray , négociant de notre ville, royaliste lrè:-prononcé, répond de ses opinions politicues et de sa moralité, «t MM. les administrateurs de nos hospices ne l'eussent certainement pas admis, s'il: n'avaient eu par devers eux une garantie suffisante '«le sa bonne conduite ei ai son dévouement au roi.
t.etïre à M. Sainnevillc , lieutenant de police.
Lyon ^ ler. novembre 1817.
Je vous prcv'ien<; , Monsieur, que j'ai adresse au ministre de la police, le? différentes pièces qui établissent que le capitaine Ledoux , 'de Id icgioii lie rVoiiiie , a été l'un A^s moteurs , et le principal agent d'cxccution du mouvement insLirrectionnel qui a éclaté la i 'juin dernier. Je vous invite , si vous ne l'avez déjà fait, à adressée au ministre toutes les pièces que vous avez recueillies de votre côté , au sujet du Ccipitaine Laioiix , afin qu'il puisse a\oir en même temps sous les yeux tous les documents relutifs .1 cet officier.
Recevez , Monsieur , l'assurance de ma considération très-distin* guée.
Signé le maféchal duc de Ragùse.
déclarations dn Scrgimt Be^i et dû soidat Tisnes , de la légion des Hautes- Pyrénées.
Devant nous , maître des reqUètes,lieUtenant de police , ce jourd'huî trente-un octobre mil huit cent dix-sept, fut présent le sieur Jean- Louis-^Lp, sergent de la 5e compagnie, ler bataillon de la légioi» des Hautes-Pyrénées , lequel nous a lait la déclaration suivante :
« Dans la nuit qui précéda l'exécution du capitaine Oudin , con- » damné'à mort par jugement de la cour prévôtale , je com.inandais i) le poste placé à la prison de Roanne. Vers une heure du matin je » me rendis au cachot qu'il occupait à l'effet d'y faire placer un to factionnaire. Au moment où le capitaine Oudin nous vit , il dit : J> Approchez braves militaires ^ je suis un ancien capitaine , et je J) porte trois décorations. M'adressant à lui , je lui dis : C'est donc » vous qui vouliez nous brûler la rrloustache si VoUs aviez pu. Non , >> répliqua Oudin, je ne voulais point vous faire de mal 5 mais nous >) avons été trahis par le capitaine de là 86e , qui a été tué , et c'esc >) un des nôtres qui l'a tué , comme il sortait de chez le général. H >) dit: C'estun lâche qui m.'a trahi. Je n'ai voulu compromettre per* >j sonne , et je n'aurais rien dit au triburlal quelque chose qui eût » été. J'ai su depuis, par des officiers de mon corps , que le capi- I) taine de la «fie dont parlait Oudin , est le (Capitaine Ledoux, tué « le 8 juin. Le soldat yue je fus pbcer en sentinelle ayant resté « plus long- temps près du prisonnier, pourra vous en dire davan» » tage. » ,. , , .
■jP. Cominfrtt se fait-il que vovs, n'ayez pas rendu compte à vos thd^ des âvtliJCet révélations' diV capitaine Oudin \
R. Le tort que j'ai eu est de n'avoir pas rapporté ce fait à mes chefî^ mais je ne pouvais pas me persuader qu'un capitaine en activité et chevalier de Saint-Louis fût capable de traliir le roi , et je ne pouvais pas parler de cela à tort et à travers ; je crois bien cependant en avoir parlé au soldat du poste.
De laquelle déclaration , lecture faite au sieur Bézi , il a affirmé qu'elle était exacte , n'avoir rien à y ajouter , et a signé avec nous les jour et m que dessus.
Signé Sainneville. — BÉZI , Sergent.
Et à l'instant est également comparu le sieur Paul Tisnes , voltigeur du ler bataillon de la même légion des Hautes-Pyrénées , lequel a aussi fait la déclaration ci-après.
« J'étais de garde au poste de la prison de Roanne la nuit qui
» précéda l'exécution du capitaine Oudin. Je fus placé en faction
» dans le cachot qu'il occupait à une heure du matin , et j'y fus
w conduit par le sergent qui nous commandait. Au moment où le
jj prisonnier nous vit arriver , il nous dit : Approchez-vous braves
î) militaires. Vous voyez un ancien militaire qui a trois décorations.
î) Le sergent lui adressant alors la parole , lui dit : C'est donc vous qui
» vouliez nous faire brûler la moustache 1 Non , répondit le pri-
j) sonnier. Je n'ai jamais voulu faire de mal à aucun militaire.
j) C'est le capitaine Ledoux qui a été tué , qui nous a trahis. 11 se
■n plaignait beaucoup du capitaine Ledoux. C'est lui , dit-il , qui
j) était dans notre conseil , et qui a trahi tous nos camarades , et
» un de notre conseil l'a tué en sortant de chez le général Canuel j
w c'était un lâche. 11 conta ensuite comment il s'était sauvé ,
» comment il avait été arrêté : il parlait de tout cela avec beau-
» coup de sang-froid , et quoiqu'il dût mourir , on ne s'en serait
» pas douté. »
Lecture faite de la présente déclaration au sieur Tisnes « il a affirmé qu'elle contenait la vérité , er n'y vouloir rien changer. Nous en avons rapporté acte qu'il a signé avec nous ce jour trente» un octobre mil huit cent dix-sept.
Siané Sainneville. ^ Paul Tisnes.