‹ Gerard de Rovssillon. S'ensvyt l'hystoire de monseignevr Gerard de Rovssillon, iadis dvc et conte de Bovrgongne et d'AcqvitaineChapitre 4 sur 21 · XVJ · texte numérisé non relu

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cèfes de Viviers & d'U'^s, au-delà de ce fleuve. Sa confiance ne fut point trompée; Gérard fut protéger V enfant contre les emportements de fes frères ^ & ajfurer la couronne fur fa tète débile. Ce royaume lui dut f on exijience; il chajfa les U^rmands du delta de la Camargue, &, non moins redoutable aux ennemis du dedans quà ceux du dehors , il arrêta fous les murs de cMâcon Charles-le-Chauve , quife difpofoit à envahir les états de fon neveu. Ilfufifoit à tout, & les feigneurs provençaux s'apaisèrent à ce point , fous fon vigoureux gouvernement, que les chartes nous montrent le comte Fulchrade lui-même au nombre des Fidèles de Charles Ù des ojffîciers de fon palais (i). Ces chartes

(i) Diplôme inédit de Charles, roi de Provence, publié par M. de Mas-Latrie dans la Bibliotlièque de l'Ecole des chartes, t. i , p. 491.

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fe plaifent à exprimer auffi Vaffeâlion du jeune prince envers le comte Gérard, quil appelle fon parent , fon gouverneur Ùfon père nourricier/ elles témoignent furtout despieufes difpojîtions du gouverneur qui n intervient que pour folliciter la libéralité de fon pupille en faveur des églifes, Ùpourfe dépouiller lui-même à leur profit (i).

La mort de Charles , emporté par un accès d'épilepfie , en 86^ ,fans laijfer d'enfants, ne changea point lafituation de Gérard. Louis Ù Lothaire furent d'accord en cela, quils lui laissèrent le gouvernement entier des provinces quils s'étoient âprement difputées. Engagés au loin dans des guerres Ù des affaires

(i) Dïplomaîa Caroli, régis Provinciœ. Hiftoriens des Gaules VIII, }96.

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difficiles, ils s'en remirent à lui du foin de leurs intérêts, & les deux moitiés du royaume de Trovence rejièrent unies fous fa puijfante main.

Oejl à cette époque , Ù dans les années qui précédèrent 868, qu il faut placer les fondations du monaflére de Toutiéres (i) Ù de la célèbre abbaye de Ue^elay, dues à la munificence de Gérard & de "Berthe, fa femme. T>éjà dan^ un âge avancé , ils nav oient confervé quune fille, nommée Eva, qui s'ajfocia gêné reufe ment à la difpofition qu ils fa f oient d'une partie de leurs riches alleux en V honneur de U^ S. Jéfuf-

(i) Puhiiriit , monajienuin Pultarienfe , le monaftère de Poullières, Pouthières, Poutières, aujourd'hui Pothières, village de la Côte-d'Or, canton de Cliâtillon-fur-Seine. L'orthographe de ce nom a beaucoup varié , &. Poytiers , comnne l'écrit notre ronnancier, repréfente fans doute la prononciation vulgaire du feizième fiècle .

Chriji, de lafainte Vierge fa mere^ Ù des glorieux apôtres faint Tierre & faine Taid.

UaSle de donation, le tejlament ^ comme on difoit alors, ejl foufcrit par Gérard, fa femme & leur fille, mais il ne porte aucune date. Tarmi les perfonnes recommandées aux prières & aux fifff^g^s des deux monajlères, figurent en première ligne & comme bienfaiteurs du comte l'empereur Louis-le-TDébonnaire, l'impératrice Judith & même leur fils, le roi Charles alors régnant; viennent enfuite les noms de Leuthard 6* de Grimilde , père & mère de Gérard, accompagnés immédiatement de ceux de Hugues & de "Bava, qui nous femblent défigner le père & la mère de 'Berthe ( i ).

(i) 0 In nomine fanctae &. individuae Trinitalis, Patris & Filii &. Spiritus fancti. Incipit inflrumentum feu teftamentum Gerardi co-

Oeji à ces renfeignements fuccinàls que fe réduit ce que Von fait de la famille des deux illufires époux; tout ce que les généalogijlesùles hijîoriensyont ajouté ne repofe que fur des conjeéîures.

La fondation de Ue\elay fut confirmée, en 868, par un diplôme de Charles-le-Chauve , fouverain de cette partie de la "Bourgogne oîi étoientfitués les deux monafléres. Gérard y eji appelé fon très cher Ù très aimé Comte (i); mais , en dehors de ces formules oficielles, il laijfoit déjà percer fon inimitié contre Vadverfaire confiant defes

milis, fundatoris monafteriorum , videlicet Pullarienfis & Vizeliacenfis , &c. »

[Hiftoria V'r^eliacenfis monajîerii duodecimo Jœculo aggrejfa & abfoluta. Apud Spicilegiuin Lucœ d'Achery, ex nova cditione. Parifiis, 1723 , 3 v. in-fol. , t. 11, p. 498-)

(1) B Cariffimus valdeque amantiffimus nobis Gerardus ilkifter Cornes, n [Diplomu h'uroU Citlvi pro rijiliiicenjî civnobio.H\(t. des Gaules , viii, 608.)

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