‹ Gérard et MarieChapitre 3 sur 16 · CI.ORCKTI F · texte numérisé non relu

CI.ORCKTI F

Du tout, du toul... a tante Maiguerile qui ne fait que de se lever , et à qui on n'a pa. encore passé son ^^^*^<1">" •' ramages... A}, bcn'- elle jetlerait cl beaux cns, si elle no va. i x.n homme entrer chez elle , surtout maintenant qu eUe n. peut plu, .s'.sauver. et qu'elle est forcée de rester toujours daws son grand fauteuil.

Cependant, petite cousine, il me semble qu'un futur a le droit d'exiger...

GEORGETTE

Après, je ne dis pas , mais avant , iamaisj du moins à c' que répète tante Marguerite, parc'que moi, vous sentrz ben, que je ne peux pas encore .savoir ça... Au surplus , vous' .tarderez pas à voir vot^ femme . car tout a l heme quand elle a r'connu vot' voix , elle vou ait descendre pour vous montrer sa belle robe, ses gants blancs et ses ,olis ru-

^^"*- PIERRE

Cette chère Marie!

GEORGETTE

Je croi.s bien, elle nr pense qu'à vous... c'ite .uni cl r vou. appelait tout l-.nnt en rèv-.nt.. . »lle vous voyait partout.. .. Xse crovait dé.àA la danse, et elle me donnait des coups de pieds en faisant des enlreciiats... alors moi par conliecoup , je faisais comme elle , et...

PIERRE

Comm. nt, p'titc cousine, tu rêvas donc aussi 7

GEORGETTE

Tiens, s, ^eréve .. ,e ne lais quVà .. et cVst bien naturel... une fille à n.arier , ça n'a guères autre chose a taire.

Air : Vaudeville des Scythes.

Je rêv' souvent , pendant la nuit entière . Oui'ëpouse enfin l'objet qu" chérit mon cœur ; J'rèv' qu'avec lui, je vas rhez M. I maire , Et qu' nous signons tous les deux not' bonheur, i^bis.)

Le jour parait... malgré moi je ru cveiiu : J'vois qu'moii époux alors vient d'clécampcr .. Mais j'ferm' les yeux , je me r'mets sur l'oreille | # . Et je m'endors afin de rrattra[)er. {

PIERllK.

Et ça te fait patienter , n'est ce pas?

GEORGETTE, sonj.iiant.

'•Dam', quand on n'a que ce moycn-Ià.

PIERRE

Ali! mon dieu! comme tu me dis çàl... est-ce parce qu'autrefois nous devions être unis l'un à l'autre?... GRORGETTE.

J'crois bcn... Quand un' fil'e a reçu des seimiui.s... Mais les [loniraes . v'ià comme c'est... ça vous jure tout ce qu'on veut... ça pleure... (^a soupire... et puis, au luumcnl (l("risif.. ça vous plante là... sans qu'on ait rien du tout... Oli ! je sais ça par expérience, moi...

PIERRE, l'u as donc eu bien du malheui ?

GEORGETTE

V'ià la quatrième fois que je manque de me marier

Pour l'un , j'étais trop petite...; pour l'autre- j'étais trop grande ou trop bavarde... ou trop... ou tiop... ça n'en finissait plus... et c'était une injustice... . car enfin on n'est pas

parlait

PIERRE

Rassure-toi, gentille comme tu l'es, tu ne manqueias pas de prétendus.

GEORGETTE

Oui , c'est ça qu'il y en a tant de garçons dans le village ; ils sont quatre, et encore 1' pi-emier r'fuse de .se marier dcpui.s soixante-quinze ans... le second n'a plus qu'uu bras, le troisième boîte tout bas , et le quatrième est imbccille... Je \ous demande un peu celui qu'on doit ciioisir. PIERRE.

Ah ! dam', petite cousine, quand on esl si diiVicilL , il ne faut^pas être pressée.

miî^mk^Êm

GEORGETTE

Ali ' ben oui , mais c'est que je le suis un peu moi... encoi'c si voue frèi'e Gérard était ici?.. Puisque ma cousiae ne l'aime plus , et qu'elle m'a pris mon amoureux, je pourrais ben prendre le sien... Dieu ! était-il bel homme aussi I... et bon garçon surtout!... L' dimanche, c'est lui qui nous faisait tous danser avec son violon... 1rs chansons les plus nouvelles, c'est encore lui qui nous les apprenait... deux amans ou ben deux amis , vf naient-ils à se fâcher, il appaisait bien vite la querelle au moyen d'un baiser... ou d'une bouteille de piquette.,., et à la veillée donc , quelles jolies histoires il contait aux mamans et aux jeunes filles !... on se pressait autour de lui ; les enfans montaient sur ses genoux , sur se» épaules , ou ben se pendaient après sa veste... enfin , tout le monde l'aimait, lo chérissait dans le village . aussi quand il est parti, ça a été une désolation générale.

PIERRE

Je le sais comme toi, Georgetle ■ mais je t'en prie, ne me rappelle pas le souvenir de ce bon frère.

GEORGETTE

Non, non... c'était seulement pour vous dire que c'élaii imprudent à vous d'aimer ma cousine... car enfin, s'il n'était pas mort sur le vaisseau ous qui s'est embarqué.

PIERRE

Gcorgette , tu sais qu'aujourd'hui doit être pour moi un jour de bonheur.

GEORGETTE

Allons, vous avez raison.... ne parlons plus d'ça.... aussi bien, Marie doit être prête... je vous laisse ensemble, et quanta moi, puisqu'il n'y a plus moyeu defaireaulrement... cil bien ! je prends mon parti en bi'ave.

Air ; Du yaudeuille du Château perdu.

Pour qu'aujourd'hui ma cousin' soit heureuse , Sans balancer, j'iui cèd' mon prétendu; J 'vas jusqu'au bout nie montrer généreuse , Puisque jamais un bienfait n'est perdu.

J'cours donc de c'pas prév'nir tout le village, L'adjoint, l'bedeaii, l'notaire , etcetera , J'veux qu'vot' bonheur enfin soit mon ouvrage , P't'êtr'ben qu'un jour le ciel me le rendra.

PIERRE

ÎOui , qu'not' bonheur devienne ton ouvrage , Et j'en suis sûr, le ciel te le rendra GEOUGETTE.

J'veux qu'vot'bonheur enfin soit mon ouvrage , etc.

Elle sort.

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