SCENE II
PIERRE , MARIE
PIERRE , allant au devant de Marie.
Enfin, te voilà Marie , je t'attendais avec impatience.
MARIE, vêtue en mariée.
Pardonne-moi, Pierre, c'est qu'en ri ttacliant cette couonne, ce bouquet... je tenais à te pai'aître jolie.
PIERRE, avec joie.
C'est donc aujourd'hui que tu vas m'appartenir..... longemps j'ai voulu te cacher mon amour , comme toi tu me :achais le tien... mais, cet effort était au-dessus de moinême, et je puis te le dire maintenant.
Air : Du Partage de la Richesse. ( de Fanchon. )
Depuis louglenips je soupire en silence, Toi seule ici , possède mon amour.
Mais à la fin , je perdais patience , Puisque j*8avais qu' j'ëtais payé de r'tour. Hâtons-nous donc maintenant , de nous rendre ;Au tendre vœu que formait notre cœur^ Car, tous les jours qu'on est forcé d'attendre , Sont des instans perdus pour le bonheur. MARIE.
As- tu donc pu jamais penser que mon impatience ne fût lias égale à la tienne .. je comptais comme toi... les mois....
(8) lesiours... les heures... mais uotre union dépendait-elle moi seule... ton père Gérard n'avaitil pas reçu ma foi ^.. PIERRE.
En effet, et tu ne pouvais oublier Ion serment.
MARIE. 1
Mes parens m'avaient destinée à lui... accoutumée dèsm? plus tendre enfance à l'entendre dire qu'il m'aimait, )( sentis que j'avais aussi bien de l'amitié pour lui... je m. rappelle encore la peine que ça me fit quand il dut quitter l< Provence. Il me prit la main, me conduisit jusquau hau de la montaane... et là... me montrant la mer et son vais seau prêt à mettre à la voile , il me dit , les yeux momlW
de larmes :
« Marie, j'vas défendre mon pays..i je vous quHte... ma » jurez qu'avant mon retour, vous ne serek pas à d'autn ,, qu'à moi... si dans cinq ans je ne suis pas revenu , et qi )) vous n'ayez pas reçu de mes nouvelles , alors vous sen » libre. »
Je lui promis tout sans peine...
Air : Epoux imprudent , fils rebelle.
Lorsqu'à regret il quitta le village ,
J'avais juré d'iui garder mon amour.
De ma promess' maiiu'n?nt il m' dégage!,
Puisqu'il n'est pas encore de retour,
El qu'aucun' l'etlr' nest v'nu' depuis ce jour.
Je savais bien quel amour était l'uôtre ,
Mais j'ai dû m'iaire , hélas ! jusqu'à prçsent ;
Car , tu n' pouvais compter sut un serment
Qui m'en eût fait trahir un autre.
PIERRE
Je lésais... aussi celte idée est-elle venue souvent détru toute ma joie... car s'il ne t'a pas écrit, toi qu'il aimait com je t'aime!.. . c'est qu'il n'existe plus... pauvre Gérard!., ne dois donc plus le revoir...
MARIE
Il était si bon-., tout le monde le chérissait| dans le lage... mais éloignons ces tristes souvenirs.
PIETIRE.
Tu as rfiisoïi... mes larmes rw pourraieiit me n^ndre mon frère .
( Ritournelle. ) MARIE.
Tiens, justemeiil , voilà tous nos amis... Gcorjfelte nous les amène... encore quelques instans et nous serons unis.