PREMIERE PARTIE
INVITATION AMOUREUSE DE JESUS A LA RELIGIEUSE ADORATRICE DU PRECIEUX SANG.
Minuit sonne, venez, mon épouse très chère, Venez, car il est temps ;
Sortez de votre couche, et venez en prière, Venez quelques instants.
C'est assez vous attendre, à colombe chérie ; Approchez de mon cœur ;
Et je ferai goûter à votre âme attendrie Un céleste bonheur.
Venez me consoler dans cette solitude Ou je veille toujours ;
Réparer des ! mains la folle ingratitude, Par vos tendres amours.
Entendez-vous l'écho de leurs fêtes coupables ?.. Ah ! moi, je l’entends bien..... :
Avec vous j'oublierai ce: rumeurs lamentubles, Dans un doux entretien.
Prête-moi, bonne Soeur, et ton corps et ton âme, Pour les sacritier :
N'apaiseras-tu pas ce besoin qui n'affame De me crucitier ?
Je m'immole toujours, sans fin et sans relâche, Pour les pauvres pécheurs :
Depuis l Golgotha, sans me lasser, je tâche De gagner tous les cœurs.
Je n'ai plus, dans le Ciel, ni de sang à répandre, Ni de vie à donner :
À m'en fournir encor, veux-tu bien condescendre ? Veux-tu te condamner ?
Prête-moi tes genoux pour que je m'agenouille En face de l'autel :
Ta chair pour qu'elle tremble, et ton sang pour Des tendresses du Ciel. {qu'il bouille
Piète-moi de tes yeux jes regards et les larmes :
De ton sein les soupirs ;
De ta voix les accents : de tes hymnes les charmes :
De ton cœur les désirs.
Tout cela, c'est à moi : je puis souffrir encore, En te faisant souttrir..
Sois généreuse et forte : à mon cri qui t'implore Hâte-toi d'accourir.
Lève-toi, bien-aimée : allons, courons ensemble : Allons nous immoler ;
Allons, pendant la nuit, dans les ombres du temple, Allons nous consoler.
Je revivrai par toi de mon ancienne vie :
Je reverrai les jours
Où la soif de souffrir, toujours inassouvie,
Me consumait toujours.