NOTES
Aurillac.
En 1505, les calvinistes s'emparèrent d'Aurillac, détruisirent le monastère et brûlèrent la bibliothèque. Les pièces qui échappèrent à leur fureur furent dispersées, et peut-être ont-elles disparu dans la tourmente de 1793.
L'hisloire d'Aurillac et de son monastère est donc très-difficile à écrire. Elle a été , dans ces derniers temps, l'objet de nombreuses recherches pour les érudits du Cantal. Le nom de la ville, son antiquité avaient déjà , dans le xvn e siècle, donné lieu à de vivea discussions. Pour les uns , Aureliacum , Auriliacum lirait son nom de Marc-Aurèle ou d'Aurélien. Orlhac , Orliac signifiai eut , d'après d'autres, lac d'or; or il y a, soit à cause d'un lac sacré où les Gaulois auraient jeté en offrande une partie de leurs richesses au retour de leurs expéditions aventureuses, soit à cause des paillettes d'or roulées par la Jordanne. L'industrie des orpailleurs, quia existé dans Aurillac jusqu'au JVUI* siècle, était à leurs yeux une preuve sans réplique de l'or que l'on trouvait en abondance dans le lit du torrent, qui n'entraîne plus que des pierres et du sable.
L'auteur de l' Histoire parwnétique des trois saints protecteurs dit 1/aut-Auiergne, Dominique de Jésus, carme déchaussé, qui, du reste , est dépourvu de tout sens critique , se moque, en 1635, de la seconde explication de tous ces coûtes , de ces étymologies tirées par les cheveux et fort puériles. Il réfute ceux, qui contestent l'antiquité de la ville ; il cite la grande quantité d'urnes antiques trouvées , de son temps , dans les faubourgs d'Aurillac; et, de plus, dans un village tout proche appelé Arpajon , on a découcert un sepulchre en marbre blanc avec une belle inscription , qui dit: Que Constantius nobilis a esté enterré là , ce gui donne à cognoislre que ce lieu a esté fréquenté autrefois (1).
On ignore dans le pajs ce qu'est devenu ce sépulchre; mais les découvertes nombreuses faites tous les jours à Arpajon , à Aurillac
(!) Hist. Parœnélique, p. 709.
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et dans les environs , de médailles des empereurs romains jusqu'il Sévère, d'urnes, de statuettes, d'objets d'art, de poteries gauloises et gallo-romaines ont confirmé la justesse des observations du Père Dominique de Jésus.
L'opinion, qu'il a si rudement combattue , a toutefois été reproduite , dans ces derniers temps surtout , par feu M. le baron l)elzons. Cet écrivain , se laissant égarer par l'amour de son pays natal , voulait que la Haute-Auvergne n'eût jamais subi le joug des Romains ou des Francs. 11 expliquait par les émigrations , par les relations commerciales des babitants de l'Auvergne , par leur goût pour les arts , les trouvailles faites dans la vallée de la Jordanne ; il prétendait en outre que Gérauld ne reconnaissait pas la suzeraineté des successeurs de Charlemagne et qu'il n'avait jamais porté le tilrede comte. C'était par erreur qu'on l'avait glissé dans sa biographie parsaintOdon et dans la charte du roi Charles-le-Simple ; enfin, la Haute-Auvergne n'avait pas do villes avant le X e siècle ; ses babitants vivaient dispersés comme les anciens Germains , et Aurillac ne devait son origine qu'au monastère autour duquel saint Gérauld avait d'abord groupé cent esclaves affranchis par sa main. C'est aussi à saint Gérauld qu'il faisait remonter la plupart des privilèges municipaux qui furent garantis à Aurillac à la fin du xin e siècle.
Si une conviction profonde, beaucoup de lecture, des rapprochements ingénieux mais forcés , de l'esprit suffisaient en histoire pour établir un point controversé, M. le baron Delzons n'aurait pas eu de contradicteur. Son spirituel et savant adversaire, M. Durïf, juge de paix à Aurillac, demandait et lui opposait des preuves positives , delà une longue polémique pleine d'urbanilé et d'intérêt que nous ne pouvons qu'indiquer dans ces notes (Voir l'Annuaire du Cantal et les Tablettes historiques de l'Auvergne ; I. ni, îv, vij.
Il résulte pour nous de ces débats, que si nous rejetons le lac d'or, et les sables aurifères de la Jordanne , si nous ne pouvons assurer que le nom d'Orlhac est d'origine celtique , parce que l'on trouve Orlhac dans la Charente Inférieure, Orléat dans le Puy-de-Dôme, Orllionnac dans l'Aveyron, Orliac, Orliaguet dans la Dordogne, Orliac de Bar dans la Corrèzo (I), ou qu'il vient par corruption de Marc-Aurèle ou d'Aurélien , il est hors de doute qu'il existait à Aurillac un centre de population assez considérable avant la naissance de saint Gérauld. A défaut d'autres témoignages, cela ressortirait des expressions de son biographe. Odon distingue san3
(1) Hém. mss. sur l'origine de la ville d'Aurillac, par M. le baron Délions , p. 10.
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cesse Aurillac el lechàleau-fort. Il ne laisse jamais soupçonner que ta ville soit d'origine récente.) que le monastère ait été construit dans un désert, au milieu des forêts. Le père tic saint GérauhJ 86 plaisait beaucoup en ces lieux; il y avait mené sa femme pour y faire ses couches. Le château avait une église ; il en avait fait bâtir une antre dans Aurillac où il voulut être enterré avec Adaltrude. L'éreclion de celte église dans la vallée ne prouve-t-elle pas la présence de fidèles nombreux ? — D'un autre L'été, nous conviendrons sans peine que le bruit des miracles opérés sur le tombeau du Saint, les privilèges accordés à l'abbaye , les droits de commune donnés à Aurillac dans les siècles suivants contribuèrent à augmenter sa population.
Vie <Ie saint <«t>rau!<l par saint Oriou.
La vie de saint Gérauld, par son contemporain, saint Odon , est divisée en quatre livres. Le premier raconte la vie de saint G 6rauld jusqu'au moment où il songe à renoncer au monde. Le second indique la conférence qu'il eut avec quelques-uns de ses amis sur sesprojels de retraite dans un monastère ; il dit ses pèlerinages, sa piété, ses miracles, sa donation à Saint-Pierre de Rome, la construction du monastère et ses efforts pour y établir la régularité. Dans le troisième, l'auteur exprime la douleur de saint Gérauld à cause de la conduite des moines , son espoir dans l'avenir. Il parle de la dédicace de la nouvelle église, des précautions prises par le fondateur pour empêcher les procès aprèssa mort ; il raconte ses derniers moments et l'afllietion du peuple qui assistait à ses funérailles. Le quatrième livre est consacré au récit des miracles opérés par saint Gérauld ; il combat les doules de quel.jues personnes qui en contestaient L'authenticité,
Dora Marner et André Duchesne ont imprimé les premiers celte biographie dans la Biblîotheca Clttniaceims, el ils y ont ajouté d'excellentes notes critiques et historiques. Quelques manuscrits avaient un cinquième livre. Il se composait, dans un mss. de Cileaux , de deux chapitres et d'un sermon sur saint Gérauld, sans nom d'auteur , divisé en huit leçons, pour èlro lues à l'office de malines. Dom Mabillon ne les a pas jugés dignes de voir le jour, au grand regret des auteurs de l'Histoire littéraire de la Franco. Dans un mss. que possédait Aurillac, on ne trouvait, comme cinquième livre, qu'une homélie en l'honneur du saint. Le I'. Dominique de
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Jésus l'attribue à saint Odon, cl il en cite quelques lignes qui prOUTeol que c'est une pièce apocryphe.
(Mon nous apprend, dans une épîtrc dédicaloirc à Vablé Aymon el dans nue préface j mises en tète de la hio^raptuc , dans quelles circonstances et avec quelle attention il a recueilli les faits <jui devaient entier dans son travail.
A cette époque de réveil religieux , l'abbé Aymon , son frère , Turpion, évoque de Limoges, et plusieurs autres personnes le forcèrent, par leurs instantes prières', d'entreprendre cette œuvre, la lui imposèrent par îles conseils impérieux (l). Odon , qui partageait les doutes île bien des gens sur les miracles de (ïérauld , donnait des réponses évasives, lorsque, appelé par des affaires an monaslère de Tulle, il (ut conduit à Aurillac. par Aymon qui assisla (2) lui-nièine à l'enquête à laquelle se livra le futur historien. Odon , Contraint de rédiger la vie de (iéranld, ne voulut admettre que. des faits positifs, recueillis de lu bouche de témoins oculaires. 11 en cite spécialement quatre, un moine, un prêtre, deux nobles que ("ïérauld avait élevés; il cile aussi un des jeunes gens qui avaient été envoyés à Vabres , vivant encore au moment de l'enquête , racontant, écrivant les faits qu'il avait vus de ses propies yeux. Ne serait-ce pas le moine Hugues , compris déjà au nombre des qualro principaux témoins? Je le croirais volontiers, car au 1. m, c. 33 , il déclare passer sous silence des miracles, parce qu'ils ne sont pas afin niés par les quatre témoins. Si le jeune homme élevé a Vabres n'eûl pas élé l'un d'eux, assurément Odon aurait porté leur nombre à cinq. Ce moitié avait-il composé une vie de (ïérauld î S'élaitil contenté de donner sa déposition en partie de vive voix, en partie par écrit'? Nous l'ignorons.
On s'est demandé à quelle époque Odon avait fait celte biographie, Adbetnar de Cbabannes dit qu'il était alors ahhc de Saiiit- Marlin-de-Ttcdc ; ce serait donc après l'an 92ô , car ce fut cette année, la troisième du règne de Itaoul (:J) , qu'il remplaça l'abbé Aymon, appelé à diriger le monastère de Saint-Mai tial-de-Limoges. I.e /frère Chronivoii AurHiattétisii Ahbatiœ veut au contraire qu'Aymmi gomernut encore le couvent de Tulle.
Batuze, D. Manillon , admettent l'opinion d'Adliémar; les auteurs de l'Histoire littéraire de la France se contentent de dire que saint Odon élait abbé lorsqu'il composa la vie de saint (ïérauld, sans indiquer dans quel monastère; ceux delà Gallia Christiana
\ 1 1 tmptnOHtvanras... mutin viprtcum me corgerunt.
ti!) Cm» tt lu eoram ttdcs.n-s.
[7» lialuz. MX. Tutti., \\b. II, p. 74.
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veulent qu'il gouvernât déjà le couvent d'Aurillac et qu'il ail écrit celte vie peut-être dans son enceinte.
Je me permets, à rencontre de tant de savants personnages, de penser qu 'Odon était simple moine quand il fut obligé de se rendre aux prières de ses amis. Cela me paraît ressortir de ses cipressions. Si Odon eût dirigé le monastère de Tulle, pourquoi, au lieu d'expliquer la présence de l'ancien abbé, Aymon, eùt-il cherché un motif pour excuser la sienne? N'eùt-il pas résidé à Tulle puisque Bernon gouvernait la Baume et Cltiny [l)î Abbé de Tulle, c'est-à-dire d'un monastère peu distant d'Aurillac, n'aurait-il pas été frappé lui-même, l'un des plus actifs réformateurs de la vie religieuse, du récit des vertus et des miracles de Gérauld , d'un seigneur laïque, n'aurait-il pas cherché à en vérifier l'exactitude?
Aurait-il fallu le conduire, comme de force, au tombeau du saint ? Des relations d'amitié existaient entre les deux monastères; ils avaient été soumis , quelques années auparavant, au même abbé ; cet abbé, originaire de la Haute-Auvergne, parent de Gérauld; avait fait une donation au couvent de Saint-Martin ; la reconnaissance , à défaut d'autre sentiment , n'aurait-elle pas rendu saint Odon moins rebelle aux prières de ses amis?
Telles sont les conjectures qui me font placer, avant l'année 923, la date de ce livre. Quant à l'idée émise dans la Gallia Christiana, elle n'a pu échapper que par distraction à ses savants auteurs; elle est en contradiction formelle avec le texte de l'écrivain.
L'histoire littéraire de la France cite deux traductions en français delà vie de saint Gérauld :« L'une est raanuscritc.sans nom d'auteur, » dans la bibliothèque du Boi , fonds Colbert , sous le n° 1904 , et » faite par ordre de Philippe , duc de Bourgogne et comte de » Flandre; l'autre est imprimée et due au travail de M. Com- » poing , curé de Savênes au diocèse de Toulouse, d La traduction de M. Compaing [et non Compoingj n'offre aucune garantie d'exactitude, c'est une amplification sans valeur du texte de saint Odon. Quant à la traduction indiquée sous le n° 1904 , elle n'a aucun rapport avec la biographie de saint Gérauld d'Aurillac, c'est la vie de Gérard du Roussillon.
Le P. Dominique de Jésus, dans son histoire parœnétiqtie , ne donne guère pour saint Gérauld que le texte de saint Odon qu'il commente à sa manière. Il cite plusieurs manuscrits de l'abbaye d'Aurillac que l'on ne possède plus. Ce n'était, suivant toutes les apparences , que des traductions fort libres de l'ouvrage primitif. En voici les titres :
(I) Bernon est morl en 927.
1°. La vie de saint GérauM en rhylhme en langue vulgaire, par Maffrez, moine d'Aurillac. Je regrette qu'il n'en ait pas donné une seule ligne.
2°. La vie de saint GérauM en vers latins rhylhmiques, par un religieux d'Aurillac. Il l'appelle aussi le poèti anonyme, l'auteur de la proue latine ; et il en cite plusieurs extraits qui n'ont de valeur ni pour le fond ni pour la forme. Cet écrivain est posléiieur à Jean de Salisbury.
3°. Vila S. GeraMi, par Bernard Guidon, éveque de Lodëve.
â°. Traduction de l'histoire de saint GérauM , par Pierre de Cambefort.
Cette traduction élait inconnue aux auteurs de Y Histoire littéraire de la France , qui ne menlicinnent même pas le P. Dominique de Jésus, dont l'histoire para?nélique avait été publiée en 1633.
De nos jours, feu M. le baron Delzons avait fait imprimer, dans les Tablettes historique* de l'Auvergne (1) sur saint GérauM , une notice où la critique aurait à faire bien des réserves; mais elle aurait approuvé une nouvelle traduction du texte de saint Odon, si la mort n'eût interrompu ce travail. J'en ai dû la communication à l'obligeance de M. Henri de Lalaubie, gendre de M. le baron Delzons , hérilicr de ses manuscrits et de sa passion pour tout ce qui touche â l'histoire de la Haute-Auvergne.
Fondation et privilèges .lu monastère d'Aurillac.
Le testament de S. Gérauld , cet acte si important pour fixer avec précision la date de la fondation du monastère , et la valeur, la nature de la donation faite à saint Pierre a disparu sans laisser de trace ni dans nos archives, ni dans celles de Rome, comme j'ai pu m'en assurer à Paris auprès de MM. les conservateurs de nos bibliothèques , et , à Home , auprès du R. P. Tbeiner, préfet des Archives secrètes du Vatican, il ne nous reste pour suppléer à cette lacune que le récit de saint Odon , le Mandeburde ou charte de protection du roi Charles-le-Siuiple, quelques mots de la bulle de sécularisalion de l'abbaye d'Aurillac du 13 mai 1561 , et un passage de la vie de saint Génulphe. C'est à ressources diverses que nous avons puisé les éléments de notre récit.
Le texte de saint Odon est vague, il indique les faits en général.
ti Tabl. Il h t. tePAtn>..LVl. d. 71elsuiv.
La charte du Roi rions apprend? que le couvent esl terminé, qu'il a un abbé l'an 899, que Gérauld promet cinq sous par an au Saint- Siège (1). Elle nomme dos terres qui formatent sans doute l'offraude faite à Rome , et elle en désigne d'autres données ou divers liens, depuis celle Époque, par des personnes craignant te Seigneur: per loca à Deo limenlibns ibidem tradita.
La bulle de séculai isalion dit que l'abbaye avait été fondée pro iino abbale et triginta norcm monacbù et eerlis aliis personis lam regutaribua quam lakis pro servitio cjusdom- monasleni, sans indiquer l'époque de la fondation. Elle est lisée à l'an 89i , dans la vie de saint de Génulphe (2).
Cette date parait très-vraisemblable , si l'on songe: 1°. que la diarte du Roi est de 899, et qu'à cette époque , le monastère était terminé et liabïlê; 2°. qu'il avait fallu relever ses murs tombés une première fois ; 3°. qu'un laps de temps de quatre, ou cinq années n'était pas trop long pour préparer à la vie religieuse les jeunes gens envoyés à Vabies.
Voici la charte du Roi :
MANDEBV KDE HEG1S KAÏtOLl (3).
In nomine sandre cl individua' TrinEtatfS, Amen. Karolus dn iua propi liante clementia lies. Si quid nostrae liberalita'is cil (ni di\ îno loeis mancipalis dicamus, id nobis profuturum in œterna bealitudine nullatenus duliilamus. Noverit igitur omnium sancla? Dci Ecclesïa? nostrorumque tidelium cuiii prsesentium , tuni fulurorum solertia quoil illustris viri, ac dilecti Coin i lis Geraldi , missi cura inonaclus accedentes ad nos lue subi imita lis pneseiitiam liuinili pelilione deprecati sunt ut monasteiium, quod est in pago Alvernicosilum. cognomine Aurilacus , in honorera Apostolorum priucipis, et beati Clemenlis fundalum , ubi abbas Addgarîus, priées» videlur una cuiu norma Monacorum , ibidem Deo fainulanliuni
(1) Poleslati S. Pelri Piclensis persahant quinque solidos annis singtilis. A- bnrliesne el Mnhilloti admettent piclensis. Ad. SS., samil. V, p. 8.
Dominique de Jésus Induit Satnl-Pierre de Poitiers, p. 688. Ne ttllt-H pas lire piclens.es.. . sol dns. nu hu-n, avec la bulle d'Uiliain 11, pictavensis moneta! solidos? Celaient des sons d'or , comme ceux ipi'olïril Guillaume due d'Aquitaine , ù la fondation de Cluny, Ordcr. \ ifal. ttiW. teeUf-, I. 11.
(2) Balui., UUt. Tutti., I. II, c. 1, ji. 71.
(S) Le texte csl pris dans Dominique de Jésus . les variantes dans D. Mabillon , Ada SS. Ord. liened., sa?c. V, p. S. — (tu trouve la même pièce manuscrite dans les Notes de Baltne, de latlild. imper., arm IV. p*n. Ci, n« S.
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cl res eidein uionasferio , quas idem Abbas, et Monachi , et ipse reetor et fundalor ejusdem lod (ïeraldus tenait, lioc est Ecolcsia sancti Pelri in Exilcnsc, et 1 Circiuiaco cum Ecclesia sancti Giricî , mai menais et servis de qua ipsi Monachi pofestati sancli Pétri a I'iclensis persolvant quiuque solîdos, soute singulis ; et 3 Magr imno in * Coudadensis , et Yinieris per loca à Deo Umenlibus ibidem (radita et (nantis, vel omnia ad jam dictum locum pertinenlia, tam in rébus quam in mancipïis, sub iminunitalîs noslra; tuitione suscipercmus, et oostrà authoritate pradlctuta monasterium , vel rectores illius sub plenissima immunilalis nostrae tuitione et delensione esse dcccrneremus. Horum itaque libenlissime faventes prffcibus jussimus et pcr nos Ira- innmmitatis edicUun pra'cipimus ut ipse Abbas, et Monachi ibidem degenles sine ullius judicis poleslale nisi ipsi us Geraldi, et sornris sua?, sub noslra Mandcborde eccuri pormaneant , et uflui judex. publiais, vel quis es judiciaria poteslaty, in ecclesîas , aut loca vel agros , ceu reliquas possessiones prrefali cœnobii , quas moderno tempore, in quiuiulibet pagis, et territoriia in Ira dftionem regnï nostri juste, et legâliter possident vel quod dcînceps in jure iprîug locî divina pietas augeri reluit, ad causas audicmlas, vel freda exîgenda aut mancionalicos, vel paralas faciendi, aut t'idei jussores lui 1 endos, seu domines ipsi us moiiasterii tam ingcnuos, quam alios super terram ipsius commandites, dirigendos; nec ullas redhibitiones, aut illieitas oecasiones requirendo, nostris, futurisqiie temporibus ingredi sudeat, vel ea qua: supra memorala sunt penittu exigere pra?sumat. Sed liceat , prtefato abbali, «'jusque siiecessoribus, ae monacbis res supradicli monaslerii, sub noslra immunilatis tuitione, quieto ordine possidere : qualenus ipsis servis Dei ibidem Deo fainulantibns . pro nobis, ae regni nostri stalu, omnipotenlis Dei misericordiain ingentibus precibus exorare dclectet. Lt autem ejus iminunitalîs , atque conlîriiialionis noslra? autborilas majorem in Dei iiomine vigorem obtineat , manu noslra subterfirmav imus, et annuli nostri impressioncsigillari jussiinus. Datuin quarto nonas Juuii, indictïone secunda, auno septîrno , Carolo serenissiino rege. Ileriva?us nolarius ad vicem Fulconis Archïepiscopi recognovit, et subscripsit. Willelmus cornes ambaliavit (1).
' M. Curtiniaco — * riclrnscsï — ] B. Magrino — * Condacense. (1) Dipl. de Louis VII. Mab. Ac. S.; sec. V., p. 8.
Source gallica.bnf.fr .' Bit- 1 ic-thëqut; nationale de France
TESTAMENTOM S. GERALDI (1).
Mundi tcrmino appropinquarite , ruinis crebreseentibus jam certa signa manifestantur, quia his advenientibus, verè mumius 1 arguitur. Et si aliquid de rébus noslris, locis sanclorum conlerimus, retribulorem nobis Domimim esse confidiratis , qui dicit : Date eleemo»i/?iam. Ob hoc igilur ego Geraldus coiisiderans casum fragilitatis humante, et porlimescons ulUmuni trementem diem ju- (licii , propterea cedo ad locum sanctorum , et eorum servientium , et in substantia pauperum, et parenlibus mois , atque (ideiibus, hoc est in primis ad locum ijuem pro Deo, et sancfo Petro condonatiim babeo 2 quod vocatur 1 Aurilacus monasfcrium , hoc est quod à die prjcsenli ipsi monachi possèdent, el medietatem de ipsa curte , et ipsum eastellum cum baccalaria 4 Doininicata , et duos mansos in (irandemonte, et in 5 Fabriciis manso, ubi stabilis visus fui matière 6 Reynaldus, et monachi, post obilum illius omnia ad Aureliacum succédant. De Calucerias curie medielate"] ad ïpsum locum supra noir.inatura dono, et medielafom Reynaldo nepoti meo dono dura vivit, postea ad Aureliacum renianeat. 7 Villa 8 mea , ad illos 3 llermos monachi habeant, villa mc-a 10 Fraximas monachi medietatem Reynaldus medietatem , post obitum illius ad Aureliacum remaneat. " Curligillo Reynaldus habeat dura vivit, postea ad Aureliacurn renianeat. 12 (îlanigo 13 Fcclesia monachi possideant. Curie mea Roaeiua Reynaldus dum vivit leneat, post obifum illius ad Aureliacum remaneat; de hoc quod in ! * Soliago visus sum habere monachi medietatem , Reynaldus medietatem dum vivit ; post obitum illius ad Aureliacum remaneat. Borezia dono Amallïedo filio ib Salomon dum vivit, post illius obitum ad Aureliacum remaneat. Simililer Marconi manso , quem 1C de Aldoaldo emi, dum vivit leneat, post illius obitum ad Aureliacum remaneat. (Juantumcumque ad ipsas causas supra nomiualas aspicit aut aspicere videtur, quffiùtum vel ad inqnirendum cum ipsis mancipiis ibidem manentibus , et eorum consangujneis , de foris his causis jam diclis 17 manentibus, et
(1) Le lexlc est pris dans Dominique de Jésus , les variantes dans la MM. Ctun., n° 1, p. Zi. Ductiesne avait reçu ce le?«t! de Savaron.
1 arguetur — 1 qui — ' Aurelhacus — 1 Dominicaria — ' Faliricas — 8 Raïnaldus ' villam — ' meam — » Ermos — " Fraïbinas — 11 Ci.rlogilto — » Glaitrgo — — " Erclesiain — " Coliaco — 15 Galamrm — lfi omis — 11 degen films.
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rmn omnibus pertinenti», et appondiliis ,s eorum, cl adjaccnliis eoram . ad integrom dono cl 13 sanclo Pelro et sancto démenti , et eorum servientibus dono ad .jure proprium habcndi, tenendi , et 30 iisuinfructuarium recipiendi , ea ratione dum vivo possidcam , cl post obitum nostrum Reynaldus ùtpos meus liabeat potestalem de hoc supranorainato monasterio 21 vel Abbates miltendi , tollendi , 2 - sive causas monaeliorum inquirendi aille Reges , et comiles , et eorum Vicarios , sive in diversis plagis monaeliorum , et eorum familiis, tuitione tenendi. Et 23 ut concessio isla a me fada 2* sit, omnîque tempore lirma , et établi» permanent cura emnî lirmitale , et manibus hominura roborata stipulationc quoque 25 concepla. 26 Facta est accessio ista in mense 27 septembris sub die Jovis anno decimo seplimo 2S quo Carolus Rex surapsit Imperium. El signatum Sfl Geraldo qui douationem istain scribere vel aflirmare rogavit 30 Ferraldi, 31 signatum Vigoui Yieariui Hladino Tugirantii « Et autres île qui la signature a esté rompue, » dit Dominique de Jésus, p. 647.
Possessions du monastère «l'Auriilae.
Le sieur Cambefort escrit en sa traduction (mss. c. 34) de l'hisloire de saint GérauM « que les biens donnez par le sainet pouu raient faire la somme de 80,000 livres, ce que Dumonteil (l. iv, » c. 32, vit. S. Radeg.), escrit pouvoir valoir 200,000 livres, en )> ce temps , de rente annuelle et foncière , qui estoit une grande » somme pour le temps, comme ceux qui sçavent combien les « fermes rapportoient peu eu ces temps-là jugeront aisément. » DoEO. de .1., p, <i8!>.
Comme le 1*. Dominique de Jésus , nous trouvons grande cette: somme, et c'est la ce qui nous fait douter de l'exactitude des appréciations de Cambefort et de Dumonteil. Ils ont dû confondre les époques et les revenus des premières années du x e siècle avec ceux des plus beaux jours d'Auriliac , lorsque la piété des fidèles avait enrichi le monastère.
La charte du roi Cliarles-le- Simple et le codicille dicté par Gé-
" omis — '* sancli TVtri et sancti démentis — " usufriiftuarlum — "ad — 11 sint — " Et acrflssin — 2' omis — annexa — !6 (acta ressione isla — " septemlirio —
M quoi! — h . — -m signatum FataIJi — 11 signatum Vicarni. Le mol signatum
FwM* chnque nom propre.
rauld un mois avant sa mort, sont tes seules pièces qui indiquent les legs que le fondateur a faits à son abbaye. La charte rappelait sans doute les possessions offertes par testament à Saint-Pierre dans son église à Itorac.
Eu dehors de ces deux titres , je ne connais que l'inventaire donné par une bulle d'Lrbaiu II à Crémone l'an 10%, celui qui se lit dans une bulle de Nicolas IV, sans date et sans désignation de lieu (vers 1290) , et enfin le Poiûllé qui fut fait l'an 1577.
Il ne serait certainement pas possible d'arriver au chiffre de 80 et encore moins de 200.000 livres de rente avec les textes du codicille et de la charte ; la bulle du pape Urbain II nous permettrait d'en approcher davantage. Le fouillé met entre les bénéfices qui dépendent de l'abbaye d'Aiirillac : 13 prieurés au diocèse de Saïnt- Flour, 5 en celui de Clermont, 13 en celui de Cahors, 10 en celui de Hodez, 4 en celui d'Alby, 5 en celui de Tulle, 3 en celui de Monde , 1 en celui de Saintes , 5 en celui de Périgueux, 1 en celui d'AngouIème, 7 en celui d'Agen, 4 e " Côlui de Toulouse, 1 en celui de Vence, 1 en celui de Valence, 4 en celui de Die, 1 en celui de Viviers, i en celui de Saint-Ianpies-de-Gompostelle , sans compter les doyennés, cures, vicaires perpétuels, chapelles et autres églises qui sont à la nomiiialion de l'abbé, en la plupart desquels prieurés résidaient des religieux de l'ordre. Dominique de Jésus, p. 773, 4.
Dates de In naissance et de la mort du comte CU'rauM.
Saint Odon ne donne pas une seule date dans la vie de saint Gérauld. Les écrivains postérieurs sont fort embarrassés pour (ixer avec précision l'époque de sa naissance et de sa mort. André Ducliesue le fait naître l'an 8.">t), qui élait la cinquième année du gouvernement d'Abbon, abbé de saint Martial de Limoges, d'après le texte du moine Adbémar, qui écrivait dans ce monastère au commencement du \i e siècle : StCtindtU abbas, Abbo prœfuit annis xi, cujus anno v, Geruhlus Aitriliaccnsi* ruUui est.
Nous n'avons que ce document pour fixer la naissance du If. Gérauld ; il n'en est pas de même pour sa mort. A. Duchesue adopte la date 907, qui fut la sixième année de Fulbert II, abbé de Limoges, et il s'appuie sur cette phrase de la chronologie des abbés de ce monastère : Sexlus alias Futbertus prœfuit annis xx. Hujus serti anno S. Geraldus apitd Aureliacam obiit m idus octobris.
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A. Duchesnc savait bien que c'était à Cézeinac que saint fiérauld était mort ; il n'ignorait pas que la chronique de Limoges, en désaccord avec celle de l'abbaye, portait: Anne Dotnini DCCCCXvH S. (ieraldtts génère , vita et mirœulit eelebrit oliiit. 11 se contente de signaler cette différence , sans expliquer les motifs nui lui font choisir la première de ces dates (1).
I). Manillon (2), d'après l'autorité du jésuite GilL Lacarri , fait naître S. Génitld en SV> et le fait mourir en 900 , le 13 octobre. Les auteurs de l'histoire de l'Eglise Gallicane reculent sa mort jusqu'en 912. Le P. Dominique de Jésus et le curéCompaing vont jusqu'à l'an 018, cl ils donnent le témoignage d'une homélie manuscrite, existant à AuriUac, et qu'ils attribuent à saint Odon : Miàrevit autem Ji. Geraldus mente octavo tertio idttt ejusifcm, atmo ab Incarnutione Domini DCCCCXVIII. Romaine Ecdesiœ présidente Joanne Papa \t»t<>...
L'auteur de la prose latine rimée répète les mêmes mots. Mais comme le pape Jean IX élait mort l'an 900, il est évident que celte homélie n'esl pas de saint Odon et qu'elle a fort peu de valeur, M. Durïl fixe à l'an 917 la mort de saint Gérauld , que feu M. le baron Dclzons reculait jusqu'à l'an 920.
L'opinion de D. Mabillon nous paraît sans réplique. Le codicille de (jérauld est du mois de septembre 009, les dates antérieures sont donc repoussées: Ainhlard , évêquo de Clermont , qui l'a assisté dans ses derniers moments, est mort l'an 91 1 , son ami l'avait donc précédé dans la tombe. D'ailleurs, la sixième féric, seule indication précise donnée par le biographe , ne tombe que le 13 octobre de l'an 909, et c'est en ce jour que l'on célébrait la fête du saint dans l'église d'Aurillac et dans toute l'Aquitaine. La tradilion voulait que le 13 octobre fut aussi le jour de sa naissance.
Brcvc CItronieon Auriliacensis abbatïw.
D. Mabillon a imprimé le Brève Chronieon dan3 ses Vêlera Analecta, 1 vol. in-folio, page 3Ï9. Il a indiqué à la marge quelques variantes qui se trouvaient dans un antre manuscrit désigné par le titre de Codex Claromont. 11 appartenait sans doute au collège des Jésuites de Paris. Nous ne l'avons pas retrouvé. Le P. Do-
( I ) Voir Billiolheca cltmiaeauù, noie, p. 37. (2) Aet, Sanctor,, UttAtl, V, p, 0, 7.
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minique de Jésus s'est servi d'un exemplaire qui avait esté copié par F. MichH Cambefort, religieux d'Aurillae et prieur de Tkiëaae en l'an 1342. La seule différence importa nie qu'il y ait cuire ces manuscrits, c'est que celui de Cambefort admet un abbé «le plus. 11 le place le quinzième, c'est-à-dire l'avanl-dernier. Voici ce qu'il en dit : « Haubert ou Gûtbert extoit grand zélateur des droits de son Abbaye et ncoit du temps de CaUste II , pape. » Comme l'auteur de l'Histoire paraMiélique traduit avec assez d'exactitude le teste de la chronique, il est permis d'en conclure qu'elle ne renfermait pas autre chose.
Le P. Dominique cite souvent un catalogue ancien, les Gesta Al>batum Aureliac. .«s. l'Histoire des abbés d'Auriliac. Ces différents tilres se rapportent au même ouvrage , c'est-à-dire au Brève Chronicon. Je ne sais ce qu'étaient sa Pancurta evtus, p. 682; un Mémoire ancien, p. 502; le livre des archive» d'Auriliac , appelé Prédic, p. 082. Nous avons le Pou/lier de l'abliaye d'Auriliac qui fui l'ait l'an mil cinq cent septanle et sept, page "73.
On peut relever quelque! erreurs dans le Brere chronicov. On y lit que S. (îérauld avait demandé que son monastère « Xulli satijicc- » retur, nisi sancto Pett o , id est summo Pontifia' ad censum duode- » cim solidorum persolcendorum fjuolihet anno. » Les auteurs modernes ont répélé celte assertion. Toutefois, Charles-le-Simple dit, dans sa Charte de protection, que le cens n'élait que de cim/ sous, et la vie de saint Gérauld confirme le fait . puisqu'elle assure que le comte payait dis sous tous les deu.r ans , 1. II, c. 17. Ni la charle de Charles , ni le codicille de Gérauld , ni sa vie par Odon ne mentionnent sa soumission exclusive et direcle au Saint-Siège. Il est vraisemblable que ces conditions furent accordées par le Pape Jean X, au second ahbé d'Auriliac. Pourquoi, en effet, le t'hmnicon dirait-il de lui ; " Impetravit privilegium , ut Auriliaci cœnoa bium ab omni dominatione esset absolutum , nisi sancli Pétri et » Romanac sedis, ad censum XU solidorum Turonensium , » si déjà ce privilège avait été accordé au fondateur '.' Evidemment , il y a confusion. D. Mabillon nous paraît s'être trompé eu admeftanl le cens de douze sous du vivant même de saint Gérauld ( Yetera Annal. , pan. 349, nol. a.)
D'après le Brere Ckronieon, saint Odon serait mort el aurait été enterré à Aurillac, tandis qu'il est mort à Tours, et qu'ila été enterré dans l'église de Saint-Julien. 11 nous dit aussi « Raymuadus » de Vaura eligitur abbas. Qui curât erudiendum Gcrbertiim. » C'est Gérauld de Saint-Sère qui a reçu Gerbert dans le monastère, c'est lui qui le fait élever, Raymond est son maître, son professeur. Il n'est devenu abbé que l'an 987 ; plus bas Raymond est appelé à
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lurt sodalis , le compagnon de Gerbert. — L'auteur du Cfironicon admet en outre la tradition que Gerbert « propter aviditatem saj> pientiae multa circumïbat régna. » II ne parle pas du voyage du comte de Barcelone à Aurillac , il se tait sur les études de Gerbert en Espagne.
Jeu réunit l.-s doux abbayes d'Aurillac et de St-M.'trtin-de Tulle.
Un vieux catalogue des abbés de Saint-Martin de Tulle ne porte pas le nom de Jean. Ealuze ne sait où le placer ; Mabillon, à qui l'auteur de l'histoire de Tulle avait communiqué ses manuscrits, éprouve le même embarras. L'ne transaction passée , à la fin du x* siècle , entre les abbés d'Aurillac et de Tulle , ne permet pourtant pas de douter que Jean n'ait réuni la direction des deux monastères.
Saint-Martin de Tulle , détruit par les Normands, restauré en 894, eut pour premier abbé , dans celte seconde période de son existence, Odolric. Jean dut lui succéder. J'admettrais en outre, sans preuve , il est vrai , mais avec vraisemblance , si l'on considère ce qui se faisait alors , que Jean renonça bientôt à l'abbav 6 de Saint-Marlin qui fut confiée à Aymon.
Le lireve chronicon nous dit que Jean fut cher au Pontife romain Jean. D'après Baluze , ce serait le pape Jean IX , élu en 901 , mort en 906. Mais Jean IX a régné de 898 à 900 , et son homonyme Jean X de 914 à 928. C'est donc sous ce Pontife que je place l'abbé Jean , et cela s'accorde avec la date de la mort d'Adelgaire, qui no précéda que de peu jours dans la tombe le comte Gérauld, décédé neuf ans après le pape Jean IX.
Voici le texte de la transaction entre les deux abbés :
CONCORDIA MONACHORUM TUTELENS1UM ET ÀURELIACENS1UM Circa annum 984 (I).
Notum sit omnibus monasteriorum fra tribus , videlicet Aureliacensis et Tutelensïs tara pry?scn[ibus quam futurîs quia invicem habuerunt querimonias liaimundus Auriliacensis Abbas et Beruanlus Tutelensis Abbas. Johannes Abbas , qui propinquus beati
(h Hiiltlï. Iliiloriœ 7«fel..lib. III. Appendix, coll. 37i>. 8H
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Geraldi dignoscitur fuisse, sitoul ulrasqiie ecclesias tenait, et quas- <1am possessiones gai juris, qua* sibi a parentibus eontigerant , Ecclesia? beati Martini Tutelensis monasterii iledit, scilicet, prcsbyterale mitiislorïum ecclesia? sancti Amantii de Faurcio, et très mansos in eadem cnrte, mansum Geraldiui et mansum Frudini, et mansum Kolgerii, et quindecim debilales porcos ïti eadera curte, freda regalia qua; Johanncs babebat aunuatim do manu Régis Francornm in Tutclensi Castro. Dédit et alios quinquc mansos in paroebia de Argentado. lias ressuporius nominatas dédit ecclesia; beati Martini et monacbis ibidem Deo famulanlibus .lohannes Abbas, liac quidem condilione ut unoquoqiu! anno , in festivitale B. Geraldi, très libras piperis aut pîgmeiili Tutelenscs fratres Aureliacensibus persolverent. Eo quidem vivente, ut patres nostri solili stint rcferrc, reddebatur absque ulla contradictione. Post mortem verô ipsius orla est saepissime lis. Tandem facta est pax lioc modo: Ego Raimundus, Aureliacensis Abbas, cum consilio fratnim meorum boç Tutelensibus fratribus grave fore cognoscens, rogatu illorum atque humilï prece, Bernardo Abbati, iratri nostro et tilio nostraque congregalionis monaclio suisque successoribus omne annualc censura rcm*ttoT"~~^.
Clermonl, tjp. de Fehdihand Tribaot.
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