‹ Gerbes du Mont-Royal [microforme]Chapitre 1 sur 42 · LE MONT ROYAL · texte numérisé non relu

LE MONT ROYAL

Près des bords enchanteurs du fleuve Saint-Laurent. Roulant son flot d’asur rapide, transparant : Caressant tendrement de son onde joyeuse

Les gracieux contours d’une Ile merveilleuse,

Se dresse une montagne, unique en l'Univers

Par sa forme, sa grâce et ses attraits divers. À

Quand le Printemps sur elle étend son vert feuillage, Que de nombreux oiseaux charment de leur ramage, Elle paraît alors aux yeux tout éblouis,

Magnifique émeraude en un chaton de prix.

Son sommet ne va point insulter le nuage

Qui poursuit, vagabond, son rapide voyage ; Mendier au Soleil les inféconds baisers

De quelques vieux rayons inconnus et glacés ; Ecraser de son poids, étouffer de son ombre

Un pauvre bourg, au fond de quelque ravin sombre. Penché modestement vers la jeune cité Que conduit par la main la fière Liberté,

Et qui, sous ses regards, s’épanouit, prospère, Tel un enfant béni sous les yeux de sa mère, Ce mont nommé Royal, mais combien paternel, La défend des assauts du Circius cruel.

© Quand les rayons de l’Astre embrasent ses épaules, Jouant à cache-cache à travers les vieux saules, Les chênes, les pommiers, les érables, les pins ; Pailletant son sommet de feux d’or purpurins,

On dirait un lion secouant sa crinière, S’apprêtant à bondir sur la ‘Vieille Panthère

Qui voulut égorger ses premiers Lionceaux,

Les livrer pantelants à d’immondes pourceaux !

Sur ses flancs ombragés, paradis des fauvettes,.

S’abritent des villas nombreuses et coquettes ;

Et partout à son pied surgissent des hameaux, l’Age-Moyen les bourgs sous les châteaux,

Non pour chercher secours aux grands maux de la guerre,

Mais pour jouir des fruits d’une paix très prospère.

Lorsque, un soir de novembre, un Canadien passant, | Foule ce mont sacré de son pied frémissant, Il entend un concert de voix mélodieuses, Qui montent comme un souffle, et douces et Joyeuses, De la feuille tombée, à travers les rameaux Des érables, des pins, des Pommiers, des ormeaux, ‘Qui redisent tout bas une douce prière Pour le Mont tout entier, pour l’Ile tout entière. Et ce souffle qui passe ainsi qu’un souvenir Evoquant le passé, plongeant dans l’ C’est l’Ame des Cartier, Des Montcalm,

Glissant tout à son aise, allant, venant, errant, Evoluent sans gêne ..

Dans les superbes eaux du fleuve Saint-Laurent. J’ai vu dans cette affaire Les citoyens en chœur, contractant leurs sourcils, Tirer sur la ‘ Polaire ” Et de la carabine, et de longs vierx fusils. . . : Pour effrayer la bête, E.

L’obliger à s’enfuir, il fut question, dit-on, De lui casser latête .

D’un coup de couleuvrine ou d’un coup de canon. . -..t : : : Sur cette masse molle, = Point de mire alléchant, les ‘balles pleuvaient dru,. . Comine dans de Ja colle. :

S’enfonçaient en ri’ :. +, tel un clou, lustucru. Troué umoire, Mais sans trop en souffrir, de bon nombre de trous, La bête au ‘ Vomitoire ” :

:8e demande, soudain, si ces gens-là sont fous... Les piqûres d’épingle Sur l’insensible peau d’un énorme géant, Ou bien les coups de tringle Deviennent, paraît-il, des caresses d'enfant.

Et plus d’une semaine Fait le bonheur, la joie et l'admiration De la gent riveraine Vivant depuis ce terhps dans l'agitation. | Mais un soir, soir que, lement, sur le flanc, frappé par un bateau, or pepe Moulu, cahin-caha, s'enfuit au fil de ’eau, | Puis tristement # échoue; :

Le ventre dans la boue, Sembable de tous points à vieille épave en deuil, Près du pont en projet de l’illustre Lo!

Cent bras à la cutéé, Armés d'objets divers, se tendent aussitôt :

‘La bête L au x F. ee = Se: ?

De peine et de misère est conduite au 4 Dépôt.” . . Se: “ AL ct si Cr

Tel va courir au loin, croyant trouver la gloire, La gloire et le bonheur, qui‘récüite des coups. T Si vous votilez m’eti éroire 3 EE

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