LE JARDIN DE L'AMOUR
Ni clôture, ni haie : Un mur ?—-Pas davantage, N’enferme, ce jardin, ce ravissant bocage, Où l'on entre d’abord timide, réservé, En entonnant un chant qu’on laisse inachevé, Pour s’avancer, bientôt, le rire sur les lèvres, La gaîté dans les yeux et dans le cœur les fièvres ; En conquérant souvent, et souvent en vainqueur ; Mais aussi d’où l’on sort, le vide affreux au cœur, La tristesse infinie au plus profond de l’être ; Entraîné sur le roc du Désespoir, peut-être, Lorsque, devenu sourd et tenant les yeux clos, L'Amour, obstinément, boude et tourne le dos. Mais quand l’Amour joyeux prodigne sa caresse, 8cs baisers et ses feux, son ineffable ivresse, . On embrasse, ravi, dans un riche décor, Le Bonheur qui sourit sous sa couronne d’or.
Dans les sentiers fleuris où les parfums voltigent, On voit de doux amants que les Grâces :
Comme une ombre glisser, ravis, silencieux, . Une main dans la main, les yeux tout près des yeux ; Ecoutant, tout émus, l'Amour et la Tendresse, Qui chantent dans leur âme un hymne d’allégresse.
Sur le seuil du jardin rit, s'amuse l'Enfance Reléguée en nourrice aux soins de l’Innocence ; Comme de purs esprits chéminent vers les cieux.
Dans un champ désolé, domaine des chenilles, Tristes, mornes, sans but, errent les vieilles-filles Sur une plate-bande, au milieu de chardons, Ennuyés, ennuyeux, s’en vont les vieux-garçons Et sous le poids des ans be les échines, F aux épines, eh sus ts à pas lents,
A MON BÉBÉ + er
Plus rose que les Roses Et plus blanc que les Lis,
Que j'aime ton sourire !
Que j'aime ta fraîcheur !
Tendrement je scupire Charmé par ta candour.
Quand, du bout de son sile,
Ton bel ange gardien Découvre ta prunelle
&i limpide, combien
Ton regard en mon âme, Dans‘mes yeux, dans mon vœur, S’imprime en traits de flamme, M’inondant de bonheur, D'amour et d’allégresse ; Chassant, Ô chérubin,
La douleur, la tristesse, - Le malheur, le chagrin.
Quand ta main potelée Caïesse mes cheveux, Ma figure hâlée,
Et mon front soucieux,
Et j'ai vu la Nature Recevoir du printemps Ses fleurs et sa verdure, Ses bourgeons çdorants.
J'ai va dans l'onde claire
4 Que la nature est belle !
“ Que mon nid est charmant 1”?
J'ai vu la bécassine Barboter dans les eaux ; Là-haut, sur la colline.
Folâtrer les agneaux.
J'ai vu l’humble fauvette ses concerts, Et lancer, la € Divette, »*
Or j'ai va les abeilles,
Si pleines de saveurs !
Et j'ai vu dans le plaine Le laboureur halé
Mais je l'ai vu l'impie, and le fondre ét, Le Dieu qu’il blssphérait.
Aussi j'ai vu sur l’âire Le rude paysan, :
EE Je lai vu, “€ le compère, ”? } Geindre qu’il eût bien tort.
Démontrer dans leurs Que les hommes sont vains.
J'ai vü la Mort blafarde,.
Du revers de sa faux, he Dénouer, la camarde,
Les doux liens nuptiaux.
. J'ai vu le fils, le père, Succomber sous ses coups, Et la fille et la mère Pâlir sous ses genoux.
J'ai vu le fort, l L'homme fait et l’enfant, Raler, oui, je l’affirme So
Pour du mouton de Perse Vendre des viletés ;
(Ne voyant pas très clair) Rogner avec usure,
Lestes comme l'éclair.
J'en ai vu, sans vergogne, Favoris du toupet, Remplacer du Bourgogne Par du vin de ‘‘bluet. ”?
S’il fallait tout vous dire, Tout, tout ce que j'ai vu Pour pleurer et pour rire, Je n’en finirais plus.