‹ Gerbes du Mont-Royal [microforme]Chapitre 38 sur 42 · PLAINTES D'UN ORPHELIN · texte numérisé non relu

PLAINTES D'UN ORPHELIN

Au déclin de mes jours, brisé par la douleur, Rongé par le chagrin, broyé par la tristesse :. Sans répit déchiré par la dent du malheur ; Affamé d’amitiés, assoifté de tendresse ;

Sans une main amie attachée à ma main ;

J’erre, morne, isolé, courbé sur le chemin."

Où sont donc les baisers, les baisers de ma mère ?

t Je fus heureux jadis, lorsque j'étais enfant : Autour de mon berceau, la joie et le sourire, Sous les regards émus du bonheur triomphant, Modulaient, à l’envi, des hyrnnes sur leur lyre,…. Je fus heureux, jadis, puisque je fus aimé !

: Mais aujourd’hui, hélas ! Qui donc m'aime'sur terre ? Oh ! je n’ai plus de pain pour mon cœur affamél… Où sont donc les baisers, les haisers de ma mère ?

Sous des roses rachant les tristes lendemains,

. Les plaisirs inse- és bientôt volent en troupe :

. Souriants, enjoleurs, ils me tendent les mains,

A mes lèvres offrant l’enchanteresse coupe ;

Tout au fond j’aperçois le poison infernal,

Au cœur donnant la mort, à l’être, la misère.

Je veux garder mon cœur intact, pur, virginal.. Où sont donc les baisers, les baisers de ma mère ?

Affublés du manteau de la Sincérité, Les Mensonges portant PHypocrisie en croupe, Qui brandit l’étendard de l'humble Vérité, À mes regards surpris, se présentent en troupe. Trompé par leurs serments, par leur fausse amitié, . Je m’estimais heureux... —Déception amère |— A leurs yeux je ne fus qu’un objet de pitié.

Où sont donc les baisers, les baisers de ma mère ?

me aussi sans remords, baisers de ma Mère |

LOIN DE MA MÈRE \ A ma mère,

Les ans, comme un torrent, ont beau rouler leurs jours, O Mère, loin de Toi, longues sont les semaines ; Les jours n’ont plus de fin, et l’heure, en son parcours, Traverse, lourdement, d’un siècle les domaines.

Entre ton Fils et Toi, tel un gouffre béant,

Entre ton Fils et Toi, 6. Mère bien aim

Insondable et moqueur, déferle l'Océan,

- Dont les Flots en fureur hurlent : ‘‘ Route fermée ! ”

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