‹ Gerbes du Mont-Royal [microforme]Chapitre 39 sur 42 · L’EXILÉ ET L'HIRONDELLE · texte numérisé non relu

L’EXILÉ ET L'HIRONDELLE

O ra gentille hirondelle,

Tu reviens, toujours fidèle, Avec les rayons d'avril, Egaÿer de ton babil

Mon cœur noyé de tristesse, Mon âme dans la détresse.

Ah ! parle-moi du pays; ui Parle-moi de mes amis . . :

: Ah ! parle-moi de ma mère,

De ma sœur et de mon frère ; Qui, le soir, près du foyer, ini Se surprennent à , #3 La veille de ton voyage

Ils ont dû mettre un

En ton autre nid, là-bas : Ne me l’apportes-tu pas ? Le Montre, montre-moi ton aile, ‘Pour que je cueille sous elle La tendresse et l'amitié,

Un pleur peut-être oublié, Qui, se mélant à mes larmes, ; Apaisera mes alarmes ;

Et se logeant dans mon cœnr

Endormira sa douleur.

Parle-nioi de ma. vallée,

Où rËk t 4 ] ill , Le

Mon enfance . . . et du ruisseau Chuchorant au vieil ormeau,

-Yt7.:

Parle-moi de ma montagne D'où vient le vent qu’accompagne L’baleine des vers sapins, Des :nélèses et des pins :

* D'cà, parfois, comme la foudre, A l’affût derrière un coudre, Sur l'agneau, sur le mouton.

S’élance le loup glouton.. à Parle-moi de ma chambrette, Si blanche, si joliette, Près de laquelld un beau jour,

* Tu bâtis ton nid d'amour ; Et dis-moi que ma couchette,

Depuis si longtemps muette, À la même place attend Le pauvre exilé, l’absent.

Oh ! la route est plus facile, Et le cœur bat plus tranquille, A qui, près de son berceau, Cheminé vers le tombeau.

Reverrai-je mes mor‘agnes,

Ma vallée et mon ruisseau,

Ma chambrette et mon berceau ; Le foyer qui me vit naître,

Mon village si champêtre,

Mes guérets et mes amis,

Mes parents et mon pays ?

Et ma sœur et mon bon frère ?

Ton babil murmure : Espère !

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Alors tout s’effondre en moi.

En un grand cri plein d’émoi, Jetant ma désespérance :

“t Ne verrai-je plus la France ? ”

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