‹ Gerbes du Mont-Royal [microforme]Chapitre 41 sur 42 · POURQUOI · texte numérisé non relu

POURQUOI

‘On prétend que le Sort quelquefois, nous fait naître Sous une bonne étoile : Est-il rien de plus traître ! Où sont donc, je vous prie, où sont donc les heureux ? Ici-bas en est-il? Non : Ils sont tous aux cieux ! Souffrir, pleurer, gémir.. Voilà tout le partage Du sujet et du roi, de l'impie et du sage ! ee

Pourquoi ? Parce que les beaux jours

Sont trop courts !

Je jouis du bonheur à peine un= seconde, Et voici qu’à grands flots la tristesse m'inoude : ‘Je croyais voir les cieux pour moi tout grands, ouverts,

Je mn vois, tout à coup, presque dans les enfers 1. Jamais à mes côtés, jamais je n’entends dire : : “47e suis heureux ! ”’ Toujours : “Je souffre le martyre ! ” Pourquoi ? Parce que les beaux jours Sont trop courts !

LE MENDIANT it

(TU VAS CHANGER D’ÉrAT)

.Sur un triste grabat, un pauvre mendiant,

Assis, monologuait en soupirant des plaintes

Se plaignant au Destin de son sort suppliant,

Et portant sur son front du malheur les empreintes. L’infortuné disait :

‘# Plus de soixante hivers, Plus longs que tout un siècle, ont passé sur ma tête,. t mes cheveux. Le malheur, les revers

La disette d’un loup ; jamais un jour de fête :

De sordides haillons voilant mon

mendiant !

ronde ?

Je n’ai jamais joui des charmes du bonheur :

Les ris sont inconnus à mon âme fânée :

Le soleil, là-haut, promène son ardeur

Pour éclairer toujours ma noire destinée |

Et bancal, et manchot, horrible, contrefait,

Jamais je ne sentis les baisers d’une mère $

Jamais je ne goutai les douceurs de son lait ;

Jamais je ne connus les caresses d’un père...

Je fus l'enfant maudit, je fus l'enfant trouvé !

Par un gueux ramassé, dit-on, dans une loque, “Je :=s en mendiant par le gueux élevé,

Au fond de la forêt, dans sa vieille bicoque.

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