‹ Gerbes glanéesChapitre 13 sur 49 · LE CHÊNE ET LES DEUX POURCEAUX · texte numérisé non relu

LE CHÊNE ET LES DEUX POURCEAUX

Au pied d'un Chêne , deux Pourceaux Avaient mangé le gland tombé de ses rameaux ,

Et , par l'ombre de son feuillage

Protégés contre le soleil ,

Ils s'abandonnaient au sommeil.

Tout à coup, sur leur tête et dans le voisinage , Un bruit se fait entendre et hâte leur réveil. L'Arbre de Jupiter , agitant son branchage , Jette ces mots à l'écho des forêts :

e Voilà le prix de mes bienfaits !

« Ils dorment ! voilà leur hommage l

« Mille fois ils ont éprouvé

a Les effets de ma bienveillance,

« Et jamais ils n'ont élevé

« Un regard de reconnaissance « Vers moi qui , tous les ans , leur dispense mes fruits î « De ces vils animaux il faut que je me venge ! « Moi me venger!... que dis-je ? ingrats que je nourris» « Je ne laisse tomber sur vous que des mépris :

« Allez vous vautrer dans la fange.

L'un d'eux s'éveille et s'écrie en grondant : « Chêne orgueilleux , il te faut la louange ! « As-tu pour nous laissé tomber ton gland? »

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