LE CHÊNE ET LES DEUX POURCEAUX
Au pied d'un Chêne , deux Pourceaux Avaient mangé le gland tombé de ses rameaux ,
Et , par l'ombre de son feuillage
Protégés contre le soleil ,
Ils s'abandonnaient au sommeil.
Tout à coup, sur leur tête et dans le voisinage , Un bruit se fait entendre et hâte leur réveil. L'Arbre de Jupiter , agitant son branchage , Jette ces mots à l'écho des forêts :
e Voilà le prix de mes bienfaits !
« Ils dorment ! voilà leur hommage l
« Mille fois ils ont éprouvé
a Les effets de ma bienveillance,
« Et jamais ils n'ont élevé
« Un regard de reconnaissance « Vers moi qui , tous les ans , leur dispense mes fruits î « De ces vils animaux il faut que je me venge ! « Moi me venger!... que dis-je ? ingrats que je nourris» « Je ne laisse tomber sur vous que des mépris :
« Allez vous vautrer dans la fange.
L'un d'eux s'éveille et s'écrie en grondant : « Chêne orgueilleux , il te faut la louange ! « As-tu pour nous laissé tomber ton gland? »