ASPIRATION DE GOETHE
Ah ! qui pourrait de ma jeunesse Faire pour un printemps refleurir les beaux jours , Et pour une saison me rapporter l'ivresse ,
L'ivresse des premiers amours ?
Qui pourrait, avant que je meure, Me rendre ces transports , ces longs enchantements ? Ah ! c'est trop souhaiter ! je ne voudrais qu'une heure r
Une heure de ces doux moments f
Vainement , dans la solitude , Je remonte en espoir le fleuve descendu ! Vainement , jour et nuit , je demande à l'étude
Mon bonheur à jamais perdu !
Qui pourrait , avant que je meure , Me rendre ces transports , ces longs enchantements ? Ali ! c'est trop souhaiter 1 je ne voudrais qu'une heure ,
Une heure de ces doux moments !
IMITATION DE LA 2e. ODE DE TH. GRAY.
Sur une chatte favorite qui s'était noyée, pendant l'hiver, dans un bassin de poissons rouges.
Sur les bords d'un vase, où la Chine A peindre de vivantes fleurs Épuisa ses riches couleurs, Minette , au vêtement d'hermine , Vers Tonde, qui lui rend sa douce et ronde mine. Baisse des yeux admirateurs.
Ce miroir limpide et fidèle Retrace gracieux contours , Air bénin , patte de velours , Longue barbe , vive prunelle.
Sans doute , en les voyant , ce Narcisse femelle De plaisir eût filé toujours.
Mais j au sein des cristaux liquides , Quels nageurs ! comme , à chaque élan ,• Brille leur robe de safran !
Minette , aux regards homicides , Ne veut point reconnaître ou des Nymphes timides , Ou les Dieux de cet océan.
Dressant ses moustaches de joie, Même en dépit de la saison , Courant , dans l'humide prison , Après sa fugitive proie, Lue patte est plongée , et griffe se déploie , Jurant mort au joli poisson.
En vain , pour achever son crime , Elle se consume en efforts !
Déjà la Parque aux sombres bords Promet l'imprudente victime , Oui s'étend , et se penche , et tombe dans l'abîme , Et va paraître chez les morts.
Assistance fut demandée À la soubrette du logis ; Mais la. soubrette Thalamis ,
— blx -
Pour minette souvent grondée, Resta sourde... pitié ne fut point accordée: Un favori n'a point d'amis*
Ainsi , belles sans défiance t Il est de perfides appas.
Fuyez-les , et n'oubliez pas Que , pour exiler la prudence , Préparer des remords et noyer l'innocence, Il suffit d'un premier faux pas.