LA PROVIDENCE
En venant tour à tour au manteau de la France Coudre, nouveaux pouvoirs, leur titre officiel, Ont-ils fait assez haut sonner la Providence Et les arrêts du Ciel !
Ont-ils assez crié, dans leurs lourdes méprises : « Des révolutions l'homme n'est que l'enjeu... g Dieu le mène ! » Ont-ils mis assez de leurs sottises A la charge de Dieu !
Un sceptre est-il brisé pour une république, o La Providence est là, disent-ils, et sa main c< A frappé tous les yeux dans la lutte héroïque « Du peuple souverain. »
Que dans leurs libertés les nations s'égarent ; « La verge du Seigneur sévit ; le châtiment
« Ne se fait pas attendre, et des chaînes réparent « Un fol aveuglement. »
Dans sa morgue insolente ainsi l'humaine espèce Contemple l'univers chez elle en raccourci, Croît que Dieu ne voit qu'elle, et que sa petitesse Lui cause un grand souci.
Pauvres gens ! Eh ! qu'importe à la Cause des causes Les excès de la foule ou les fautes des rois ? Dieu, du sein du repos, laisse aller toutes choses Au courant de ses lois.
Ainsi que leur Auteur, elles sont immuables ; L'homme sous leur empire agit en liberté. Pourquoi les accuser de caprices coupables , Ou de fatalité ?
Du mot de Providence on abuse ; à Dieu même On insulte ; on le fait méchant, capricieux , Partial, mais toujours aimant le diadème, Favorable aux heureux.
C'est trop enfin, mortels, le faire à notre image; Mortels, n'affirmons pas ce que nous ignorons. Dieu se dérobe à nous ; révérons le nuage : Adorons !... adorons 1