Le ciel de la vie est toujours chargé de nuages
91. Ce que la révolution de 1848 a le mieux apprécié, c'est la valeur des serments politiques.
92. Gomment l'arbre de l'histoire ne porterait-il pas des fruits mensongers ? Il n'a que des contes à sa racine !
93. Les sophismes les mieux accueillis de certaines femmes sont ceux qui tendent à justifier leurs amours illégitimes.
94. On n'a dit la Fortune aveugle que pour excuser ses caprices.
95. Les courtisans du peuple sont plus odieux que ceux des rois, car ils sont plus vils et plus grossiers.
96. Il faut tailler la pierre pour construire un édifice ; pour faire une société , il faut aussi façonner les hommes : on essaierait en vain l'un et l'autre avec l'homme de la nature et la pierre brute.
97. Les leçons de l'histoire ne sont pas aussi fécondes, aussi instructives qu'on le croit ou qu'on le dit : l'humanité se trouve, à chacune de ses phases, dans des conditions trop différentes.
98. Au sortir des crises politiques, la plupart des citoyens, ne pouvant changer la façade de leurs maisons, s'empressent d'ouvrir des fenêtres au soleil levant.
99. Trop souvent les jurés pétrissent, au gré d'une intelligence étroite et passionnée, leur docile conscience, et usurpent le droit du législateur.
400. Que de réputations voit naître et mourir une génération , une seule I A tout moment les journaux enregistrent la mort d'un homme qui fut membre de l'une de nos Assemblées politiques, qui appartenait à l'une des Classes de l'Institut. On nous l'affirme... son nom était sorti de notre mémoire! Et cependant cet orateur fut connu du monde entier pour ses discours de tribune ; cet académicien eut son jour de réception, son après-midi de célébrité. Mais le temps a fait un pas, et l'oubli a saisi sa proie, et il attend en pâture les renommées nouvelles dont le bruit n'a pas moins d'éclat et n'aura pas plus de durée.