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Gerbet

On aimerait à se persuader que l'on ne surprendra personne^ en parlant de l'abbé Gerbe t avec la fervente admiration que mérite une des plus pures gloires du clergé de France au XIX^ siècle. Ecrivain que l'on peut louer presque à l'égal des plus grands, prêtre et directeur admirable, philosophe chrétien d'une rare puissance et d'une élévation plus rare encore, quelque zèle que nous apportions à le célébrer nous ne dépasserons pas ce quont dit et pensé de lui le critique des Lundis, l'héroïne du Récit d'une Sœur^ et l'auteur de /'Essai sur llndiffërence. Je ne crois pas néanmoins que nos contemporains lui rendent justice, et le tiennent pour le plus grand de nos écrivains religieux depuis Lamennais .

Au lendemain de la chute de son maître, le cœur brisé, famé soumise, il reprend, à Rome, à Amiens, à Perpignan, l'œuvre de restauration catholique commencée à la Chênaie. Bientôt ses

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compagnons de <lr faite se joignent aux adversaires de la première heure, pour le combattre, ou, du moijis, pour l'ignorer. D'ailleurs, on semble avoir toujours eu quelque peine à lui pardonner V indépendance et l originalité de son génie. Parlant du plus beau livre de labbé Gerbet, son biographe re^narque avec une touchante naïveté que « le genre adopté par l'auteur pour r exécution de son plan ne correspond à aucune catégorie -absolue » . Ce ii est pas un livre de dévotion, ce n'est pas U7i traité dogmatique, ce iiest pas même un recueil de sermons : nous voilà bien empêchés de C07npretîdre et d aimer un pareil ouvrage. Par malheur, l'œuvre entière de Gerbet est conçue de cette sorte. « Par-là même quelle sortait des sentiers •battus, écrit encore Mgr. de Ladoue, cette méthode •devait soulever des contradictions. Elle en souleva. Les théologiens trouvaient que l'auteur était .irop poète... ; les ^nyitiques le disaient trop raisonneur ; les littérateurs lui reprochaient d'être trop mystique (1) ». Oh! l'heureux homme, que les gardiens des petites chapelles renvoient tour à tour chez le voisin! Ils sont rares chez nous ceux qui ont ?nérité ce triple anathè?ne; mais leur nom .ne passera pas.

Ajoutons, pour être tout à fait juste, que Gerbet

{i) MfiR DE Ladoue, Mgr Gerbet, sa vie et ses œuvres, I, 140-141.

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