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Les protestations des évêques du monde

'Catholique en faveur de la souveraineté temporelle du pape, ont été l'effet de passions politiques.

83. — En donnant des témoignages de satisfaction et des encouragements à l'association pour la Propagation de la Foi, aux Conférences de Saint-Vincent de Paul, et autres sociétés analogues, les papes ont approuvé des institutions hypocrites, qui affichent un but, et en poursuivent un autre.

84. — Les exercices religieux extraordinaires, que donnent des prêtres séculiers ou réguliers appelés à cet effet par les évêques, ne produisent en général qu'un vain bruit de religion, et sont par eux-mêmes contraires à la paix publique.

85. — En France, les communautés religieuses s'écartent de l'esprit de l'Evangile pour accaparer des richesses : elles sont un des plus grands dangers pour le pays, une des plus grandes plaies sociales.

Voilà, nos très chers Coopérateurs, la déplorable et odieuse liste que nous avons cru devoir dérouler sous vos yeux. Vous repousserez ce qu'elle contient, comme votre évêque le condamne. En vous affermissant de plus en plus dans les principes opposés à ces erreurs vivantes, parlantes et agissantes, vous contribuerez, pour

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ce qui vous concerne, à la i)ai'failo intég-rité do la doctrine sacrée et à la déf<Mise de ri\glise. Vous servirez aussi la cause des sociétés politiques, en concourant au maintien des vérités, bases divines de Tordre, qui peuvent être méconnues dans des moments de vertige ou de scepticisme social, mais qui, tôt ou tard, ramènent à elles, par la force des choses, les populations qui s'en sont écartées, sous le coup des sophismes et des passions.

C'est pour seconder, selon la mesure de nos forces, la mission de TEglise sous ces deux rapports, que nous vous adressons cette Instructiim Pastorale, adaptée aux besoins des temps présents. Vous sentirez, nous le croyons, que dans l'accomplissement de ce devoir, nous nous sommes dégagé de tout autre entraînement que celui du devoir lui-même. Plus cet acte est important par s )n objet et par son caractère, plus nous avons dû y mettre de gravité, de simplicité et de modération. Le fond est assez fort par lui-même : nous aurions craint de l'aflaiblir en y ajoutant les vivacités de la forme. La seule chose qu'il faille y joindre, c'est lardeur de nos communes prières, non seulement pour tous ceux qui sont fidèles aux saintes doctrines, mais encore yiciiv tous ceux qui les aljandonnent ou qui les coniL:. ïient. Les adversaires de lE-ilIsc seront a:;;s:,

même à leur insu, ses obligés, et, s'ils peuvent se soustraire aux vérités qu'elle enseigne, ils n'échapperont pas, du moins, à son inévitable charité.

Pour vous, en lisant cette Instruction P;;storale, considérez non la faiblesse de son auten -, mais la puissance des vérités auxquelles elle se rapporte, et des motifs qui nous la dictent. No!:s avons dû nous-même faire abstraction de celle faiblesse, pour ne voir que cette puissance. Nous nous sommes efforcé d'entrer dans les aispositions où se trouvait le grand évêque cité plus haut, lorsque, à la fin d'une lettre dogmatique, il adressait à ses frères ces paroles qui expriment aussi, croyons-nous, nos sentiments, quoiqu'elles les surpassent : « J'ai oublié, leur disaitil, le peu que je suis, pour traiter de choses si importantes, c'est que mon amour pour vous m'y a forcé : c'est ma foi qui vous a parlé. Ma conscience me rend ce témoignage, que j"ai payé ainsi à l'Eglise une partie du prix de ma charge militante, et que j'ai dû lui offrir dans le Christ, par cette lettre basée sur les doctrines évangcliques, la voix de mon épiscopat » .

Donné a Notre-Dame de Font-Romeu, en cours de Visite pastorale. . . le jour de la fête de S. Apollinaire, 23 Juillet de l'an de grâce 1860.

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