L., 417 mill
DK L’ŒUVHK DK ÜKHICAULT.
10. I\R. Un chariot chaugic hic soldats blessés, tiuîné par trois chevaux. La voiture est arrêtée, üii blessé s’appuie d’un côté sur une béquille, de l’autre côté sur le brancard de la voiture et semble y demander une [ilace. Le cheval du milieu mord la croupe du cheval de volée. Le charretier se retourne au bruit et gourmande ses bêtes.
I" état avant toutes lettres: HKR. • ,
a' état, signé à gauche à la plume dans le dessin : « Géricaiilt; » au-dessous: l.illiog'^ fie Molle. Sans encadrement.
H., 285. — L., 292 inill.
11. U R R. Deux chevaux gris-pomjielé qui se battent dans une ecrie. Ils se mordent au cou en se cabrant. Le garde-écurie, en manches de chemise et coiffé d'un bonnet de police, les frappe d’un balai pour arrêter le combat. Un second hussard, couché sur la paille au premier plan, dans l’ombre, se réveille au bruit et les regarde. On voit à gauche, au-dessus de la mangeoire, la tête d’un troisième cheval.
Il n’existe à notre connaissance que cinq épreuves, dans trois conditions différentes, de cetie belle pièce :
1“ Une sur papier blanc. Collection de Triqueti, provenant de M. Jamar.
2” Deux sur papier jaunâtre : l’une au Cabinet des Estampes, provenant de la collection Bruzard; l’autre appartenant à M. Moignon.
3® Deux imprimées à deux teintes : la première dans la collection de M. His de Lasalle, autrefois dans celle de M. Parguez ; la seconde appartient à M. Langlais.
Géricault, d'après les souvenirs très-précis de M. Jamar, n’a connu que deux épreuves de cette pièce, imprimées l’une et l’autre à une seule teinte. Il donna à son élève l’une d’elles, ce qu’il regretta d’avoir fait, lorsque la rupture de la pierre le mit dans l’impossibilité d’avoir d’autres exemplaires de cette estampe. Mais, avec sa générosité ordinaire et malgré l’offre que lui fit M. Jamar, il refusa de reprendre ce qu’il avait donné.
Il paraît probable que l’imprimeur Motte, pour satisfaire à un goût de l’époque, essaya l’impression à deux teintes sans consulter Géricault, et que la pierre s’étant brisée dès le tirage des premières épreuves, il ne lui fit pas part de cette tentative et lui livra seulement deux épreuves tirées à une seule teinte, en gardant par devers lui les autres pièces, qui passèrent depuis dans diverses collections.
A proprement parler, les épreuves sur papier teinté ne constituent pas un état différent de celles fur papier blanc, tandis que les épreuves à deux teintes dues à l’impression de deux pierres forment réellement une condition d’épreuves particulière, un véritable élat. Ces cinq pièces ne sont en réalité que des épreuves d’essai. Elles ne sont que grossièrement ébarbées et manquent du trait carré qui devait sans doute entourer une planche de cette importance. Ce trait est vaguement indiqué seulement aux deux bords de la largeur.
H., 270. — L., 348 mill.
12. R. RETOUR DE RUSSIE. .Vu milieu des neiges, un grenadier manchot tient la bride du cheval d’un cuirassier aveugle qui a le bras gauche en écharpe; un chien harassé les suit. Au second plan, on voit un soldat d’infanterie qui porte un camarade sur son dos. L’expression des têtes est admirable. Le cuirassier, résigné, appuie la main sur l’épaule du grenadier, dont le visage exprime une profonde tristesse.
CATALOGUE
Cette pièce importante, imprimée à deux teintes, est signée à droite, dans le dessin : « Géricault. »
'l'*' état sans le titre ; Lithog. de C. Molle, rue des Marais, fa St-Germain.
2" état, avec le titre et à droite, au-dessous de la signature de Géricault : Au Dépôl de lilhographies, quai Voltaire, IV. L’adresse de l’imprimeur effacée.
Il existe quelques épreuves sur papier blanc. M. His de Lasalle possède du cuirassier seul un beau dessin à la mine de plomb et repris à la plume. C'est une première pensée pour cette admirable lithographie.
M. Jamar nous a raconté qu'ayant été chargé par Géricault de vendre cette pierre, il ne put en trouver que 100 francs, que lui en donna M"*' Brossier, quai Voltaire, 17. La pierre seule avait coûté 60 ou 70 francs.
H., 443. — L., 361 mil!.
13. BR. Caisson d’artillerie. Un caisson à demi renversé; un cheval tué; un soldat, un pied sur la roue, l’autre dans le caisson, tient de la main droite une mèche allumée et montre le poing à un groupe de soldats russes qui semblent se consulter.
Sans aucune lettre. A l’époque où Géricault fit cette énergique estampe, ses lithographies étaient si peu estimées que M. Jamar ayant été chargé par son maître d’aller en chercher quelques épreuves, M"’' Delpech lui fit observer que Géricault, n’ayant pas be.soin de travailler pour vivre, ferait bien mieux de renoncer à ce métier.
H., 414. — L., 523 mil).
14. LE FACTIONNAIRE SUISSE AU LOUVRE. Un ancien soldat, avec une jambe de bois, coiffé d’un chapeau rond et en redingote, se présente pour traverser le Louvre et est arrêté par un factionnaire de la garde royale suisse. Le vieux militaire, indigné, déboutonne sa redingote et lui fait voir sa croix d’honneur, en lui disant ; « Sentinelle, portez arme! » {Tiré A\\ Comlilulionnel de 1817.) La foule applaudit. Les fonds, représentant les Tuileries, ont été dessinés par Horace Vernet.
I" état avant le titre; Géricault 1819. — lmp. lithog. de F. Delpech, RRR.
' 2' état, de même et avec le titre : R.
M. His de Lasalle possède un beau croquis à la mine de plomb qui a servi à Géricault pour cette pièce. Il est dans le même sens que la lithographie, mais le factionnaire a l’arme au bras. Au verso, l’artiste, après avoir calqué son dessin, a changé le mouvement du Suisse, qui est au port d’arme.
H., 395. — L., 330 mill.
13. RRR. Artillerie a cheval de la première garde impériale changeant de POSITION. Deux soldats du train conduisent une pièce de canon attelée de quatre chevaux au galop et se présentant de face. L’officier qui commande la batterie, et dont on ne voit que la tète, est placé près du soldat monté sur le limonier. Il e.st coiffé d'un colback, ainsi que les canonniers placés derrière la pièce.
Cette planche énergique, et d’une exécution très-vive, fut exécutée par Géricault dans son atelier du faubourg du Roule pendant qu’il travaillait au Radeau de la Méduse. Le jour où il la fit, au moment où M. Jamar quitta l’atelier, vers cinq ou six heures du soir, elle n’était pas commencée. Lorsqu’il revint à onze heures, elle
était terminée. Géricaiilt était si impatient de voir le résultat de son travail qu’il pria M. Jamar de courir chez Motte, rimprimeur, et de lui en faire immédiatement tirer une é|)rcuve. M. Jamar trouva Motte couché, qui finit pourtant par venir parlementer, et de sa fenêtre lui dit en riant « que ces artistes étaient de bien drôles de corps, et qu’on ne venait pas réveiller les gens à pareille heure. » Géricault dut attendre au lendemain.
Cette pièce est signée au grattoir, à droite, dans le dessin : « Géricault. »
Il n’existe, à ma connaissance, que cinq épreuves de cette belle lithographie. Elles appartiennent au Cabinet des Estampes, à MM. llis de Lasalle, de Triqueti, .Mène et Moignon. Celle de M. Moignon est une pièce admirable qui mérite une mention particulière. Elle a été coloriée à faquarclle par Géricault lui-même, qui lui a fait subir des changements notables et très-heureux. La lumière est beaucoup moins disséminée que dans la lithographie et l’effet est d’une grande puissance. Le peintre a modifié les coiffures des deux soldats du train, en y ajoutant des p'umets. Il a accusé la visière et agrandi la plaque du shako du premier, auquel il a aussi mis des épaulettes. Il a relevé le fourniment, mis la jambe droite dans l’ombre, ce qui donne de la valeur à la tête du clieval, dont il a dégagé le poitrail en remplaçant la bricole par un collier. Cette planche, qui est un véritable tableau, a appartenu jusqu’à ces derniers temps à M. Gihaut.
H., 300. — L., 385 mill.
16. RUR. BATALLA DE CIIACABUCO, GANADA SOBRE LOS ESPANOLES EL 12 DE FEBRERO 1817, POR LAS TROP AS DE BUENOS-AYRES, MANDADAS POR EL CAPITAN GENERAL D- JOSE SAN MARTIN. DEDICADO A LOS HEROES DE CHACABUCO Y MAÏPU.
Au fond, des collines, du sommet desquelles l’infanterie se précipite au pas de charge; dans la plaine, les canons tonnent, les bataillons s’entre-choquent. Les adversaires s’acharnent autour d’une maison, qui paraît être un poste fortifié. Le général va porter le coup décisif et lance son escorte.
M. His de Lasalle possède des épreuves de cette pièce et de la suivante coloriées par Géricault.
17. R R R. BATALLA DE MAIPU, GANADA SOBRE LOS ESPANOLES EL 5 MARZO 1818, POR LAS TROPAS ALIADAS DE BUENOS-AYRES Y CIIILE, MANDA¬ DAS POR EL CAPITAN GENER.VL DON JOSE DE SAN MARTIN. DEDICADO A LOS HEROES DE CHACABUCO Y MAIPU.
Le général en chef, entouré de son état-major, écoute le rapport d’un aide de camp. A droite, un convoi de prisonniers conduit par un officier.
Signée dans le dessin à gauche : « Géricault. »
Cette pièce a été répétée en gravure par Hemly. Aqua-tinta. — (H., 194. — L.. 264 mill.) — Il y en aussi une copie par Raflfet.
M. de Triqueti possède un dessin à la mine de plomb pour cette composition.
H., 377. — L., 533 mill.
18. R R R, D" JOSE DE S" .MARTIN, GENERAL EN XEFE DE LOS EXERCITOS ALI.VDOS DE BUENOS-AYRES Y CIIILE. Portrait du général San-Martin.
H., 3.35. — L., 265 mill.
CATALOGUF.
19. RRR. rv MANUSL RELGRANO. GENERAL EN XEFE DEL EXERCITO AUXILLAR DEL PERU. Portrait du général Don Manuel Relgrano.
Nous ne connaissons qu’une épreuve de cette pièce, qui appartient à M. de ^ Triqueti.
' H., 332. — L., 2ü3 mill.
Ces quatre pièces furent faites pour un jeune homme nommé Cramer, sous-lieutenant de l’armée française, licencié en 1815, et qui avait pris du service dans l’armée de l’indépendance américaine, où il devint aide de camp du général San- Marlin. Revenu a Paris, il fut amené par un ami commun à l’atelier de Géricault, h qui il vit lithographier des sujets militaires. Il lui raconta ses campagnes et obtint qu'il lui fit gratuitement ces quatre planches, disant que, de retour à Buenos- Ayres, elles feraient sa fortune. Géricault ne tarda pas à se fatiguer d’un travail pour lequel il n’avait pas les éléments nécessaires. Il remplit cependant sa promesse. Mais ces quatre grandes lithographies ne sont pas parmi ses meilleures. Elles sont d’une très-grande rareté.
20. R. A CHEVAL. Bivouac ; des cuirassiers brident leurs chevaux. On remarque à droite un groupe formé d’un trompette, d’un cuirassier vu de dos et penché du côté droit, et d’un autre qui bride sa monture, lmp. lilhog. de F. Delpech.
H., 317. — L., 428 mill.
21. MARCHE D.VNS LE DÉSERT. Napoléon à pied, au premier plan, fait signe à un groupe de soldats d'avancer. A droite, en arrière, son état-major. A gauche, une pièce de canon, et plus loin un corps de cavalerie. Signé à gauche, dans le des-
. sin : M Géricault. »
1" état, sans titre ; Géricault, del. — Lilho. de C. Molle.
2' état, de même, mais avec le titre. •
C’est une planche pour \’ Histoire de Napoléon, par Arnault. M. His de Lasalle possède deux dessins importants à la mine de plomb, au recto et au verso de la môme feuille. L’un est une première pensée de ce sujet, avec des variantes considérables; l’autre, la composition telle qu’elle a été exécutée.
H., 290. — L., 411 mill.
22. P.VSSAGE DU MONT SAINT-BERNARD. A droite, un peu en arrière. Napoléon à pied, sur une pente de neige, une main dans le gilet, fait un signe de l’autre aux moines qui apportent des corbeilles de pain. A droite, au premier plan, des officiers à cheval ; au centre, deux soldats et un guide à cheval, vus de dos ; à gauche, (]uatrc soldats tirent des cordes attachées à un canon qu’on ne voit pas; au fond, les montagnes neigeuses et l’hospice. Sans signature dans le dessin.
I-'' état avant le titre, avant les montagnes teintées: Géricault, del. — Litho. de C. Motte, r. des Marais.
2' état avant le titre, avec les montagnes teintées : Géricault, del. — Litho. de C. .Molle, r. des .Marais.
3' état, avec le titre : Géricault, del. — Lil/io. de C. .Molle, r. des .Marais.
Comme la précédente pour l’ouvrage d’Arnault. M. His de Lassalle possède un beau croquis du maître pour celle composition. Il est à la mine de plomb. Le groupe du centre, au premier plan, a été modifié sur la pierre.
DE L’ŒUVHE DE GÉHICAULT.
23. LAKA BEESSft. Il s’afl'aisso sur son cheval ; son page, vu de dos, le soutient d’une main et tient do l’autre la bride de son cheval.
Cette pièce, très-finement terminée, est entièrement de la main de Géricault. Premier tirage chez Delpech, second tirage chez Villain.
1" état, avant le titre : GéricauU. — I. lilh. de Delpech.
'i'' état, avec le titre : Géricault. — Lilh. de Delpech.
3“ état, avec le titre : Géricault. — Lilh. de Villain.
M. Ilis de Lasalle possède un calque de la main du maître pour cette composition.
H., 178. — L,, ‘231 mill.
24. LE GIAOUR. Il se retourne sur son cheval, regarde en arrière et montre d’un air menaçant le poing à la ville qu’il vient de quitter.
1" état : avant toute lettre, publié par M"’* Delpech, (H., 175. — L., 240 mill.) RRR.
”2' étal, avec le titre et : Géricault. — Chez Gihaul, des Italiens, n° ü, et
plus bas : /. lith. de Villain. Dans ce second tirage, la planche a été réduite sur
les quatre cotés.
H., 150. — L., 213 mill.
Ce sont ces deux pièces et les difficultés que M'”' Delpech fit à Géricault pour leur publication qui amenèrent ses relations avec MM. Gihaut frères, qui, depuis cette époque, furent les éditeurs de la plupart de ses lithographies. M""' Delpech publiait à cette époque (1819-1820) un album annuel composé de dessins dus aux artistes alors en renom (Picot, Maux, Carie ’Vernet, M^^Lescot, etc.). Géricault voulut y faire admettre le Giaour, ce qu’elle refusa. De là la rupture.