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CHAPITRE VIII

La lithographie avant 1818. — Géricault lithographe. — Géricault peintre des chevaux. — L'étude du mouvement. — Autres aspects. — L'Épave.

réoccupés de dégager la caractéristique essentielle du génie de Géricault, nous avons volontairement laissé dans l'ombre les autres aspects de sa physionomie. Pourtant, si l'influence de Géricault fut puissante, elle a aussi été complexe, Souvent, dans ses croquis, dans ses études, il a fourni des indications, noté des thèmes que d'autres ont développés ; il a sa place dans l'histoire de la lithographie comme dans celle des peintres animaliers. Le portrait que nous traçons de lui serait incomplet si nous négligions de le rappeler.

La lithographie, lorsque Géricault l'a abordée, était un art nouveau, pour ne pas dire dans l'enfance. La première pierre qu'il ait signée porte la date de

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1817 ^ A cette époque, en France, il avait été fait de très curieux essais. Carie et Horace Vernet, Gros, Guérin, Girodet, s'y étaient amusés en passant et par curiosité. Aucun artiste ne l'avait encore adoptée comme procédé de prédilection. Charlet venait, à peine, de débuter.

D'après une tradition mal établie, c'est Charlet qui aurait mis entre les mains de Géricault le crayon lithographique, mais les faits consultés et les dates contredisent cette légende. Les relations des deux artistes ont commencé en 1818, un an, par conséquent, après la date que nous venons à l'instant de rappeler, et, d'ailleurs, si vive que fût l'admiration de Géricault pour son ami, on peut se demander si vraiment il avait quelque chose à apprendre de lui. Plus tard, en 1820, quand ils vécurent ensemble à Londres, Géricault était certainement plus maître de ses moyens que ne l'était alors Charlet. Géricault eut donc la gloire, qu'il partage avec Charlet, de fixer la langue particulière à la lithographie et d'en dégager les caractères.

Les précurseurs avaient péché par timidité ou par mollesse. Ils avaient produit des estampes sèches, étriquées, ou des images vaporeuses et sans nerf. Géricault, le premier, fut vraiment à son aise. Il a pratiqué la lithographie avec une remarquable puissance, une parfaite propriété, et il a essayé d'en développer toutes les ressources.

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