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MORT DE LA MARTINIÈRE

Germain Pichault de La Martinière, malade depuis plusieurs jours, mourut le vendredi 17 octobre 1783, entre 10 et 11 heures du soir, en sa maison de Bièvre, dans une chambre du rez-de-chaussée donnant sur le jardin, âgé de plus de 86 ans.

En l'absence de la famille, les scellés furent mis à Bièvre, à Paris et à l'appartement du château deVersailles.

Le dimanche 19 octobre, Antoine Louis, écuyer, professeur royal de chirurgie; Gaspird Momet, écuyer, avocat au Parlement, conseiller secrétaire du roi, maison couronne de France et de ses finances, notaire au Châtelet de Paris; Auguste Savinien Leblond, avocat au Parlement, maître de mathématiques des Enfants de France, et Charles-Bénigne Sidoine, avocat au Parlement, secrétaire de La Martinière, signaient, avec G. Dufossey, curé de Bièvre, l'acte d’inhumation.

Le 20 octobre, Sidoine faisait la declaration du décès à Fontaine, conseiller du roi et commissaire au Châtelet.

Le 24 octobre, Lenoir, lieutenant de police à Paris, écrivait à Fontaine pour réclamer les papiers qui pourraient intéresser le Gouvernement.

Le 23 janvier 1784, Louis XVI donnait ordre à Fontaine de retirer toute la correspondance du feu roi avec La Martinière; à cette correspondance devaient être joints tous les papiers relatifs à l'administration, et notamment ceux qui concernaient le sieur Joly de Fleury. Ils devaient être remis au baron de Breteuil, ministre de la maison du roi; inventaire en serait dressé.

Le 8 mars, procès-verbal est fait de la remise du tout.

tn novembren 1783," François Boileau et “Jean Meusnier, époux de nièces du défunt, et Henri Bougron, mandataire de sa mére, aussi nièce de La Martinière, étaient arrivés à Paris ().

C'étaient de petits propriétaires ruraux. Grande était leur stupéfaction de se voir mis en possession, par suite de l'absence d’une formalité, de toute la fortune de La Martinière, évaluée, par les Affiches du Poitou @), à trois millions, à deux par le Courrier de l'Europe G), et que des recherches, faites avec soin par M. G. Gasser, ramènent à 1,010.000 livres, sur lesquelles les frais de toute sorte absorbèrent 250,523 livres. Encore y aurait-il, sans doute bien des réductions à faire sur les 1,359,477 livres restant à l'actif 4) ; la part des héritiers n’en fut pas moins considérable.

(1) Nous avons dit plus haut qu'ils furent accompagnés par François Chantault, représentant les petits héritiers.

(2) N° 45, p. 180, 6 nov. 1783. Cette insertion était due à un procureur de Civray désireux de prendre en main les intérêts des héritiers de lui inconnus et qu'il s'empressait de prévenir par la voie du journal.

(3) N° du vendredi 2 avril 1784.

(4) La Martinière jouissait de plusieurs rentes viagères dont le capital fut perdu. Il faudrait aussi tenir compte de ses legs, notamment à l'hôpital de perfectionnement, dans l'évaluation totale de sa fortune.

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