ŒUVRES .CHIRURGICALES
La Martinière, au milieu de tant d’occupations absorbantes, n'eut guère le temps de rediger des mémoires relatifs à la chirurgie, cependant M. Chéreau est allé trop loin en avançant qu’il n’a rien écrit (1). Après M. Edgar Sidaine, on peut citer diverses communications à l’Académie. Le Premier Chirurgien, toujours désireux de provoquer les progres de l’art, transmit en outre avec un louable empressement à ses collègues, bon nombre de précieuses observations. On conçoit très bien qu'elles aient échappé aux recherches du savant bibliothécaire de l'Ecole de médecine, il est plus difficile de comprendre comment deux importants mémoires, publiés dans le recueil de l’Académie de Chirurgie et mentionnés dans les tables, n'aient pas été par lui relevés et l’on est d'autant plus en
(1) « La Martinière n’a laissé, à notre connaissance, aucun ouvrage de science et d'érudition. . . On n’a de lui que des mémoires frésentés au roi, tendant à combattre les prétentions des médecins et à briser les chaines dont on voulait encore asservir l’art chirurgical »,
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droit de S'en étonner qu'Haller en a parlé assez longuement dans sa bibliothèque chirurgicale (1),
Le mémoire de La Martinière Sur le Traitement des plaies d'armes à feu a paru dans le tome XI des Mémoires de l’Academie de Chirurgie, p. 1 @).
Jean-Ulric Bilguer G) chirurgien en chef des armées du roi de Prusse, voulant obtenir le grade de docteur en médecine et en chirurgie devant la Faculté de Berlin, avait présenté, le 21 mars 1761, la thèse suivante :
Duissertatio inauguralis de membrorum ampulatione rarissime administranda aut quasi abroganda ().
L'opinion de Bilguer fut accueillie avec faveur G), résultat qui ne doit pas surprendre en présence des décourageantes statistiques produites notamment par la chirurgie des armées, jusqu’au jour où le pansement aseptique fut enfin découvert.
Il n’était pas douteux cependant que l'amputation offrit seule, dans bien des cas, des chances de salut pour le blesse.
La Martinière, grâce à sa vieille expérience, put nettement préciser les circonstances dans lesquelles elle devait être maintenue. Hâtons-nous d'ajouter que les progrès de la chirurgie lui ont donné pleinement raison.
1) Bibliotheca chirurgica qua seripta ad artem chirurgicam facientia a rerum le] le) initiis recensentur. Berne, 1774, t. Il, 546.
Les deux mémoires sont cités l’un à la suite de l'autre.
(2) Paris, Le Prieur, impr. du roi et de l'Acad. roy. de Chirurgie, rue Saint- Jacques, à l'Olivier, 1768.
(3) Né à Coire, le 1° mai 1720, mort le 6 avril 1796, Bilguer vint à Paris après avoir fait ses études à Strasbourg et passa au service de la Prusse en 1745 ; on a de lui une chirurgie écrite en allemand.
(4) Il existe une traduction française de cette dissertation, par Tissot, in-12, Pierre-François Didot le jeune, Paris, 1764.
(5) La traduction de Tissot est dédiée à Pringle, médecin de la reine d’An-
gleterre, premier médecin général des armées, etc,
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Le mémoire de La Martinière : sur l'Opération du trepan au Sternum, publié dans let. XII des Mémoires de l’Academie de Chirurgie, p. 342, est cité par Haller, à la suite du précédent. Le chef de la chirurgie française avait prescrit la trépanation du sternum dans les abcès du médiastin et réuni un contingent précieux d'observations ; on n’a cesse d'y recourir, tout en omettant d’en citer l’auteur. Il est de toute justice de le restituer à qui de droit.
La Martinière vulgarisa l'emploi de l'agaric dont un chirurgien de La Châtre en Berry, nomme Brossard, avait découvert les propriètes hemostatiques vers 1750 U),.
Dans un mémoire que présenta son élève Andouillé sur un projectile qui avait traverse le bassin, du pubis au sacrum, il raconte qu'il administra le quinquina au malade comme le lui avait appris La Martinière pendant la campagne de Bohème où il l'employait #ême en l'absence de fièvre.
La Martinière fournit à ses collègues de l’Académie l'occasion d'étudier le mécanisme de la consolidation des fractures en soumettant à leur examen plusieurs os de cerf.
Il encourageait par sa présence et par son témoignage les tentatives des chirurgiens pour perfectionner le manuel opératoire.
C'est ainsi qu'on le vit assister, le 11 juin 1753, à l’extractiondu cristallin dans la cataracte, par Georges Delafaye, inventeur du procédé. Heureuse innovation qui fit définitivement abandonner par la suite l'opération par abaissement trop sujette aux récidives. | |
Thomas avait aussi pratiqué sous ses yeux l'opération de la taille d’après une méthode nouvelle.
(1) Voy. Topique pour arrêter l'hémorrhagie des artères sans ligature, pub. par l’Acad. roy. de Chir., 7 mai 1751.
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Hévin a donné dans le t. XI des Mémoires de l’Académie de Chirurgie, des Recherches historiques sur .la gastrotomie dans le volvulus, on y trouve, p. 355, une curieuse observation due au président. La Martinière présenta encore à l'Académie un mémoire sur une épingle qui avait traversé le larynx d’un enfant sauvé par son intervention d’une suffocation imminente, alors que plusieurs chirurgiens, appelés avant lui, n'avaient pu rien decouvrir. |
Nous avons cru devoir négliger d'autres détails d'assez minime importance.