RES QUE
de Marie Sorin, qui fut peut-être un proche parent du chirurgien d'Argenton-l'Église.
On vit, en effet, à la mort de La Martinière, survenue le 17 octobre 1783, un autre Maurice Pichault, avocat en Parlement, et le sieur Fournier, graveur du roi, se présenter comme seuls héritiers, soutenir leurs prétentions contre les neveux du défunt et ne se désister qu'après de longues contestations, le 28 novembre suivant.
Entre ces deux individus, se placent plusieurs autres Maurice Pichault, sans que nous puissions rien affirmer relativement à une communauté d’origine, quoique la persistance des mêmes prénoms dans les familles soit un fait bien connu.
De tous ces personnages, le plus connu est François- Maurice Pichault, docteur en théologie de la Faculté de Paris, conseiller aumônier du roi, né à Paris, le 30 septembre 1715, élu général et grand maître des chanoines réguliers de la Sainte Trinité et Rédemption des captifs, le 4 mai 1765, présenté au roi en cette qualité le 31 du même mois, dont il existe un portrait gravé par Beauvarlet.
On trouve.encore, en 1753, Maurice Pichault, bourgeois de Paris, puis enfin Maurice Pichault, avocat en Parlement et banquier; ce dernier doit sans doute être identifié avec Maurice Pichault, avocat en Parlement, qui prétendit à la succession du premier chirurgien, car son fils Charles-Jean, uni en 1774, étant encore mineur, à Marie-Victoire Rousseau du Vigneau, fille d'Antoine R. du Vigneau, maitre en chirurgie de Paris, crut devoir se faire appeler de La Martinière, comme Germain Pichault, ce qui parait être une sorte de protestation après la succession perdue.
M. Alexandre ,Pichault de La Martinière, conseiller maitre à la Cour des Comptes, dernier du nom, est mort à Paris, en 1892.
Catherine Simoneau mourut le 26 août 1709, à 45 ans. Germain Pichault, âgé de 8 ans et demi environ au décès de son père, n'avait pas encore atteint sa 12° année lorsqu'il perdit sa mère. L’aîné des sept enfants comptait 20 ans, le plus jeune 5. Le grand maître de la chirurgie resta le dernier.
A sa mort G), la descendance du chirurgien d'Argentonl'Église n’était plus représentée que par les enfants et petits-enfants de l’une de ses filles, Catherine Pichault, épouse Henri Rafichon. Cette sœur de La Martinière avait eu au moins cinq enfants, dont trois filles étaient alors seules vivantes. C'étaient Françoise Rafichon, épouse François Boileau, Perrine R., épouse Jean Meusnier, et enfin Catherine R., épouse François Bougron. Ces trois nièces du Premier Chirurgien se trouvant ses plus proches parents, devaient en hériter à l'exclusion des autres descendants de ses auteurs, d'après la coutume de Paris.
La Martinière, se voyant sans postérité, eût voulu que l'un de ses neveux püt profiter de sa faveur auprès du roi. Il tenta à plusieurs reprises de faire venir à Paris l’un des enfants de François Boileau, que l’on appelait Boileau- Martinière, parce qu'il habitait à la Martinière, borderie située au village d’Auzay ou Auzé, près Argenton- Château @), mais il n'avait éprouvé que des refus. De là des relations peu intimes. Ce fut sans doute ce qui amena le Premier Chirurgien à prendre en faveur d’un magistrat de ses amis, qui pourrait bien n'être autre que Maurice Pichault, avocat au Parlement, des dispositions testamentaires rendues nulles par l'absence inexpliquée de la signature. Dans ce testament, les héritiers légitimes ne
(1) 17 octobre 1783.
(2) Aujourd'hui commune de Sanzais.
recevaient que 60.000 livres. Ces dernières intentions leur auraient été connues, ils auraient même agité entre eux comment ils feraient la distribution ().
Deux autres enfants de Catherine Pichault, femme Henri Rafichon, étaient morts avant leur ‘oncle "Due, nommé comme son père Henri, était issue Catherine Rafichon, épouse François Chantault ; une fille enfin, Marie Rafichon, épouse Chessé, avait laissé deux enfants, savoir : un garçon dont le prénom ne nous est pas parvenu, et Henriette Chessé, femme du notaire Herbault. François Chantault paraît être le seul de ces petits-neveux qui soit allé à Paris, lors de l'ouverture de la succession de La Martinière.
Peut-être le Premier Chirurgien n’avait-il point eu l'intention de les deshériter. Dans une lettre adressée à l'abbé Dubois, desservant d'Argenton-l'Église, datée de Versailles, le 19 septembre 1780, Lasalle, valet de chambre de La Martinière, demande, pour être communiqué à son maître, un état généalogique détaillé de fous les descendants de sa sœur Catherine Pichault, épouse Rafichon, avec des renseignements sur la situation de fortune de chacun d’eux. Il résulte de cette lettre, que cette « souche féminine » représentait seule alors, avec La Martinière, la postérité de Germain Pichault, mort chirurgien à Argenton-l'Église.
Nous dirons encore, pour en finir avec cette lettre, que l'abbé Dubois eût voulu que La Martinière « assurât leurs salaires aux maîtres de ses maisons d'école. » Lasalle paraissait disposé à se charger de cette proposition, mais il demandait du temps et surtout une occasion favorable pour en parler « à l'ami de l'humanité », constamment
(1) Journal Le Courrier de l'Europe, n° du vendredi 2 avril 1784.
absorbé par les affaires les plus urgentes. Il eût pu ajouter « et dont la brusquerie est bien connue. »
Les nièces de La Martinière agirent fort généreusement à l'égard des parents exclus. On les fit venir et 150.000 livres furent promises ; cette faveur leur valut le titre de petits héritiers. Les frais réduisirent la somme à 142.800 livres.
C’est sans doute cette réunion de famille que le Courrier de l'Europe, interprète à sa manière. On voit que les héritiers savaient à peu près à quoi s’en tenir en se rendant à Paris. En quête d’un article à sensation, le journaliste n’en relate pas moins avec complaisancé l’étonnement des héritiers en présence du testament irrégulier. Tel a bien pu être cependant le bruit qui courut à Paris.