SCENE PREMIERE
PLANCINE, HARCUS.
vjtji, mon fils, Ag^ippine est faite pour Vem^te } Comme vous )e le crois ^ et comme, vous jWmire, £n ses motiudres discours et jusqu'en son maintien , L'orgueil qu^elle a puisé dans un sang plébéien. Toutefois ^e ne puis flécliir sous sa puissance. La fierté des Plancus > auteurs de ma naissance^ Qu'à celle des Pisons mon cœur sait ûliier > Jusqu'à ce point en moi n'apprit pas à plier. Mais pelons du motif qui dans ces liepx m'amène, Ces lieux oà je n'inspire et ne sens que la haine ; C'estvous, monfils^ yousseulquejeviensyçhierpfeer^ D'un odieux parti je veux vous détacheré
MARCUS
M'en détacher , madame , ah! cessez d'y prétendre. D'un Romain y d'un soldat tout ce que peut atti^ndre Le prince dont il tient sa gloire et son bonheur ^ Germanicus toujours l'a trouvé dans mon cœur } Etses nombreux bienfaits^ quel que soit votire bl^e> Lui donnent à jamais tout pouvoir sur mon âjne.
50 GERMANICtJS.
Vous en étonnez-vous ? Votre esprit prévenu f Dans ce héros ^ ma mère^ aurait*îl n^onnu Et ce vaste génie et ce grand caractère Qui dans Jule annonçaient le mdtre de la terre ? . Actif ^ infatigable 5* invaincu comme lui^ Quand je le vois de Rome et l'amour et Tappui^ Tempérant la fierté des vertus héroïques Par la simplicité des vertus domestiques y Etre même adoré des rois qu^il a vaincus } J'admire^ ah! disons mieux^ j'aime enGermanicus^ Jeune encor par son âge et vieux par ses services ^ Les vertus de César affranchi de ses vices.
Quoi de plus I Chaque jour semble multiplier Les noeuds dont sa bonté se plaît à me lier.
Vous ne l'ignorez pas. C'est peu que mon courage Sous lui de Tart de vaincre ait fait Tapprentissage ; Quand aux bords du Weser nos aigles reparus ËiSaçaient et vengeaient les malheurs de Varus ^ Je dus aussi la vie à ses mains généreuses ^ Dans l'une de ces nuits , à jamais malheureuses ^ Où le commun effort et des vents et des eaux , Au retour des vainqueurs dispersant leurs vaisseaux^ Couvrit la vaste mer de leur mille naufrages j Je crois l'entendre encore, à travers les orages , Au bruit de la tempête entremêlant ses cris.
Redemandant aux flots ^ aux rotehtrs, auxdéfci^is^ 'Ses braves compagnons livrés par la fortune Des fureurs de Bellone aux fureurs de Neptune , S-'accuser de leur perte , et de vivre indigné y Faire un crime au destin de l'avoir épargné.
ITels sont les droits du prince à mc^ reconnaissance.