SCENE PREMIERE
MARCUS, ÀGRIPPINE.
AGaiPPINE.
J'aîme à le répéter y c'est tous dont le courage Des révoltés ^ Marcus ^ a désarmé la rage ; C'est Yous qui y prévenant de nouveaux attentats ^ Sous le joug du devoir ramenez nos soldats.
Dans le camp^dans ces murs, la paix vient de renaître. Mon époux vous la doit; je vous dois plus peut-être!
MARCUS
> Vous !
AGRIPPINE
Moi y que cette paix ramène en cq séjour Qu'avait à ma tendresse interdit son amour.
MARCUS
Oui y réparant Terreur qui causait vos alarmes^ Nos soldats à vos pieds ont déposé les armes ; Mais le remords subit d'où naît un si grand bien f Madame > est votre ouvrage encor plus quelemien«.^ Malgré tous les efforts qu'avait tenté mon zèle, Le trouble allait croissant; déjà l'aigle rebelle S'élançait vers ces murs; déjà les factieux Dirigeaient sur son vol leurs pas séditieux.
36 CERMANICUS.
Traversant tout-à-coup leur marche sacrilège , Vous paraissez : ce noble et malheureux cortège ^ Ces femmes ^ ces enfims attachés à ios pas , Le dernier de vos fils pleurant entre vos bras y Fixent tous les regards ... A ces cris qu'ils entendent^ Les soldats inierdits s'arrêtent > se demandent : Pourquoi ces pleurs ?pourquoi cemorneabattement? Sans autre escorte, ainsi par quel ëvènement Yojons-nous de César et Tépouse et la fille ^ DansTexil avec elle entraîner sa famille?
Bientôt layoixpublique apprend à cesingrats Que le prince, doutant de ses propres soldats, Lègue cette famille k la foi d'un barbare.
Même des plus mutins la honte alors s'empare j £t la honte a bientôt faijt place à la pitié, ce S'il ne TOUS semble pas assez justifié » L'immortel déshonneur qu'un héros vousimprime, 9> Que tardez-vous, leur dis- je, achevez votre crime.. 9) Ennemis du sénat et du peuple romain^ 30 Ennemis de César , le feu , le fer en main, » Bravant des trois pouvoirs la majesté suprême, •0 Assiégez votre chef jusqu'en son palais même. i> Ah! plutôt courez-y par un prompt repentir » Détourner les malheurs prêts à s'appesantir wSur tout soldat parjure au devoir qu'il s'impose, p Si Pîson vous e^t cher , défendez mieux sa cause j » Et venez , d*çn héros embrassant les genoux , » Implorer sa boute pour mon père et pour vous. » Venez , dis^je. 3^ A ces mots tout a changé de face j L'accent du repentir succède à la menace; L'ordre renaît ; les rangs oubliés sont repris. j