ACTE ni, SCENE IV
XÊ PRBMIER CONJURi*
Parle.
PISON
Notre ennemi va paraître* Le prince Devant les grands , devant les chefs de la province' ^ Vient étaler ici l'excès de son bonheur , Moins encor <jue celui de notre déshonneur.
Quel plaisir en effet pour sa faiblesse altière ! Des Romains à ses pieds ^ Pison dans la poussière , Lui faisant de leurs droits un honteux abandon ^ - De sa bouche à ce prix obtiendraient leur pardon! Non. Prenons pour témoins d'une juste vengeance Les témoins rassemblés par sa feinte indulgence. Il veut du dictateur affecter les vertus :
U croit être César ; qu'il rencontre un Brutus. A nos ressentimens y dans ses justes alarmes^ En vain sa prévoyance a défendu les armes.
Il m'en reste une encor ; celle qu'un vrai Romain Tient toujours sur soncœur^ tient toujours sous sa main; Noble et dernier recours contre l'ignominie ! Cher et dernier espoir contre la tyrannie ! / La voici. Dès l'instant où, par vous entouré y Germanicus des siens se verra séparé ^ Qu'il tombe , comme on vit César au Capitole y .Yictime au même instant qu'il s'était fait idole ^ Expier , sous ce fer redoutable aux tyrans , Des bienfaits plus réels et des mépris moins grands. Ainsi vous conservez les droits qu'on vous cont^te; Ainsi l'honneur 9 ainsi la liberté vous reste. Du prince 9 après ce coup ^ si quelques partisans Elèvent quelques cris ^ ces cris insuffisans
Seront bientôt ccruverts ^ je me plais à le croire ^ Par ceux de la miHce et des chefs du prétoire.^ " Dont l'amour , qui tantôt vient ehcor d'ëclater y Ne saurait me trakir quand je puis l'acheter. Amis y que ce projet à l'instant s'accomplisse !
X£8 CONJUaSS.
Oui!
PISOK.
Quand Germanicus paraîtra y qu*il périsse !
Dans le piëge où lui-même il vient s'envelopper Sachezie retenir y je saurai le frapper.