‹ Germanicus: tragédie en cinq actes et en versChapitre 47 sur 62 · ACTE IV , SCÈNE H. 6t · texte numérisé non relu

ACTE IV , SCÈNE H. 6t

Tandis qu'entre la haine et la crainte pkcé , De tout le mal qu'il £sdt se croyant menacé , Du crime qu'il prévien;t par d'éternels supplices Jusque dans sa famille il croit voir des complices. Aht plutôt mille fois mourir sous les poignards y Que garder à ce prix le trône des Césars î Oui , fuSiçé-je^en eflfet séduit par l'apparence ^ A mon erreur je donne encor la préférence Sur l'art de pénétrer dans ces lâches détours D'un cœur.dont les pensers démentent les discours.' Eh! pourquoi me livrer à tanjt d'inquiétude ^ Quandmessoinslesplusdoux^ quandmapluschèreétude ^ ^N'ont usé du pouvoir qui réside en mes mains Que pour calmer l'effroi qu'inspirent les Romains, £t qu'à travers les flots ^ les déserts^ les tempêtes^ D'un bout du monde à l'autre ont porté mes conque tes» Les peuples que Tibère $. rangés sous ma loi ^ . Quand je veille pour eux , ^ veillent aussi pour moi j St ma sépurité plus que jamais se fonde Sur le bien que j'ai faut à la moitié du monde*; Que ne peut-il s'étendre à l'univers entier l 'Auguste 9 si j'envie à ton pâle héritier L'empire dont ton choix l'a fait dépositaire ^ C'est qu'il peut appeler le reste de la terrfe 'vA jouir d'un 1>onheur que je suis las de voir Restreint aux seuls <ïlimat8 soumis à mon pouvoir • Quel triomphe en effetpour le prince, pourPhomme Qui seul peut relever la dignké de Rome , De donn^ cette basc^ à sa propre grandeur f De rendre aux saintea lois leur antique splendeur ; De lie se rëa^rverdeadroits du rang suprême^ , ^

6a GERMANICUS. .

Que celui de sauver le peuple de lui-même ; Et d'assurer sa gloire et sa prospérité Par Taccord de l'empire et de la Ubertél

AGAIFPINE.

Tel était le projet de ton malheureux père :

Il rêva comme toile bonheur de la terre.

Comme toi^ dès 1* enfance ^ on avait' vu ses mains S'essayer à brisçr lès chaînes des Romains* Vain espoir ! qu'a déti'aît sa mort prématurée. Sa vie à nos besoins ne fut pas mesurée ; Et le sorti qui voulut prolonger nos ^lalheuis^ A l'âge où je te vois iè raVÎt à nos pleursv Affreux^ pressentiment pour le cœur d'une épouse l Sourde à la voix^ publique ^ en sa fureur jalouse. Des héros dont le monidé avait fait ses amours, Barement la fortune a prolongé les jours.

Drusus avant trente ans finit sa destinée ; JMarcellus expira dans stt vîùgtième année.

Dieux ! gardez mon époux d'un sort si rigonretix î Plus âîmé qu'eux , hélas ! sera-t-il plirs heureux !*

Page 1