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MORT DU MARÉCHAL NEY

Arrivés à quatre heures; on installe le campement, entre la porte de Jaffa et celle de Damas. Le mauvais temps continue.

A Jérusalem, Gérôme quittait ses amis qui poursuivaient seuls, sous la conduite de Bonnat, leur voyage à travers la Syrie. Le maître allait s'embarquer à Jaffa et retrouvait à Marseille Gustave Boulanger, qui examinait avec stupeur son teint hâlé, sa longue barbe de Bédouin, ses vêtements usés, où figurait un pantalon de Lenoir raccourci tant bien que mal : à peine s'il le reconnaissait.

Le voyageur rentrait à Paris au moment du Salon. Après avoir tenu tête aux Arabes, il allait falloir guerroyer contre le public et la presse.

« A mon retour, exposition de deux tableaux de styles et de sujets bien différents : la Mort du. maréchal Ney et le

Golgotha. Ces deux toiles m'ont causé toutes sortes d'ennuis.

« A propos du premier tableau, je faillis avoir une affaire j sérieuse avec le prince de la Moskowa, fils du Maréchal. Le surintendant des beaux-arts me pria à plusieurs reprises de ne pas exposer ce tableau, mais je tins ferme et ne voulus jamais consentir à lui accorder sa demande, lui déclarant que les peintres avaient le droit d'écrire l'histoire avec leur pinceau, aussi bien que les littérateurs avec leur plume.

« L'administration qui pouvait donner son veto ne le fit pas et prit un moyen terme: la toile fut accrochée dans un coin. Elle n'en fut pas moins vue et délia la langue des opinions politiques diverses.

Les légitimistes disaient : « Quel flagorneur « du gouvernement ! » Les bonapartistes : « Que lui a-t-on fait ? Il n'est donc pas encore « content et pourtant on l'a nommé naguère ce officier de la Légion d'Honneur!» etc..

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