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Chez ces misérables, insensibles à toute espèce de rai

27 mars. Camp Ottaiebé.

Au départ1 nous sommes accompagnés par les brigands et les sous-brigands qui nous font la conduite par d'affreux chemins jusqu'aux limites de leur territoire, toujours demandant de l'argent que le drogman est obligé de leur donner jusqu'à ce qu'il n'en ait plus. L'un d'eux qui n'est pas content de ce qu'il a reçu, met son cheval en travers de la route, et appuyé d'une main sur sa lance il tient de l'autre son espingole. Il était superbe à voir et malgré cela nous l'eussions tué volontiers et avec plaisir, n'était la crainte d'avoir toutes les tribus sur les bras. On finit par s'en débarrasser

sonnement, le sentiment de la pudeur existait cependant. Nous sûmes exploiter cette qualité : Vêtu de ses bottes seulement, l'un de nous sortait de la tente... Et ces brigands pudibonds prenaient la fuite en se voilant la face. » Le Fayoum, par Lenoir.

1 . « L'orage grondait et faillit éclater. . . Le sheik de Pétra, descendit de son cheval et la lance à la main, il s'avança vers notre colonel, lui faisant comprendre qu'il voulait encore de l'argent. Celui-ci tira son porte-monnaie de sa poche et lui montra en souriant qu'il était vide... Puis il fit mine d'ôterson manteau et de le lui offrir... » Le Fayoum, par Lenoir.

non sans peine et sans cris. Enfin nous descendons petit à petit les pentes de la montagne , nous éloignant avec plaisir des repaires de ces brigands. Le pays est curieux, très curieux sans doute, mais pas encore assez pour compenser les ennuis qui attendent le voyageur. Je suis bien content d'y être allé, plus content encore d'en être sorti. Pétra est peut-être le seul endroit où, de*notre temps, on soit, à coup sûr, détroussé sur les grands chemins, à main armée.

28 mars. Camp Ouadi-Mergeb.

Marche longue dans la vallée de l'Araba. Vu une gazelle. Le désert n'est pas très sûr et nous allons placer notre camp de façon qu'il soit masqué par des mouvements de terrain.

29 mars. Camp Gebeles-Safé.

Nous continuons pendant une moitié de la journée à traverser le désert de plaine, et vers le soir nous commençons à gravir les

premières pentes de la montagne. Nous dressons nos tentes au pied de la grande chaîne après une assez longue traite. Temps superbe : 27 degrés. Vu 2 gazelles. Dans les vallées les mimosas en grand nombre acquièrent une grande dimension et comme ils sont accompagnés de tamarins et de touffes verdoyantes, l'aspect est moins triste que de coutume.

30 mars. Camp Rar-Koumob.

On lève le camp de bonne heure pour gravir à pied la montagne très raide qui s'élève devant nous, tandis que les dromadaires et les chameaux chargés prennent une autre route plus longue mais dont la pente est plus douce. Pendant la journée nous marchons dans une vallée large et couverte d'herbages. Au fur et à mesure que nous nous rapprochons du but, la terre devient moins aride et permet l'élevage de troupeaux nombreux que nous rencontrons à chaque instant. Plus de tabac, plus d'eau-

de-vie, plus de poulets, plus de pain. Il n'est que temps d'arriver à Hébron.

31 mars. Sel el-Baris.

Le pays devient de plus en plus verdoyant, les troupeaux sont plus nombreux et plus considérables. Pour la première fois depuis longtemps nous apercevons des bœufs. Nous sommes proches d' Hébron et les douces vallées sont couvertes de fleurs. Longue journée de marche, beaux chemins, vent froid et violent. Nous rencontrons deux énormes campements de Bédouins.

Nous forçons la marche et nous nous éloignons le plus possible de ces voisins dangereux.

Ier avril. Camp d'Hébron.

Vent froid comme hier. Arrivés de bonne heure nous campons à 200 mètres de la ville, dont l'aspect nous réjouit, car depuis longtemps'nous n'avons vu de trace de civilisation.

2 avril. Même camp.

Ce matin retournent chez eux les Bédouins qui nous ont accompagnés depuis Lacaba, après avoir reçu le batschich ; quoiqu'ils aient été assez aimables et complaisants pendant la route, c'est sans regret que nous nous en séparons. A neuf heures du soir, nous entendons les clochettes des mulets qui viennent de Jérusalem pour emporter nos bagages. Nuit de pluie. Les tentes commencent à devenir bien humides.

3 avril. Camp de Jérusalem.

Nous avons grande hâte d'arriver à Jérusalem pour y trouver les lettres qui nous y attendent, et malgré la pluie incessante nous partons. Chemins atroces, vent violent ; nous sommes mouillés, nos doigts sont glacés, mais nous n'en faisons pas moins gaîment la route, car depuis longtemps nous n'avons eu de nouvelles de France.

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