Communication de Décorchemont
2. Lettre de Frémiet : « Gérôme était mon ami le plus intime : nous nous étions connus à nos âges de vingt ans. Parmi quantité de traits d'amitié dévouée qui formaient le fond de notre liaison, en voici un de grande délicatesse de sentiment. Lors de ma réception à l'Institut, quoiqu'il ne fût pas alors président, il voulut tenir le fauteuil, de façon à ne pas laisser à d'autres le soin de me recevoir. Et tout le monde me complimenta du speach ému et charmant qu'il m'adressa en cette cérémonie... »
peintres amusait beaucoup le petit provincial. Sa gaieté naturelle s'épanouissait dans ce milieu jeune et joyeux. Il riait de tout son cœur, sans doute avec une certaine innocence, parce qu'il se rappelait que les anciens remarquaient :
ce Rit-il bêtement, le nouveau1! ».
Néanmoins, Gérôme n'eut pas à souffrir des brimades traditionnelles. Son ami, Jean Aubert, qui le connut à l'atelier Delaroche, me disait que Gérôme imposait déjà et sans effort, par son entrain, son air d'énergie, par cette singulière autorité qui, toute sa vie, lui a permis de forcer l'attention à son gré, où il voulait et comme il voulait2. Et puis, il avait sur ses camarades le prestige de son titre de bachelier. A cette époque, un bachelier
i . Conversation avec Castaigne : « J'ai un vieux camarade, mort aujourd'hui, qui disait : « Rit-il bêtement, le nouveau l » Je lui rappelais cela quand je le revoyais. »
2. Il était pourtant, à cet âge. chétif et peu développé, me disait Mme Gérôme, qui tenait ce renseignement de ses beauxparents.