Hamon^ par Hoffman
avaient été effacées par ordre de M. de Luynes, à l'instigation de Ingres. Jamais Gleyre ne parlait de ce sujet, mais, quelque temps après, il exposa son célèbre tableau les Illusions Perdues puis, malgré ses succès, il renonça complètement aux Salons.
Gleyre avait connu Napoléon III dans sa jeunesse et avait conservé avec lui des relations très intimes. A la suite du coup d'État, il cessa de voir cet ami qui, devenu Empereur, pouvait lui apporter tous les honneurs, mais dont il condamnait la conduite. Quand on lui parlait des expositions où il n'envoyait plus de tableaux, Gleyre disait : « Ah, mon Dieu! pensez donc!... je serais peut-être refusé... » Il ajoutait, après un silence, comme s'il eut parlé d'une humiliation pire encore : « Qui sait! je serais peut-être même décoré1! »
Avec les années il devint de plus en
i. Communication de M. Douillard.