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L'ATELIER GLEYRE

plus solitaire, presque misanthrope. Mon père le connaissait un peu. Gleyre lui dit un jour : « Quand je mourrai, inutile de vous déranger. Je ne veux personne à mon enterrement. »

Il mourut subitement, en vrai dévot de la peinture, parmi les chefs-d'œuvre de l'art, au cours d'une visite à l'exposition des Alsaciens-Lorrains.

A son atelier d'élèves, Gleyre passait de l'un à l'autre, parlait bas sans jamais élever la voix. Delaroche, au contraire, corrigeait à haute voix, aimait à se livrer à de grandes improvisations qu'il débitait debout, au milieu de l'atelier, en s'adressant à tous ses élèves.

Gérôme semble avoir subi pour quelques années l'influence de l'éducation plus académique, moins pittoresque et plus émue de son nouveau maître. Ses tout premiers tableaux révéleront un idéal de grâce et de sentiment où se retrouvent à la fois le charme de Gleyre et l'ingéniosité de son

camarade Hamon, qui allait devenir un artiste estimé.

Après ce court passage dans l'atelier du peintre des Illusions Perdues, Gérôme consacrait près d'un an à travailler pour son maître Delaroche, et lui préparait l'ébauche d'un tableau qui figure au musée de Versailles, le Passage des Alpes.

Une telle besogne avait dû perfectionner sa pratique. Il était temps de prouver qu'il savait quelque chose.

Gérôme tenta le concours de Rome1, fut reçut le premier à « l'esquisse » mais refusé à la « figure » . Le jeune Franc-Comtois, trop clairvoyant et trop courageux pour négliger cette leçon, se gourmanda : ce II paraît que tu ne sais pas exécuter de figures nues... Eh bien, il faut en peindre, et de grandes comme nature2. »

Il entreprit et composa son premier

i. Parmi ses concurrents, il y avait Benouville, Cabanel et Lenepveu, trois futurs prix de Rome.

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