‹ GérômeChapitre 61 sur 126 · Conversation avec Castaigne · texte numérisé non relu

Conversation avec Castaigne

Une longue bâtisse glacée de hauts vitrages se dressait au fond d'un jardinet fermé sur la rue par un mur bas. Au rezde-chaussée les ateliers de sculpteurs s'alignaient. On accédait au premier par un escalier droit, raide, resserré entre deux murs nus. Les ateliers des peintres s'ouvraient là sur un couloir sombre, étroit, malaisé, qui ressemblait à un coin de coulisses de théâtre. Gérôme, Hamon, Picou, vivaient côte à côte, les portes ouvertes.

« L'argent avait peu de place dans notre existence; nous étions des pauvres; mais ça nous était égal, car nous n'avions pas de besoins et la vie ne nous coûtait pas cher : le plus dénué de tous était Hamon, mais il n'y paraissait pas; sa gaieté, sa bonne humeur n'en étaient pas altérées.

« La maison que nous habitions se composait d'ateliers de sculpteurs et de peintres, une espèce de phalanstère d'artistes. C'était le rendez-vous de tous les camarades et il y avait aussi des musiciens, non des

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