DIE XXVII DECEMBRIS ANNO MDCCCLHI
A la paroi de àroiie de la chapelle, eat grande tablette e» marbre blano aur li^ on lit les noms des membres de la dm sion d'examen. Sur la paroi de gauche, a le décret d'introduction de la cause la béatification et la canonisation du véoéi Géronimo.
Grâce à Taclivité de Mgr TÉvéque et haute bienveillance du Sain(--Père, le pi de non culte est heureusement terminé rescrit est du 48 février 4858. Reste procès du martyre et de ses causes et le ces des signes du martyre. Espérons c prompt et glorieux succès couronnera e rement cette noble cause africaine!
En terminant cette deuxième édition c vie de Géronimo, nous voulons appeler tenlion du lecteur sur le nom europée Fort des Vingt-Quatre-Heures, attaché forteresse où ce vénérable gagna la p du martyre. Ce nom assez singulier, à dire, n'a jamais reçu une de ççs exp tions bien motivées qui satisfont rintellij
et dispensent de toute recherche ou conjecture ultérieure. Il était ainsi appelé, ont dit les uns, parce qu*on l'avait bâti en vingtquatre heures ; ou, selon d*autres, parce que les Anglais s'en seraient emparés et Tauraient occupé pendant cet espace de temps. La première supposition tombe devant Timpossibilité matérielle, et Vautre, qui ne s'appuie sur aucune autorité historique quelconque, est une de ces hypothèses gratuites qui ne méritent même pas Texamen. En somme, nous n'avons rien trouvé d'acceptable, quant à celte étymologie ; nou« avons seulement acquis la certitude que la désignation de Fort des Vingt-Quatre-Heures n'a jaiaais été connue des indigènes , et que les Européens euxmêmes ne l'employaient pas exclusivement, mais qu'ils lui donnaient comme synonyme la dénomination, plus usitée jadis, de Fort Bab-el-Oued.
Il est assez curieux, par parenthèse, de trouver ici, bien avant la conquête, deux nomenclatures topograj^iques parallèles employées, l'une par les indigènes, et l'autre par les Européens. Ainsi, pour ne prendre d'exemples que dans Tordre d'idées qui nous occupe,
voici la synonymie de quelques-Uâs des fo d'Alger :
SBordj Moala Hassan (1^.
— - Et-Taoas (2).
— Boo-Lila(3).
Fort de i*Eloile. Bordj Moula Mohammed (
Fort des Viogl-Qualrc-Heures. ) — Bab-el-Oued. )
Bordj Setli Takelilt (5).
Fort Bab-Azoun. Bordj Ras Tafoura.
Fort Matifou. Bordj Temenlfonst.
t?^«. j I « î . « j ( Bordj Mers ed^Debban.
Forl de la Poinle-Pescade. î ,„ ' « ...
i (Fort du Port-aux-Moncb(
On voit quelles sont les bases de la n< menclature européenne, qui , en général, i paraît tenir nul compte des désignations 1( cales. Le chrétien, pour qui les noms ind gènes présentaient d'ailleurs des difficultés prononciation souvent insurmontables, ail gravement ces noms, quand, par hasard
(i] Fort da sei(^eur Hassan. II s*agit de Hassai Kheir ed-Din, qui, selon Haedo, bôtit la tour ce du fort. On verra plus loin que les indigènes attr' cette construction à Charles-Quint.
(2) Fort des Paons. Il prit ce nom lorsque les (qui avaient toujours été a la Casba) y furent trar quand la Casba devint rêsidencs souveraine.
(3) V. ci-après, p. 119.
(4) Fort du seigneur Mohammed. II s'agit ici hammed Pacha, qci précéda Euldj 'AH.
(5) V. page 87, elc
s accepte. C'est ainsi que, dans sa bouche, ementfoust est devenu Malifou. Mais, presque )ujours, il leur substitue des expressions euopéennes fondées sur une tradition histori- |ue, comme pour le Château de VEmpereur^ l»e Ton dit avoir été élevé à Tendroit môme ►Il Tempcrcur Charlcs-Quinl avait sa lente, !n 1541. Ou bien, il adopte une appellation |ui rappelle la forme de l'objet, exemple : le ^ort de l Etoile ; ou il désigne par le quartier lans lequel la construction se trouve : Fort "iab-el-Oued, Fort Bab-Azoun. Ou encore, I s'empare d'une circonstance accessoire,' nnsi qu on le voit pour le Fort de la Pointe^ Pescadcy endroit très visité par les pêcheurs. Mais, après une étude attentive des bases le la nomenclature topographique européenne lans cette ville, avant la conquête, le nom lu Fort des Vingt-^Quatre-Heures est demeuré ùfraclaire à toute tentative de classification H reste inexpliqué jusqu'ici. Pourtant, un des loms donnés par les indigènes au Fort VEm- ^ereur, celui de Bordj Bou Lila^ semblait neilre sur la voie, car il signifie, en somme, e fort d'une nuit (on aurait pu dire des Oouze-Heures), ce que la tradition explique
en disant que la tour [kolla) qui en formait la partie primitive et centrale avait é<6 bâtie en une nuit par Tcmpcreur Charles-Quint.
Malgré de séduisantes analogies, il n*est pas difficile de reconnatlre la différence extrême qu'il y a d'un cas h Tautre : ce sont les indigènes qui nous transmettent ce nom de Bordj Bou Lila, qu'ils expliquent avec vraisemblance, sinon avec vérité, en le rattachant à un fait historique incontestable, tandis q«e les Européens seuls nous ont transmis le nom de Fort des Vingt-Quatre-Heures, dont ils ne comprennent pas le sens ou qu'ils no justifient que par des hypothèses inadmissibles.
Dans cet éiat très-incertain de la question, il nous est venu à la pensée que cette désignation mystérieuse pourrait bien avoir qoet-* que rapport avec le drame dont le fort fut le théâtre en septembre 4569, et qui, tout bien examiné, se renferma assez exactement dao^ les limites de vingt-quatre heures.
En effet, la destinée de Géronimo comme martyr ne se caractérise nettement que lors-? que les oulémas vont informer le pacha ée son refus de retourner à l'islamisme et de^
mandent qu'on inflige un châtiment exem^
plaire à son obÀinatioi). Le même jour (a^jfu^/ ictiâ), Ali vâ viàiler le fort de fiab-el-Oaed, tout en cherchant le moyen de procurer au trop fidèle catholique une mort remarquable et crueliOé La vue des omisses à pisé lui suggère raffreûx supplice q^ue Ton connaît. Dans la soirée, Géroniniio, informé du sort qui Tattend passe la nuit en prières et dans Taccomplisement de ses devoirs de chrétien. Le lendemain matin, vei*s neuf heures, il est conduit à la morl, et il est très-probable qu*une heure après tout était fini pour lui sur la terre.
Demande de la peine capitale pour le pauvre chi^tien, recherches d'un genre de mort airoce qu'on puisse lui appliquer, préparalions chrétiennes de la victime pour comparaître devant le souverain juge, marche vers le lieu du siipplice, exécuiion. Tout cela, on le voit, est rigoureusement renfermé dans l'espace de vingt-quatre heures.
11 ne parait pas impossible que les captifs, frappés de la rapidité avec laquelle le supplice avait été réclamé, obtenu et accompli, aient appliqué au théâtre du lugubre événement une appellation qui leur rappelait ce dénoue-
ment aussi prompt que terPible. L'a lion qui nou9 occupe serait donc un incompris aujourd'hui, de la tradit martvre de Géronimo.
Nous n'avons pas cru devoir pass silence une explication qui séduit a de vue de la simplicité et de la prot mais, nous ne la donnons, toutefois, que une conjecture dont la responsabilité, d'i retombe entièrement et exclusivement s leur de cet opuscule.
En nie servant, dans celle bro des mois Martyr ou Sainte je n que reproduire les expressions relation d'Haedo ; mais ça été si préjudice du droit de TEglise ro qui, seule, consacre par son jugen sainteté et le martyre.
A. BERBRUGGEI
Alger. — Typographie Bastide.