ÉPILOGUE
L'ouvrage dont on publie aujourd'hui la 2^ édition a fait connaître Géronimo au lecteur, depuis son entrée dans la grande famille chrétienne en 4538 jusqu'au jour (27 décembre 1 853 ] où il apparut providentiellement dans le bloc de pisé qui avait été à la fois le théâire, l'instrument de son glorieux martyre e( son tombeau. Il reste à raconter ce qui a suivi celte découverte si émouvanie. Les œuvrec de Mgr Pavy, évêque d'Alger, contiennent, ai 2« volume, pages 77 à 441, tout ce qu'oi peut désirer à cet égard. 11 sufBra d'en présenter une exacte et courte analyse pour don? ner satisfaction à la pieuse curiosité des fi« dèles.
40 FÉYBiER <854. — Mandement pour le Carême de Van de grâce \ 854. — « Depuis le 27 décembre (1853), dit Mgr Pavy, nous navons pas eu un seul instant qui n'ait été consacré par nous à I étude que la Providence semblait offrir comme une glorieuse tâche à notre épiscopat. Aujourd'hui, grâce au concours merveilleux que nous ont prêté les hommes les plus élevés par le rang ou par la science, nous avons pu faire avec maturité les premières informations sur le corps retrouvé dans une muraille du fort des Vingt-Qualre-Heures. Nous partons pour Rome, nous allons exposer au Saint-Père nos travaux et ceux de rhonorable commission dont le zèle et les luoiières nous ont si puissamment aidé durant tout le cours de cette délicate procé^dure... »
u Nous allons donc , humble enfant du Souverain Pontife, lui raconter nos joies, lui dire vos convictions et les nôtres, lui demander ses conseils, le prier avec instance d^intervenir lui^-méme, par les hommes de son choix, dans rexamen de cette cause qu*en|oure déjà tant d^éclat et à laquelle se rattachent, comme des espérances tombées du ciel, de sr hcu-
ceux présages pour l'Algérie. » (V. CEm 2», p. 81,82.)
6 MAI \Sbi. '^^ Lettre pastorale et n ment sur Vintrodmtion de la cêmse de nimo. — a Après noire relour dé Rmî vous te savez, nous étions allé défi cause de Gérohimo, nous voulions voi la suite de nos démarches et le prom ces qui les a couronnées. Une circoi indépendante de tiotre Volonté nous t d'ajourner en partie ce pieux dessein devons à ce retard de quelques jours ( voir vous adresser le texte même du pontifical qui introduit aux procès de 1 cation et de canonisation le nom du g athlète de l'Algérie et de vous faire c tre répoque précise de la translation restes mortels.
» Nous vous avons dit en partani soins avaient été donnés aux inforr préliminaires . et éjtiels tiotames émin avaient pris ube pat't aussi active qn' gente et dévo^uée. Ùl iKihclusion de ce ves recherches afflrinaii, à rtinanith membres de ia coihnifssion et sotils
du serment, ridentUé des restes découverts au fort des Vingl-Quaire-Heures, avec ceux d*un musulman converti, ayant nom Géronimo et mort en 1569 pour la foi chrétienne, suivant rhisloire et la tradition du pays. Un vœu solennel terminait cette déclaration. On demandait au Souverain Pontife d'abaisser exceptionnellement devant ce noble témoin de Jésus-Christ, la barrière des formalités accoutumées, pour le faire entrer plus promptement dans la phalange des saints honorés sur la terre. En attendant ce grand jour, on désirait voir ses précieux restes transférés dans Tintérieur même de la cathédrale, oii la piété des fidèles pourrait se satisfaire à loisir. .. )> <x Onze jours s'étaient à peine écoulés (depuis l'arrivée de Mgr Pavy à Borne) et déjà nous apprenions (17 mars) de la bouche du Promoteur de la foi envoyé vers nous par le Saint-Père, que Géroroino avait rensporté sa •première victoire, que rintroduclion de la corn» émission pour la catise de béah'ficailian et de •canonisation allait élre immédiatement signée, K|u*il serait, par coméqueiit, déclaré véné^ rable. Nous étions chargé, au nom du Sainte :. 9iége, d*entamer les procès apostoliques. J<ou9
pourrions transporter le corps du serviteu Dieu à r intérieur de notre cathédrale le placer au-dessus du sol avec une ins( tion rappelant la tradition de son marty de sa découverte; nous pourrions le surmonter de son portrait; nous distribuer
ses reliques On nous laissait entre
la permission de commémorer le jour a versaire de la mort de Géronimo par une m de Trinitate ou de Sapientia œterna. l devions provoquer, autant qu'il est en n la confiance des fidèles envers notre Vi rable, et noter exactement les grâces o nues par son intervention. Des faveurs ] cieuses et de touchants éloges étaient do personnellement à chacun des membres notre commission. — Trois jours après mars), Nous étions aux genoux du Saint-:
pour recevoir de sa bouche les mêmes ai rances et déposer à ses pieds notre imm gratitude ; le 30 mars, nous recevions la gnature de la commission , le lendemain rendu le décret pontifical qui en est la sécration, et le 31 , nous quittions Rome | revenir à vous. » ( Œuvres, t. 2«, p. 1 95. )
La cause introduite, ainsi que vient de le raconter si éloquemment notre digne Èvêque, Géronimo est en possession du litre de Vënérable ; pour devenir Bienheureux ou béatifié, il reste à suivre trois sortes de procès apostoliques :
Le procès de non culte, afin d'établir qu'on n'a pas devancé le jugement du Saint-Siège, en rendant au martyr, non encore pontificalement reconnu, les hommages ecclésiastiques auxquels ont droit seulement ceux qui ont été l'objet d'une pareille sentence.
Le procès du martyre et de ses causes.
Point fondamental et preuve de fait indispensable au succès d'une demande de béatification, il faut qu'il en résulte la preuve que le serviteur de Dieu a volontairement souffert, pour la foi ou pour la loi de Jésus-Christ, la mort ou des tourments qui devaient naturellement l'amener, et qu'il a persévéré jusqu'à la fin dans la générosité de son sacrifice.
Procès des signes du martyre. Constatation des miracles ou signes merveilleux qui ont accompagné ou suivi le martyre, afin que le témoignage du ciel certifiant celui des hom-
mes, il ne puisse planer Tombre d'un doute la réalilé du niarlyre canoniquenneot dèfin
28 Mai 4854. — Discours pour la hènéi lion de la première pierre du parc d'ar lerie, à Alger. — a Et mainlenan^^t, Messîei allons à une autre fête qui se lie admirai ment avec celle-ci ; car le jour où Tarlill nous appelle à bénir un parc, monuoienl sa force, il remet entre nos mains un tn dont la découverte sera un des plus b€ titres de sa gloire. Grâce b votre hauU loyale intervention, Monsieur le Gouverm Général, grâce à voire concours empre magistrats, fonctionnaires de tout ordre c tout rang, grâce à cet immense et inouï c cours de peuple, Géronimo va reprei tripmphalemeni, api*ès trois siècles, la m route qu*il suivit si douloureusement au de son martyre. Grâce h vous, Uonseigi et vénérable coofrère ( M^^ Tévêque de Mi que ), l'Espagne, h qui revient par le < de conquête spirituelle une partie de ce triomphe, i 'Espagne aura sa représeul dans nos joies ||K)pu\a\res. n» ( QEuw«s, t
6 Juin 4854. -^ Datns me leUre adressée I MM- les présidents des^ o<Mft$eils de TOEuvre de la Propagaiion de la Fai, à Lyon et à Paris, sur la cause dq vénérable Géroninao, Hgr Pavy, après avoir raconté tout ce qui se raptpoi'ie à cette sainte et glorieux cause, décrit la noagiiifique cérémonie de la (ransta- [ion des restes de Géronimo» céFén[K>nie qui eut lieu le 28 mai 4854, et suivit iinimédialement la bénédiction de la prenoière pierre du parc d'artillerie. Une dernière constatation eut lieu ce jour-méoie, avant que le cortège prît la route de la cathédrale, à la suite du bloc de pisé qui renfermait le martyr, M^^ Pavy en rend compte en ce& lernae? :
« Après une bénédiction donnée à la pre- » mière pierre du futur parc d'artillerie, nous gravîmes le rocher des Vingt-Quaire-H^ures » et arrivâmes ea présence du corps do Gé- » ronimo. Là, je dus faire constater à nou- » veau son identité, et j'appelai en témoi- » gnage toutes les personnes qui avaient n assisté aux diveirçe^ en(}aétes préalables. » Chacune d'elles, aprèj» 9v^jr exaipiné les » ossements et affiriné Videntité, signa, $ur la » place, la déclaration qui dpit é(rf envoyée
» à la Congrégation des rites. Je saisis o< » occasion solennelle de remercier pnbliqi }) ment les auteurs de la précieuse décc V verte : H. Berbrugger, qui , par ses f » blications antérieures, en avait été corn y> le prophète; et M. le capitaine Suzzc )) qui en avait été comme Tévangéliste, | » le zèle avec lequel il Tavait mise en I » raière. »
Le cortège se mit ensuite en mouvenu ' pour se rendre à sa destination par la i Bab-el-Oued; le concours de peuple él immense, le recueillement profond et f néral.
« Arrivés à la cathédrale , dit M^^ P?
» {Œuvres y t. 2«, p. 440), nous plaça 9 la châsse et les précieux ossements qu » contenait dans une petite sacristie do » gardai la clé. Le lendemain, le b1o< » posé dans une chapelle destinée à i j) nimo. J'y replacerai, comme j'en a » tenu l'autorisation, $es précieux reste; » l'état même oii nous les avons décoi )) lorsque les travaux nécessaires pour » vêtement du bloc auront été termi?
» qui sera sous peu de jours. »
Ainsi se trouvent vérifiées les paroles prophétiques que rhistorien Haedo écrivait il y a deux siècles et demi :
De este lugar confiamos en el sefior por su
jiiedad que algun dia le sacaremos .... y
i k pondremos en otro mas comodo y mas honmo, para gloria del Senor.
Aujourd'hui, Gérokiimo repose dans la pre« mière chapelle que Ton rencontre à droite, tu entrant dans la cathédrale. Le bloc de pisé qui renferme ses ossements est masqué par un revêtement flanqué de larges pilastres ; ' il est placé sur un soubassement et recouvert d'une tablette qui est en marbre, ainsi que tout le reste. Sur la face extérieure on lit, gravée en creux et en lettres dorées, cette inscription :
OSSA VËNERABILIS SERVI DEt GERONIMO
QUI ILLATAM SIBI PRO FIDE GHRISTIANA MORTEM OPPETllSSE